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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 10:07

French_passport_front_cover.jpgSi vous devez venir en Inde avec un visa de tourisme, ou si vous êtes actuellement en Inde avec un visa de tourisme, lisez bien ce qui suit.

Jusqu'à présent, les visas de tourisme étaient délivrés pour 6 mois. Lorsqu'on avait un tel visa, on pouvait venir en Inde pendant 6 mois ou venir, repartir et revenir dans cette période de 6 mois sans problème. Ce qui a changé est que maintenant (depuis début janvier),  si l'on sort du pays il faut attendre 2 mois pour pouvoir rentrer à nouveau en Inde, même à l'intérieur de la période de validité du visa !

Il existe un doute pour ceux qui veulent renouveler ce visa. Jusqu'à présent, on pouvait, une fois revenu en France, solliciter un nouveau visa de tourisme pour 6 mois ; à présent il serait demandé un intervalle de deux mois avant de pouvoir solliciter un nouveau visa !

Ces mesures sont présentées comme une mesure anti-terrorisme, ce qui nous parait absurde et de nombreux pays ont protesté, mais en vain !

Renseignez-vous donc si vous êtes concernés par ce changement de règles.

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 14:40

Au hasard d'une promenade dans un jardin de Bombay, nous tombons sur un groupe de louveteaux... qui meurent d'envie d'être photographiés.


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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 14:58

Depuis un mois et demi nous avons un nouveau chauffeur. Nous avions du nous séparer il y a trois mois du chauffeur que nous avions depuis le début et qui avait plein de qualités et surtout qui était très malin. Trop malin sans doute parce qu'il a essayé avec nous la technique du vol "à la chinoise" consistant à cacher un objet en pensant que l'on ne s'apercevrait pas de la disparition de cet objet et qu'il pourrait ensuite en disposer à sa guise. Mais Olivia s'est immédiatement aperçue que le cadeau qu'elle avait laissé dans la voiture avait disparu et devant notre réaction forte, il nous l'a raporté une heure après en inventant une histoire qui ravirait les amateurs d'imagination.
Bref nous l'avons remercié.

Donc nous avons confié le volant de notre voiture à Santosh.
Santosh est très stylé et attentionné et le courant passe bien. Il est catholique et vient du Kerala. Il n'aime pas le cricket (le sport national) auquel il préfère le foot !  Il habite dans une pièce de 9 m2 avec un copain, à 500 m de chez nous ce qui est plus que pratique pour lui et pour nous.

Il nous demande souvent lorsqu'il nous conduit si nous sommes pressés, si nous sommes en retard ou à quelle heure nous devons être arrivés. Toutes ces questions se ressemblant, nous avons fini par décoder ce que nous prenions pour une délicate attention ; Santosh aime bien conduire vite ! Et il est très déçu lorsque nous ne sommes pas pressés.

Santosh a 30 ans et n'est pas marié ce qui fait le désespoir de ses parents. Récemment nous lui avons suggéré d'aller au Kerala voir ses parents, pendant que nous étions en France. Non, nous a-t-il dit, car mes parents veulent me marier et moi je n'en ai pas envie. Bon...

Il a un frère qui travaille en Arabie Saoudite et qui gagne beaucoup d'argent. Seulement Santosh n'aime pas son frère car celui-ci n'envoie pas d'argent à ses parents. Santosh nous a expliqué que déjà tout petit son frère se montrait égoiste. Cela semble continuer. Et lui, Santosh, envoie chaque mois de l'argent à ses parents.

Santosh a aussi une soeur d'une vingtaine d'années. Et ce matin Santosh était triste à cause de sa soeur. Depuis l'âge de 14 ans, sa soeur était promise à un indien. Cet indien téléphone à sa soeur tous les jours depuis des années. Et sa soeur attendait que l'on parle de mariage. Oui sauf que sa soeur et ses parents viennent d'apprendre que cet indien était déjà marié et là il y a un problème...




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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 00:00

Allons droit au but : le monde des taxis de Bombay me fascine !



Il m’arrive assez souvent d’avoir recours aux petits taxis jaunes et noirs. La semaine dernière j’en cherche un prés du bureau pour aller à un rendez-vous et je suis presque en retard. Le premier chauffeur que j’aperçois est debout à coté de son véhicule, debout pas vraiment, car il est à moitié assis sur le capot. En apercevant son regard perdu et hébété je me dis que l’on n’est pas loin de l’état méditatif. Je lui demande de me conduire à l’Oberoi (hôtel connu). Il me regarde mais apparemment il doit y avoir un conflit neuronique car il ne parvient pas à sortir de sa méditation. Et pourtant mes yeux croisent ses yeux. Un faible signe de sa main me fait comprendre qu’il ne me comprend pas.

J’en apostrophe un autre. L’Oberoi hotel ? Mais où donc çà peut bien se trouver ? Non, non il ne sait pas où cela est. Il décline.

J’en hèle un troisième, déjà assis dans son taxi. Il écoute ma requête. En portant son poing, avec ses doigts repliés comme s’ils tenaient un œuf, à sa bouche il me fait comprendre en marathi rural qu’il doit déjeuner ! Il est 4H de l’après-midi et l’idée qu’il devait déjeuner ne m’était pas spontanément venue à l’esprit.

J’en trouve un quatrième. Il va voir un autre copain qui finalement accepte de m’emmener. Ouf !

Mais pourquoi dis-je vouloir aller à l’hôtel Oberoi alors que ce n’est pas vraiment là que je veux aller ?

En effet  quand je dis que je veux aller à l’hôtel Oberoi, en fait je ne veux pas aller à l’hôtel Oberoi, mais à l’hôtel Trident. Ces deux hôtels sont côte à côte, mais leurs entrées sont à l’opposé. Sauf que personne ne connaît le nom d’hôtel Trident car celui-ci s’appelait avant Hôtel Hilton, nom que tout le monde a oublié. Donc quand on veut aller au Trident, on demande à aller à l’Oberoi et en phase d’approche finale on fait arrêter le taxi au Trident. Le plus drôle c’est que certains chauffeurs taxis, quand on leur demande vous emmener  à l’Oberoi vous emmènent directement au Trident, comme quoi on vit bien dans un monde qui change. Sauf que si quelqu’un veut aller vraiment à l’Oberroi, il aura peut-être maintenant des  problèmes.

Enfin sur le nom de cet hôtel Oberoi, je dois confesser que j’ai récemment fait de grands progrès dans la manière de prononcer ce nom.  Il faut en effet rouler le R à l’indienne et pour cela la langue doit prendre son élan dans le palais. Elan d’autant plus nécessaire que le mot doit sortir à toute vitesse pour être bien compris. Il faut donc expectorer le mot en roulant bien le R et là le chauffeur comprend la direction qu’on lui indique. Pour les amateurs de linguistique, on peut faire le même exercice avec le nom du temple de Tirupati. Si on prononce Ti-ru-pa-ti personne ne comprend mais si on prononce TiRRRRupati à toute vitesse çà marche !

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 13:31

Cet après-midi, je me trouve pendant une bonne heure, en voiture, en compagnie d'un cadre supérieur d'une grande institution indienne avec laquelle nous avons un projet en commun. Ce n'était pas prévu, mais bonne aubaine car voilà une bonne occasion de mettre un peu de pression sur mon compagnon de voyage ; en effet notre projet commun avance à la lumière d'un escargot filmé au ralenti. Situation au demeurant courante dans la région !

Je veux savoir quand la phase 1 de notre projet démarrera, sachant que cela fait déjà deux mois que cette institution a donné son accord pour démarrer.

Prenant l'air de quelqu'un qui va dire des choses sans importance, je lance : "Mais vous pensez que cela va démarrer dans combien de semaines ?". A dire vrai, cette première phrase n'est pas anodine et j'avais hésité un instant à remplacer le mot "semaines" par "jours". Mais là mon compagnon n'aurait pas compris une telle hâte. J'aurais pu dire aussi "combien de mois", mais là je risquais de passer pour ironique alors que je n'avais pas encore assez de raisons pour l'être.

J'obtins une première réponse qui me rappela un vieux professeur féru de grammaire éculubrant sur la forme interro-négative. Il me dit : " Je ne pense pas que cela prenne too many weeks". Me voilà plongé dans une grande perplexité. Dans ces cas apparemment désespérés je me raccroche à la bouée de la reformulation. "Ah bon, cela va prendre several weeks !"

Mon compagnon, réalisant sans doute mon désarroi, me précise : "Hopefully, cela devrait prendre a couple of weeks". Ah mais voilà quelque chose de plus précis. Un couple normalement c'est deux. Encore que depuis que l'on parle de ménage à trois, cela devient discutable.

Secrètement je suis plein de gratitude pour cette marque de précision. Il aurait pu me dire "cela va prendre some time" ou pis encore "cela va prendre some weeks". Mais sa phrase était précédée du fameux "hopefully", l'indispensable précaution qui confirme la variabilité du temps...

Et moi combien de temps me faudra-t-il pour m'habituer à cela ?


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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 12:46

Conduire une voiture à Bombay ou sur une route indienne est une épreuve. Etre conduit l’est tout autant. Au début lorsqu’on est dans une voiture en Inde on est plus que surpris par la manière de conduire des indiens. On pense, un peu trop hâtivement, qu’il n’y a pas de règles et que chacun fait n’importe quoi en dépit du bon sens ! Alors essayons d’y voir plus clair au pays où les escargots à moteur côtoient les chauffeurs de bus qui se sont réincarnés en Fangio ou en Ayrton Sena ! Car il ne faut pas se fier aux apparences, il y a des règles. Encore faut-il les connaître à défaut de pouvoir les comprendre.


Tout d’abord un conseil à ceux qui ont quelques angoisses lorsqu’ils prennent l’avion ; venez ici, passez deux heures en voiture, après vous trouverez l’avion beaucoup plus rassurant !


Lorsque vous êtes en voiture, tranquillement (si on peut dire) conduit et que vous regardez devant vous, là vous commencez à comprendre ce qui se passe. En réalité un conducteur ne regarde jamais derrière lui ou sur les cotés. Il a un angle de vision de 120 ° droit devant lui et tout ce qui est en dehors de cet angle de vue ne compte pas. Donc, c’est simple on s’occupe de ce qui est devant. A cet égard les rétroviseurs sont des accessoires de décoration extérieurs qui n’équipent que quelques véhicules.


La deuxième règle est tout aussi simple (et après on va dire que les indiens sont compliqués, mais que nenni !). Le but du jeu est d’avancer le plus vite possible sans s’occuper des voisins ou des signalisations. Les lignes en pointillé qui séparent une voie en différents couloirs sont en fait d'originaux enjolivements graphiques sans rapport aucun avec la conduite automobile.


La troisième règle est d’un niveau confondant de simplicité qui rivalise avec la témérité audacieuse qui la caractérise ; lorsque je veux passer là entre les deux voitures devant et que manifestement il n’y a pas de place, j’avance quand même dans cette direction car je finirai bien par passer. Si un groupe de piétons m’empêche de passer, j’avance quand même car ils finiront bien par disparaître de mon champ visuel. Je me suis demandé pourquoi les piétons écrasés n’avaient pas droit à un panneau du genre « tombé dans le champ visuel de XXX ».


La quatrième règle est plus que connue. C’est davantage un état de fait qu’une règle et si c’est une règle elle ne donne pas la mesure du bruit qu’elle produit ! Dans tous les cas, à chaque instant, je klaxonne pour dire que je suis là. Cela me permet de me déplacer en plus grande sécurité dans mon champ visuel car les autres savent que je suis là même si je n’entends pas leur klaxon. Le klaxon est donc un véritable instrument de sécurité (cela ne vous a guère échappé) et du reste les indiens font remarquer qu’en cas d’accident ce n’est pas l’état des freins que la police vérifie, mais bien l’état du klaxon. Il est donc essentiel de klaxonner au moins toutes les 5 secondes et cette règle est vraiment respectée. Il faut bien considérer que le klaxon et l'usage indien qui en est fait fait inévitablement penser aux radars accoustiques de chasse sous-marine. En ce sens, voilà une preuve de plus de l'avancement technologique des voitures indiennes, les premières au monde à avoir été équipées de tels radars, lequels, de surcroît, ne nécessitent qu'une formation succinte et peu onéreuse !


On pourrait énumérer bien d’autres règles ! Les feux rouges, par exemple, ne sont pas un élément de signalisation routière comme chez nous. Ce sont des lampes de couleur verte, orange,  rouge, placées judicieusement aux carrefours de manière à ce que tout citoyen puisse vérifier s’il est daltonien ou pas. Accessoirement les feux rouge permettent d’accrocher des banderoles festives qui accompagnent régulièrement les innombrables jours de célébrations de toute sorte ; en ce sens ils participent de la responsabilité citoyenne, du développement durable et de la communion des valeurs.


On pourrait aussi citer l’usage du clignotant qui n’existe pas ici. Un clignotant sert simplement, une fois par an, à voir si la lumière clignotante marche ou pas, ce qui peut-être utile si on fait une marche arrière en pleine nuit pour voir si on ne vas heurter le trottoir. Ce qui fait penser (cela n’a aucun rapport) à cette histoire belge où un conducteur se demandant si son clignotant est en panne ou pas, envoie son passager devant la voiture et lui demande de lui dire si çà marche ou pas. « Ca marche, çà marche pas, çà marche » répond le passager, mais là c’est un belge et les indiens ne sont pas responsables et ne sont pas concernés et en plus ne comprendraient même pas cette histoire tant l’usage du clignotant reste aussi rare que l’usage du manteau de fourrure !


On pourrait aussi mentionner que le casque est bien obligatoire pour le conducteur d’un deux roues ce qui est assez étonnamment respecté (à croire qu’il y a de la musique Bollywood dans ces casques), mais qu’il semble être rigoureusement interdit pour les 2, 3 et jusqu’à 4 passagers qui d’ailleurs n’en portent jamais. Quant aux bambins de 3 ou 4 ans qui sont passagers de devant dans une voiture, on ne sait pas pourquoi, mais ils sont toujours devant sur les genoux d’un adulte à quelques centimètres du tableau de bord, ce qui traduit la volonté louable des parents d’enseigner au plus tôt les rudiments de la conduite automobile à leurs rejetons. Plus près de toi, Mon Dieu… !


Enfin, et nous en terminerons là, le rapport de force tient lieu de règle de priorité. Le rapport de force tourne souvent à l’avantage de celui a la plus grosse voiture ou qui est le plus borné, ce qui permet aux chauffeurs de bus et de taxi, dans le cadre de ce dernier critère, de se trouver largement en tête du classement.

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 06:07


Tout d'abord nous voulons remercier Jean-Jacques l'un de nos fidèles lecteurs (qui a quitté Bombay pour le Portugal) qui nous a envoyé ces étiquettes accrochées à l'un de ses costumes !

Ensuite, chers lecteurs, merci de votre participation nourrie à cette petite énigme et bravo à Lola qui a trouvé la bonne réponse.

En effet ill s'agit d'étiquettes de pressing qui étaient attachées, pour l'une sur la veste d'un costume, et pour l'autre sur le pantalon du même costume.

Première remarque : les inscriptions sont complètement incompréhensibles !

Deuxième remarque : s'agissant de la veste et du pantalon d'un même costume on aurait pu imaginer un élément de similitude ou de correspondance entre ces deux étiquettes, mais il n'y en a pas.

En fait certains pressing ont recours, pour laver les vètements, aux fameux Dhobi-Wallahs ! Il s'agit d'une caste de musulmans qui lavent le linge et les vêtements. Nous avions écrit un article sur les Dhobi-Gahts (lavoirs publics) où travaillent ces Dhobi- Wallahs ! Pour les puristes, le terme hindi ghat sert à désigner les degrés en pierre construit le long des rives des fleuves et des bassins. Vous pouvez accéder à cet article en cliquant sur ce lien : http://www.indiablognote.com/article-21332339.html

Ces étiquettes écrites d'une encre indélébile sont incompréhensibles pour nous, mais pas des Dhobi-Wallahs ! Ils ont leur langage, un véritable code secret qui leur permet de s'y retrouver dans ces milliers de vêtements lavés chaque jour à Bombay ! Comme ils sont peu chers, apparemment certains pressing ont recours à leurs services.

Le plus étonnant est que plusieurs fois ces étiquettes ont permis à la police de retrouver l'identité du propriétaire d'une veste, d'un pantalon ou de tout autre vêtement retrouvé sur les lieux d'un crime.

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 06:00
Regardez bien ces deux étiquettes.

Elles viennent de Bombay. De quel type d'étiquette s'agit-il ? Pourquoi deux étiquettes ?

Elles évoquent quelque chose mais quoi ? Dans certains cas cela fait penser à Sherlock Holmes...



















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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 10:41

Paperasserie et bureaucratie sont les deux mamelles de Mother India !

On n’imagine pas ce que la paperasserie veut dire lorsqu’on débarque en Inde, mais je peux vous assurer que c’est sérieux ! Pour toute chose il faut remplir des tonnes de formulaires. Les indiens évoluent naturellement dans ce macro monde de pâte de cellulose et c’est quand on s’immerge dans la réalité indienne que l’on prend réellement conscience de la profondeur du problème qui nous fait penser au mystère des abysses, ces grands fonds où la lumière ne pénètre pas. A propos de ces abysses, on a découvert récemment un poisson poétiquement nommé Macropina Microstoma (un cousin de Némo ?) qui a des yeux tubulaires et une tête transparente ! Si nos bureaucrates indiens avaient une tête transparente on y verrait à l’intérieur des liasses de papier !

Un jour nous demandâmes à voir Monsieur le Secrétaire Général de notre club ; c’était au moment où nous voulions déposer un dossier d’inscription (bref ! nous inscrire). Un vieux monsieur, tout pénétré de son importance, ayant largement atteint le seuil d’éligibilité à la carte super senior, consentit à nous recevoir dans son bureau. Il nous fit, d’un geste bref qui ne généra que peu de consommation de calories, asseoir. Nos neurones encore intactes nous permirent de comprendre que nous devions attendre bien sagement qu’il eut un moment à nous consacrer.  L’homo burocratus signait des papiers qu’une assistante lui présentait. A cet instant précis, nous sûmes que nous avions raté la photo du siècle ! Car en fait nous ne voyions que sa tête ! Son massif bureau d’un bois du siècle du grand-père de Rudyard Kipling, était rempli de piles de papiers.  8, 9, 10 voire 12 piles de papiers, chaque pile mesurant de 20 à 30 cm. Je pensai méchamment à l’expression « mettre le dossier sur le haut de la pile », oui mais dans ce cas précis, sur quelle pile ? Bref ces piles peuvent mener à  la ré-volt…

Mais ce n’est pas fini. L’homme  était peut-être doté d’un capteur psychologique car il nous jeta, au bout de quelques minutes qui nous parurent une éternité : « Vous voyez que je suis très occupé ! ». Son capteur, peut-être alimenté par toutes ces piles, dut envoyer un autre message à ses trois neurones car il ajouta : « Je viens ici tous les matins à 7h et je repars rarement avant 8 h ». Je me retins pour ne pas lui demander si c’était 8h du matin ?  Non, je ne voulais pas être responsable d’une crise cardiaque.  Et il ajouta : « J’ai beaucoup de travail ».

Cela me faisait penser à quelques dessins de Saint-Exupéry .

Hier un préposé est venu nous apporter une lettre, une invitation, à la maison. Nous dûmes signer deux bordereaux. On nous demanda aussi de mettre notre numéro de téléphone.

Lorsque je dois remplir des papiers pour être membre d’un conseil d’administration d’une société indienne, je dois théoriquement indiquer si les membres de ma famille ont des actions de cette société. Cela parait simple, il suffit de répondre non, surtout que les étrangers n’ont pas le droit d’acheter en direct des actions de sociétés indiennes. Ben non, je dois indiquer les noms et adresses de tous les gens de ma famille. Et cela va très loin jusqu’aux beaux-frères, belles-sœurs, oncles tantes etc …  Cela explique pourquoi j’ai décidé de devenir fils unique et orphelin.

L’autre jour ma secrétaire dépose à la banque (pas celle dans laquelle je travaille, une grande banque indienne) un chèque sur mon compte. Le chèque est établi à mon ordre : initiale de mon prénom et nom. Ma secrétaire doit remplir un bordereau ce qu’elle fait et elle marque comme bénéficiaire mon prénom en entier et mon nom. Quelques jours plus tard le chèque est retourné, non encaissé, avec la mention : « le nom du bénéficiaire n’est pas le même sur le chèque et sur le bordereau ». Je dus aller batailler avec le directeur de l’agence pour qu’il prenne mon chèque !

Un autre signe de ce fléau bureaucratique est celui des registres ! En beaucoup d’occasions vous devez remplir un registre, un grand livre plein de colonnes. Si vous avez de la chance vous ne devrez remplir que les cases d’une page, mais parfois les colonnes s’étalent sur les deux pages ! Au Club, lorsque nous jouons au tennis, normalement on doit remplir un registre… Pour ne pas donner du travail supplémentaire au vieil homme dont nous parlions plus haut, nous nous abstenons.

Sur un plan économique, les fabricants de pâte à papier peuvent remercier Mother India de sa généreuse consommation. Sur le plan écologique, on pourrait diviser par dix la consommation de papier dans ce pays.

Finalement on se dit que ce n’est peut-être pas plus mal qu’il n’y ait pas de Sécurité Sociale en Inde car on nous demanderait probablement de noter le nombre et l’heure de consommation de chaque cachet.

Voilà les deux mamelles de Mother India qui nourrissent les indiens ; à quand le sevrage ?

 

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 06:53

Nos lecteurs connaissent Hemand Morparia, ce médecin radiologue et cartoonist dont nous avons fait la connaissance et qui nous honore de son amitié.

Voilà un dessin qui peut être utile à ceux qui se feront prendre en train de téléphoner tout en conduisant.

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