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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 15:03

Le titre de cet article évoque un film bien connu dans un univers sordide !
Mais il colle bien à cette petite anecdote survenue aujourd'hui.
Je dois déjeuner avec quelqu'un de la Banque Centrale et ma secrétaire me donne un papier avec l'adresse du restaurant situé sur "Marine Drive", cette grande avenue qui longe la baie, avenue connue de tout le monde.
Je prends un taxi et lui dit l'adresse "Marine drive"; il me regare l'air vraiment complètement hébété et répète "Marine drive?". Je réalise que le bougre ne sait pas où est Marine drive ! Pour les parisiens c'est comme si votre chauffeur de taxi ne savait pas où étaient les Champs Elysées !
Bref, nous finissons par trouver le bon endroit, mais je maugréais d'autant plus qu'à chaque accélération de ce vieux taxi (qui avait du connaître les trois dernières guerres mondiales), le plancher se soulevait de quelques centimètres! Je me disais que le vrai nom d'un moteur c'était "moteur à explosion"...
Le gouvernement vient de décider que les taxis de plus de 25 ans ne devaient plus rouler, mais quand décidera-t-il de changer les chauffeurs de taxi...

Vous le voyez, le quotidien n'est pas toujours simple et il y a des jours où on tempête et rugit à volonté !

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Published by Olivia et Geoffroy - dans Vie quotidienne
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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 07:08

1974, l’année de la bombe nucléaire indienne


Cette année là, l’Inde procède à une série de 6 essais nucléaires souterrains dans le désert de Thar. La bombe nucléaire indienne utilise la technologie et le plutonium achetés aux pays occidentaux (Canada, Etats-Unis, France, Allemagne et d’Angleterre). La course au nucléaire entre l’Inde et le Pakistan en retard technologique a alors débuté. Dès 1980, le Pakistan, aidé par la Chine, sera à son tour soupçonné de détenir la bombe. L’Inde et le Pakistan signent alors un traité de non agression de leurs sites nucléaires respectifs. Ces 2 pays qui n’ont pas signé le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) sont rentrés dans le club très fermé des pays nucléarisés par la petite porte.

juillet 1977, coup d’état au Pakistan

Le général Mohammad Zia ul-Haq renverse le Premier ministre Zulfikar Ali Bhutto. Il devient président en septembre 1978 et fait exécuter Ali Bhutto par pendaison en 1979. C’est sous le régime militaire du général Zia (1977-1988) que le Pakistan connaît une véritable islamisation, il fait de l’application de la charia sa priorité principale pendant ces onze ans de dictature.


1989-1990,  attaques des séparatistes cachemiris et répression indienne


Au Jammu-et-Cachemire,  la rébellion séparatiste islamiste lance un mouvement de lutte armée, soutenu officieusement par le Pakistan. En 1990, l'Inde et le Pakistan sont au bord d'un affrontement majeur. Les violences  font plus de 35 000  morts.


1996, élections au Cachemire


Le taux de participation élevé de 30% marque ces élections. La population marque par ce vote, son refus de la guerre et affirme sa volonté d’autonomie. Ce nouvel acteur autonomiste introduit une difficulté politique dont l’Inde et le Pakistan se seraient bien passés, surtout pour l’Inde qui refuse toujours de prendre en compte l’identité cachemirie dont l’autonomie est pourtant prévue par l’article 370 de la constitution indienne mais qui n’a jamais été mise en oeuvre.


1998, la prolifération nucléaire en marche

En juillet 1998, une tentative de réconciliaition des deux pays se concrétise par des pourparlers entre le président pakistanais Nawaz Sharif et le premier ministre indien AB Vajpayee, mais l'Inde et le Pakistan procèdent à une série d'essais nucléaires qui vont miner ces efforts. L'Inde refuse en 1996 de ratifier le Traité de Non prolifération Nucléaire et procède à 5 essais souterrains le 11 mai 1998. Le Pakistan réplique par une série d'essais nucléaires. On soupçonne alors la Chine d'avoir aider le Pakistan à fabriquer sa bombe.

En mai de cette année, des indépendantistes cachemiris soutenus par les forces armées spéciales de l’armée Pakistanaise s’infiltrent au-delà de la ligne de contrôle en aval du glacier de Siachen, au cours de manœuvres militaires menées et à la barbe de l’armée Indienne. Cette crise est au début manoeuvrée par le Pakistan suite aux évènements lointains du Kosovo : le Pakistan qui contrairement à l’Inde à toujours voulu un débat international sur la question du Cachemire tente alors d’allumer la mèche dont il pense que l’issue est un règlement Onusien comme au Kosovo. L’ONU peut alors faire pression sur l’Inde pour organiser un référendum sur le rattachement du Cachemire dont on sait qu’il serait favorable au Pakistan s’il était organisé. Mais cette stratégie est la stratégie du désespoir quand on sait le faible rôle que l’ONU a pu jouer dans le règlement du conflit des Balkans. Ces manœuvres désirées par le général Musharaf sont condamnées par la communauté internationale, l’Inde réagit fermement en engageant d’importants moyens militaires sur le terrain, 20 000 soldats sont déployés, des dizaines d’avions et bombardiers volent sur une ligne de front qui s’étend sur 120 kms de long, pilonnant les positions Pakistanaise juchées sur les hauteurs. Le 10 juillet 1999, les 2 pays s’entendent sur un retrait mutuel des zones de combat. Mais ce retrait des troupes provoque une grave crise dans les rangs de l’armée pakistanaise qui ne pardonne pas au président M. Sharif d’avoir cédé à la pression des Etats Unis. En octobre, Pervès Musharraf renverse le pouvoir sans effusion de sang et décrète l’état d’urgence. Ce putsch suscite une grande inquiétude en Occident. Le coup de semonce est venu du directeur du Fonds monétaire international (FMI) qui assure qu'Islamabad ne percevrait aucun acompte sur le prêt de 1,6 milliard de dollars. A Londres, le Commonwealth annonce qu’il interdit à la junte militaire de participer à ses sommets, la bourse de Karachi plonge de 7,36%, Wall Street de 2,7%. Kofi Annan exhorte les militaires pakistanais "à essayer de revenir à un gouvernement civil dès que possible". L’Inde place à nouveau ses forces en état d’alerte maximum mais P. Mousharraf averti publiquement l’Inde sans la nommer de ne pas tenter de profiter de la situation de faiblesse du Pakistan pour s’attaquer aux intérêts pakistanais.

La crise comportant d’importants risques d’escalade entre les 2 pays nucléarisés n’est pourtant qu’une crise et non pas une guerre. Il semble que la dissuasion nucléaire ait eu une influence sur l’absence d’escalade et le règlement rapide du conflit entre les 2 pays, la réaction de la communauté internationale et notamment des Etat Unis (aidé par la neutralité affichée de la Chine) a joué un grand rôle en ce sens. Cependant, on sait aujourd’hui que l’utilisation de l’arme nucléaire ait été sérieusement envisagée par l’armée Pakistanaise durant ce conflit.









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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 14:21

Le Fleuve  de Jean Renoir 1950, Inde-Usa.

Après sa période hollywoodienne, six films dont le dernier était un échec complet, le cinéaste décida d’arrêter toute collaboration avec les majors pour se consacrer à des projets plus personnels. Un article dans la célèbre revue the New Yorker attire son attention sur le dernier roman de l’anglaise Rumer Goodden The River qui inspirera le scénario de ce film.
En Inde, sur les bords d’un grand fleuve vit une famille de colons britanniques dont les deux filles tombent amoureuses d’un jeune officier américain qui a perdu sa jambe à la guerre. Conscient de son infirmité, celui-ci refuse de répondre à cet amour et repart seul.  La vie reprend son cours au bord du fleuve comme par le passé.
 
C’est un premier amour, il aurait pu se passer n’importe où mais il s’est passé ici en Inde. Cela change tout, les couleurs, les sons, les images et en même temps cela ne change rien : un premier amour est presque toujours pas le bon. Avec cette fable exotique, tournée en Inde, aux environs de Calcutta, aux bords du Gange, Renoir apparait comme un sage humaniste désenchanté qui nous fait comprendre qu'il faut
 accepter la souffrance pour approcher le bonheur.


Regard plein d’humilité face à un pays immense où la spiritualité coexiste avec la misère, les conflits et les guerres.
Renoir ne peut pas nous montrer, nous expliquer cette Inde-là. Alors, il filme des étrangers qui perçoivent l'Inde telle que lui-même l'a perçue. Sans lanciers du Bengale, sans tigres et sans éléphants, comme l’évoque le magazine Télérama  «  Le Fleuve est pourtant un film sur l'Inde. Mais c'est aussi du pur Renoir, ce Renoir qui disait : " Filmer, c'est connaître les hommes et même les aimer : sinon ce n'est même pas la peine de faire du cinéma. "

 

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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 09:43

Nos lecteurs vont encore nous dire que l’on voit l’Inde partout et que ce tropisme commence à les lasser !

Certes, mais plus on avance et plus on découvre des choses intéressantes !

Donc, cette fois, nous allons nous intéresser à un indien qui est probablement le prétendant au Trône de France ! Oui c’est énorme, nous en convenons, mais cette information a été largement commentée en 2007 à la suite de la publication par le Prince Michel de Grèce d’un livre sur les Bourbon « Le Rajah Bourbon ».

 

L’origine de l’histoire se situe au XVI° siècle.

1523 : François 1er et son cousin le Connétable de Bourbon étaient les meilleurs amis du monde. Mais la mère du roi sème la zizanie entre eux... Le Connétable passe à l'ennemi, devenant ainsi le traître le plus célèbre de l'Histoire. A la même époque, un petit garçon nommé Jean est élevé secrètement dans une bourgade d'Italie. Une nuit, des spadassins viennent pour l'assassiner : il s'enfuit vers l'Espagne avec son précepteur. Celui-ci révèle à Jean qu'il est très probablement le fils caché du feu Connétable. Attaqué par des pirates, Jean est vendu au Caire à l'armée, et devient le protégé du Vice roi d'Egypte, Daoud Pacha. Mais ce dernier se révèle un homme cruel, et jaloux de la liaison de Jean avec la copte Latifa. Notre héros fuit alors vers le sud, où il est capturé par l'armée Ethiopienne puis arrive sur les côtes indiennes désespéré. Le père Marilva, un jésuite portugais, lui présente l’empereur Moghol Akbar. Une forte amitié s'établit entre Akbar et Jean, qui participe glorieusement à la guerre contre les Rajpoutes et influence la politique de tolérance religieuse du souverain. Il est sauvé d'une tentative d'empoisonnement des intégristes musulmans par un médecin du harem, Julia, soeur d'une des femmes d'Akbar. Il l'épouse et fonde une famille tout en poursuivant sa carrière glorieuse. Un ambassadeur lui révèle qu'il est l'aîné de la maison de France - les Bourbons sont désormais sur le trône avec Henri IV- mais Jean préfère renoncer à ses droits. Ainsi, par sa volonté, il y aura une branche indienne des Bourbons jusqu'à nos jours...

 

Et quel homme est ce prétendant indien au trône de France ? Tout d’abord, il faut préciser que son nom complet est Balthazar Napoléon de Bourbon III, tout un programme !

M. de Bourbon est un avocat et propriétaire terrien de 49 ans dont la famille est installée depuis 1775 à Bhopal, une ville historique du centre.

L'homme, corpulent et de petite taille, est chaleureux. Il reçoit en famille dans sa maison bourgeoise et kitch à la façade ornée d'une imposante fleur de lys surmontée de l'inscription "Maison de Bourbon". L'emblème de la monarchie française s'affiche sur ses meubles, cartes de visite et jusqu'à ses boutons de manchettes.
"On m'a toujours inculqué l'idée que j'appartenais à une famille noble et royale", raconte M. de Bourbon. A la suite de son père Salvadore, il milite depuis 20 ans pour que soit "reconnue" son appartenance à la Maison de Bourbon, dont le chef fût Roi de France jusqu'en 1830.

"Qu'ils me reconnaissent ou pas, je fais partie d'une grande famille. Je suis une fraction d'une part de la France", assène l'avocat qui ne parle pas un mot de français et n'a jamais mis les pieds dans l'Hexagone. Il a gardé de ses ancêtres français la foi dans le catholicisme. Ses enfants s'appellent Frédéric, Michelle et Adrien.

Balthazar Napoléon plaisante volontiers sur les revers de fortune de sa famille (il est le premier de la lignée à travailler) et voulant faire croire de manière exagérée qu’il est presque sur la paille, fait preuve d’un bel humour en disant que sa famille est devenue les « Bourbon on the rocks ».

Cet héritier du trône de France revendique le titre de Duc de France afin que soient reconnues les souffrances de sa famille obligée d’émigrer en Inde, mais il ne réclame rien d’autre !

 

L’histoire qui s’arrête là ne dit pas si les lettres que cet avocat reçoit commencent par Dear Sir ou par Dear Sire ?

 

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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 15:56

Ce titre de l’article doit inévitablement orienter les neurones de nos lecteurs les plus  gourmets vers quelque chose qui ressemble au gigot de 7 heures, met savoureux que nous connaissons tous. Mais, quoi, ici nous sommes en Inde et on n’imagine mal manger du chien même en réduisant sa cuisson de 7 à 4 h.

Non, il s’agit du chien de 4 heures du matin qui aboie tous les matins à 4 h prenant ainsi l’audacieuse liberté de réveiller Olivia. Voila donc plusieurs mois qu’au doux clic clic du ventilateur accompagnateur indispensable de nos nuits encore chaudes, qu’au rugueux bruit de la bétonneuse de la Tour Ambani toujours en cours de construction (nos lecteurs fidèles savent de quelle tour il s’agit) qui se fait entendre dés 7 h du matin, qu’aux palabres puissantes des premiers ouvriers arrivant sur le chantier de la même tour tôt le matin, voilà donc que s’ajoute le chien de 4 h qui chasse désormais de notre mémoire le titre de cette émission (ancienne) de télévisions « nos amies les bêtes » !

Olivia m’ayant à maintes reprises assuré que ce cabot maudit aboyait régulièrement tous les matins à 4h (heure à laquelle même une meute hurlante ne parviendrait pas à bout de mon sommeil), je pensais assez logiquement que ce sale clébard avait une Rolex qui le réveillait ponctuellement à 4h chaque matin et que ses vocalises s’en suivaient naturellement. Mais ces ressorts d’imagination ne calmèrent guère l’infortunée réveillée qui, ces derniers matins, en fut presque aux abois !


Je compris donc qu’il me fallait agir, me lancer dans l’enquête et aussitôt je pensais au fameux livre « le chien des Baskerville » mais qui ne me serait d’aucun secours.

Ma tâche commença donc par une enquête de voisinage auprès des gardiens et aidé de mon chauffeur interprète pour être sûr de saisir le sens de leurs révélations.  


Dés le sujet abordé, je vis le sourire amusé, presque béat (ce qui provoqua l’indignation que l’on devine, mes gardiens n’ayant en rien saisi la portée du sujet), du gardien-chef qui m’expliqua qu’il s’agissait du chien du premier qui aboyait chaque matin au moment où le livreur de journaux apportait les journaux. J’appris ainsi que les journaux arrivaient ainsi sur le paillasson de chaque porte à cette heure si matinale.
Voilà qui expliquait la régularité de ces aboiements.


Il me fallait donc maintenant aller plus loin et aller voir les voisins du premier qui, par la plus grande malchance, se trouvent être nos voisins du dessous. Ou décider de demander au porteur de journaux de laisser les journaux en bas, mais là ce serait aller contre une tradition bien établie. Non sans arrière-pensées (lesquelles seraient venues à l’esprit de n’importe quel être raisonnable) je m’imaginais achetant un solide poison anti-chien…

L'acte II de cette enquête se situe le soir même. Bien résolu à entreprendre la dame du premier, je vais, accompagné de mon chauffeur, sonner chez la voisine ; à peine ai-je appuyé sur le bouton de la sonnette que des aboiements se font attendre, genre sale cabot que l'on dérange... Mais comment ne pas se réjouir d'entendre ainsi le coupable se désigner spontanément, bref je me lèche déjà les babines. Une charmante dame, au visage souriant, ouvre sa porte. Je lui raconte ce que l'on m'a rapporté et lui demande de me confirmer si c'est bien son chien qui se comporte en réveil matin à 4h tous les jours. Elle éclate de rire et me dit : "mon chien dort au pied de mon lit, s'il aboyait à 4H du matin, ne serais-je pas la première réveillée ?" Je blêmis sous l'argument massue qui m'est ainsi asséné, et dans une instruction implacable lancée à mes neurones, j'essaye de rassembler tous mes souvenirs de Sherlock Holmes, Arsène Lupin et Hercule Poirot réunis. Nonobstant cette concentration maximum, la dame ajoute : " et puis les journaux sont livrés le matin à 7h et non pas à 4h"! Je fais évidemment marche arrière mais fais confirmer par mon chauffeur les propos entendus le matin même. Je peste contre ces gardiens qui disent n'importe quoi, et devant cette montée en puissance vocale, l'autre gardien monte ; je le prends à témoin car lui avait acquiescé aux dires de son compère. Effrayé devant ma détermination sans faille, il redescend les escaliers à reculons...

Finalement le chien de 4h est un chien errant, sans collier ni maître...

Mais miracle, la nuit dernière, le chien n'a pas aboyé à 4h !
Vous me direz, un canin à 4h du matin, çà peut être sympa, non ?

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Published by Olivia et Geoffroy - dans Vie quotidienne
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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 06:55

1947, la partition et la première guerre du Cachemire


En quelques semaines, dès la partition proclamée le 15 août 1947, 14 millions de personnes sont déplacées de l’Inde vers le Pakistan et vice versa ; on estime à 1 million de personnes massacrées pendant les transferts de population, enracinant la haine de part et d’autre de la nouvelle frontière indo-pakistanaise. Le Pakistan était né et le Cachemire en même temps. Le Cachemire de population majoritairement musulmane au moment de la partition était dirigé par le maharadjah de confession hindoue. Celui-ci s'était rallié à Delhi en échange d’une aide militaire qui chasserait les insurgés cachemiris aidés par les pathans Pakistan et les tribus pachtounes et qui menaçaient Srinagar (28 octobre 1947). L’Inde vient envahir le Cachemire ; c’est le premier affrontement indo-pakistanais, qu’une résolution de l’ONU fait cesser le 1er janvier 1949.



1949, la ligne de contrôle tracée


Une ligne de cessez-le-feu arbitraire est tracée provisoirement au Cachemire. A cette date, l’ONU propose un referendum sur l’indépendance du Cachemire, referendum que l’Inde, consciente d’un échec certain, s’est toujours évertuée à faire échouer. Les Cachemiris se retrouvèrent séparés par les 2 puissances sous-continentales. Si l’Inde échoue à garder la totalité d’un Cachemire cher à Nehru, les Pakistanais ne peuvent eux non plus s’emparer par la force d’un royaume qui leur tient particulièrement à cœur. De ces frustrations profondes naissent les guerres du Cachemire successives qui jalonnent l’histoire des deux pays jusqu’à ce jour. La ligne de contrôle était donc « provisoire », y compris au Nord à la frontière chinoise, elle est depuis lors restée provisoire.  Cette même année, la Chine devenue République Populaire conteste déjà les frontières du Cachemire. Cette position conduit à la première guerre entre l’Inde et la Chine en 1962.





1965, deuxième guerre du Cachemire


Une nouvelle guerre éclate en août 1965. C’est la région du Rann de Kutch située sur la frontière entre l’Etat indien du Gujarat et la province du Sind qui est visée, mais le conflit s’étend rapidement au Cachemire. Le Pakistan, en déclenchant cette guerre deuxième guerre dans une opération dénommée «Gibraltar », veut vraisemblablement profiter des apparentes faiblesses militaires affichées par l’Inde après sa cuisante défaite face à la Chine et après l’abandon de l’Aksai Chin en 1962. Cette guerre est finalement remportée par l’Inde dont l’armée s’est renforcée après sa défaite de 1962 et grâce à l’aide de l’Union soviétique. Cette guerre fait 5 000 victimes indiennes et 4 000 pakistanaises. L’Inde commence cette même année à soutenir les revendications afghanes des territoires tribaux jouxtant les frontières pakistanaises de l’Ouest, ceci en vue d’obliger le Pakistan à éparpiller ses forces militaires sur ses 2 fronts.


1971, troisième guerre du Cachemire


Cette troisième guerre du Cachemire a pour conséquence la création du Bangladesh, l’ex Pakistan oriental : les 2 Pakistan séparés de 2 000 kilomètres, sont alors peuplés d’une population de confession semblable mais d’origines culturelles si différentes que les relations entre les 2 parties du territoire se durcissent et amène à une répression des mouvements indépendantistes Bengladeshis (mouvement de la ligue Awami) très sévère de la part des forces armées du Pakistan occidental : on évaluera par la suite la sanglante répression à environ 300 000 victimes.

Cette scission annoncée est naturellement encouragée par l’Inde favorable à la division de l’ennemi positionné à ses frontières Ouest et Est. La migration de millions de Bangladis en Inde amène l’Inde à déclarer la guerre au Pakistan le 12 décembre 1971, toujours avec le soutient de son allié, l’Union soviétique.

En 12 jours, le Pakistan perd la moitié de sa force navale, le quart de son aviation, le tiers de son armée et surtout 13 000 km² de territoire : cette nouvelle guerre voit la reconnaissance du Bangladesh (la patrie des Bengalis) dans les accords de Simla (1972), accord stipulant que le problème du Cachemire doit être réglé par les 2 belligérants en favorisant la voie diplomatique, sans internationalisation du conflit, cette dernière concession est un véritable camouflet pour le Pakistan dont la stratégie est toujours la recherche d’une internationalisation du conflit.

Ces accords fondent la position diplomatique actuelle de New Delhi au sujet du Cachemire. L'Inde refuse, en se basant sur cet accord, toute internationalisation de la question du Cachemire et toute médiation internationale de quelque nature qu'elle soit. Elle estime également que la résolution de l'ONU suivant la partition est désormais caduque. D'une part, les populations cachemiries ont marqué leur adhésion libre et démocratique à l'Inde en participant aux élections locales et nationales, il n'est donc plus question de plébiscite.


Cette défaite plonge alors le Pakistan dans un profond état de choc, les répercutions politiques en seront profondes, le Pakistan se retire du Commonwealth en signe de protestation. Le Pakistan n’est plus en mesure de s’opposer à l’Inde, tant à cause de la perte du Bangladesh que de l’insurrection du Balouchistan (que l’Inde ne se cache plus d’attiser). Ali Bhutto remporte les élections.

                                            A SUIVRE

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Published by Olivia et Geoffroy - dans Histoire
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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 13:39

Le Bandra Worli Sea Link (BWSL) est un pont à haubans de 5,6 kms, de deux fois quatre voies, actuellement en construction. Ce sera le pont le plus long d’Inde, qui reliera Bandra (Nord de Bombay) à Worli, un quartier d’affaires en plein expansion (Bombay Central).

Les travaux du BWSL débutèrent en 1999 et devaient s’achever en 2001 mais comme pour beaucoup de constructions ici les délais ne sont pas respectés du fait des lenteurs et lourdeurs administratives et juridiques. De plus, il a fallu compter avec l’opposition ferme des pêcheurs de Bombay. Son coût initial s’élevait à 63 millions d’euros et dépasse aujourd’hui, cinq ans après les 258 millions d’euros.

Aux dernières nouvelles le pont devrait être achevé en janvier 2009. En ayant pris des photos ce week end de cette interminable construction, le photographe en chef et moi-même en doutons fort. Les élections générales de mai 2009, approchent et la municipalité ne pourrait se permettre de reports supplémentaires. Pour tenter de rentabiliser le pont, les voitures devront régler la somme de 30 Rs (0,5€) et les véhicules commerciaux 45 Rs (0,7€). Le pont sera interdit aux rickshaw et  aux deux roues. En revanche des voies seront réservées aux bus.

Le BWSL a pour objectif de désengorger le trafic du seul axe Nord Sud (Mahim Causeway) existant. Mr Anil Deshmukh, ministre des travaux publics de l'état du Maharasthra dit qu’aujourd’hui il faut plus d’une heure pour parcourir les 7 kms entre Bandra et Mahim et lorsqu’une fois le pont sera opérationnel cette distance sera réduite à 7 minutes.


















Nous allons attendre patiemment la fin des travaux annoncée pour vérifier cette affirmation qui me laisse toutefois un peu sceptique. Il annonce également l’extension du BWSL jusqu’à la mosquée Haji Ali assez proche du quartier où nous habitons. Je ne suis pas certaine que nous serons encore expatriés à Bombay pour voir le début de ce nouvel ouvrage !


Ce grand projet illustre à la fois l'immense besoin d'infrastructures de l'Inde et montre aussi la grande difficulté de ce pays à concrétiser ses projets.
 

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 13:54

Voici une photo que nos lecteurs, habitant Bombay, reconnaîtront tout de suite. Cette stèle est située au milieu d'un carrefour de voies rapides menant ou venant à l'aéroport. La première fois que Geoffroy et moi l'avons vue, c'était en Mai dernier lors de notre premier voyage, ici , et à peine sorti de l'aéroport, cela nous a interpellé ! Nous nous sommes posés des questions sur la signification de cette phrase, qui est une très  belle phrase pour toutes les mamans et encourage aussi la naissance de filles ce qui est une nécessité en Inde.

L'auteur au nom si compliqué reste assez inconnu et tout ce que nous avons pu apprendre de lui est qu'il s'agit d'un écrivain. Un article citait une anecdote sur lui, anecdote qui n'a rien à voir avec la stèle mais qui mérite d'être rapportée. Lors d'un examen, un professeur demande à un élève : "préférez-vous trois questions faciles ou une question difficile ?". Sans hésiter, l'élève répond: "la question la plus difficile". Le professeur ouvre une enveloppe et lit la question : "La poule ou l'oeuf, qui vient en premier ?". L'élève n'hésite pas une seconde et répond : "L'oeuf !". Interloqué par une réponse si rapide, le professeur demande: "mais comment pouvez-vous être aussi affirmatif ?". L'élève le fixe dans les yeux en souriant et dit : "J'avais compris qu'il n'y avait qu'une seule question...".

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 06:47

Après une série d’articles sur la relation Inde – Chine, voici un article sur la relation entre l’Inde et le Pakistan. Difficile évidemment de traiter ce sujet en quelques lignes et nous avons fractionné cet article en plusieurs parties. Vaste sujet mais aussi brûlant sujet d’actualité depuis les attentats de fin novembre. Les deux pays se sont déjà affrontés militairement à plusieurs reprises et sont tout deux des puissances nucléaires.


La région du Cachemire a été disputée depuis longtemps, bien avant la guerre ouverte entre l’Inde et le Pakistan. Terre hindoue et bouddhiste depuis le troisième siècle après JC, le Cachemire passe sous la coupe d’envahisseurs moghols au 16° siècle, afghans (pachtounes) au 18° siècle, Sikhs au 19° siècle. Les Britanniques arrivent au Cachemire sous la dynastie du rajah Gulab Singh en 1849, unifiant des territoires très hétérogènes peuplés d’ethnies disparates, unification qui tiendra un siècle jusqu’en 1947. Le 15 août 1947, l'union indienne hérita alors des frontières du Raj britannique, celles qu'avaient figées « The Great Game » : si les frontières du Cachemire comme celles des territoires de l’Asie centrale répondaient aux besoins de contrôle de la région par la Russie et la Grande Bretagne, elles ne répondaient plus un siècle plus tard à la logique de la partition de l’Inde. Le Cachemire fut un territoire qui rendit la partition de l’Inde problématique dès le début, compte tenu entre autres de la grande richesse de ce territoire appelé la « Suisse indienne » et de l’appétit qu’il provoquait.

 


Un conflit qui plonge ses racines dans l’histoire coloniale de l’Inde


Le conflit du Cachemire entre le Pakistan et l'Inde plonge ses racines dans l'histoire de l'Inde coloniale et dans les circonstances de la partition.


En effet, historiquement, les musulmans sont longtemps apparus comme la communauté dominante de l'Inde à travers l'empire Moghol, fondé en 1536, par l'empereur Babur, un roi musulman originaire de l'Asie centrale. Cet empire affaibli et divisé intérieurement a progressivement cédé le pouvoir aux Anglais à travers la Compagnie des Indes jusqu'à sa disparition en 1858. Les premiers mouvements de résistance à caractère national avaient d'ailleurs été le fait de souverains musulmans comme Tipu Sultan (1750-1799) maharadjah de Mysore. Ce sont cependant les circonstances de la révolte des Cipayes (1857-1858) qui vont modifier profondément la place de la communauté musulmane. La révolte des Cipayes correspond à la rébellion des soldats indigènes, hindous et musulmans, de l'armée de la Compagnie des Indes contre les Anglais. Ces soldats, qui se seraient révoltés en raison de leur refus de décapsuler à la bouche des cartouches contenant de la graisse animale (vache et porc), portent à leur tête le dernier empereur moghol Bahadur Shah comme référence d'une Inde unie contre le colonisateur, rassemblent les deux communautés dans cette lutte et forment le premier mouvement national indien important contre l'occupation anglaise. Les Anglais tireront pour leçon principale de cette révolte de ne jamais plus permettre aux deux communautés de s'unir contre eux. La disparition de l'empire moghol remet fondamentalement en cause la place de la communauté musulmane qui va se reconstruire une identité autour de la religion et de sa place de minorité.

Sous l'influence de ces deux facteurs fondamentaux, volonté de division du colonisateur et reconstruction identitaire de la communauté musulmane, va progressivement se développer l'idée que les deux communautés doivent être considérées séparément, représentées individuellement dans les instances coloniales et forment deux nations distinctes. Le mouvement national indien prend en effet corps à partir de la création du parti du Congrès à Bombay en 1885, mais celui-ci est dominé par les hindous. Les musulmans créent la Ligue musulmane en 1906. Les Britanniques donneront cependant satisfaction en 1909 à la revendication de la Ligue musulmane visant à créer des collèges électoraux séparés pour l'élection des représentants indiens dans les assemblées représentatives, trouvant intérêt à limiter l'influence du parti du Congrès et à s'assurer l'appui de la minorité musulmane en affirmant être son meilleur protecteur face à la communauté hindoue majoritaire. De cette dissociation progressive des deux communautés va émerger dans les années 1930 la « théorie des deux nations » et l'idée que les musulmans de l'Inde doivent avoir leur Etat. Le terme « Pakistan » est inventé par un groupe d'étudiants musulmans en Angleterre autour de Rehmat Ali en 1933. Il est l'acronyme de plusieurs provinces : Penjab, Afghania, Cachemire, Sind et Balouchistan et signifie « pays des purs ». La théorie des deux nations devient, quant à elle, la doctrine officielle de la Ligue musulmane dirigée par Ali Jinnah au congrès de Lahore en 1940.

L'opposition persistante du parti du Congrès et de la Ligue musulmane sur les structures de l'Inde indépendante va conduire à la partition de 1947. En effet, le parti du Congrès veut une Inde unie, laïque et centralisée alors que la Ligue musulmane souhaite au minimum une forte décentralisation et une large autonomie pour les régions à majorité musulmane et donne sa préférence à la création d'un Etat séparé. La partition de l'Inde sera finalement précipitée par l'appel d'Ali Jinnah (juillet-août 1946) à des manifestations pour obtenir la création d'un Etat séparé. Devant l'ampleur des affrontements communautaires, les Britanniques précipitent leur départ et donnent l'indépendance à l'Inde et au Pakistan en août 1947 au lieu de juin 1948. La partition du pays provoque le déplacement de plus de 10 millions de personnes (6 millions de musulmans et 4 millions d'hindous) essentiellement dans les Etats du Sind et du Penjab qui sont divisés en deux. Ces migrations et les affrontements liés à la partition entraîneront un très grand nombre de victimes.

La partition de l'Empire des Indes s'est effectuée sur une base religieuse : les régions dont la majorité de la population était musulmane devenant pakistanaises et celles à majorité hindoue devenant indiennes. Cependant, dans les Etats princiers qui subsistaient sous protectorat britannique, le choix revenait au maharadjah.

Au Cachemire, où la majorité de la population était musulmane mais où le maharadjah (dynastie Dogra) était hindou, ce dernier pensa un temps préserver l'autonomie politique et l'intégrité de son Etat. Cependant, le soulèvement de la population de la région du Poonch favorable au rattachement au Pakistan, et l'appui que leur a apporté l'armée pakistanaise, amenèrent le Maharadjah à opter pour l'Inde en échange de l'aide militaire de New Dehli (28 octobre 1947). Suite à cette décision, l'intervention des armées des deux pays au Cachemire provoqua la première guerre indo-pakistanaise conduisant à la partition du Cachemire entre les deux pays sur « la ligne de contrôle », la ligne de cessez-le-feu mettant fin à ce conflit le 1er janvier 1949.


                                                                                                                      A SUIVRE

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Published by Olivia et Geoffroy - dans Histoire
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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 07:29

Le "Times of India" de jeudi dernier publie un intéressant sondage sur les réactions de l'opinion publique indienne, après les attentats de fin novembre.

Voici les principales questions posées et leurs réponses:

Pensez-vous que les relations commerciales avec le Pakistan doivent être stoppées ?
OUI  73%, NON  25%

Devons-nous sacrifier nos intérêts au Cachemire pour vivre en paix ?
OUI 24%,  NON 76%

Est-ce que l'Inde paye le prix des politiques des pays développés à l'égard des pays musulmans ?
OUI 61%, NON 35%

Pensez-vous, comme l'ONU, à l'implication de groupes terroristes basés au Pakistan ?
OUI  69%, NON 26%

La destruction de ces camps terroristes au Pakistan et au Bangladesh est-elle une option ?
OUI 69%, NON 26%

Si ce sondage est intéressant (il est inhabituel de voir ainsi des enquêtes d'opinion publiées dans la presse), on se demande pourquoi la question d'une guerre n'a pas été posée ?

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Published by Olivia et Geoffroy - dans Actualité et société
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