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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 10:42

Kalidasa est un poète qui écrivait en sanskrit classique et dont on ne sait pas grand-chose !

 

Sa date de naissance n’est pas connue et il aurait vécu entre le 4° et le 6° siècle. On dit qu’il occupe une place dans la littérature sanskrite classique comparable à celle de Shakespeare dans la littérature anglaise.

 

C’est assez plaisant d’écrire la biographie de quelqu’un dont on ne sait pratiquement rien de la vie qu’il a eue ! Il ne reste que la légende. On raconte ainsi qu’il épousa une princesse car il était très beau mais que celle-ci fut vite horrifiée de son absence de culture, défaut qu'il dut corriger puisqu’il est l’auteur de nombreux textes et poèmes.

 

Nous passerons sous silence tous les noms de ses œuvres (ils font 12 cm au moins chacun, tel

Malavikagnimitram ou Abhijnanasakuntalam…).

 

Et pourtant son œuvre est importante.

 

Sa pièce de théâtre Abhijnanasakuntalam fut en effet une des premières œuvres indiennes à parvenir en Europe et fut traduite en anglais (1789) puis en allemand et cette œuvre va enflammer l'Occident. En 1789, William Jones donne la première traduction anglaise d'une pièce indienne, Sakuntala. L'engouement est immédiat. Goethe est envoûté par la jeune héroïne : « Faut-il nommer les fleurs du printemps avec les frui357px-Raja_Ravi_Varma_-_Mahabharata_-_Shakuntala.jpgts de l'automne, le charme qui enivre avec l'aliment qui rassasie, le ciel avec la terre ? C'est ton nom que je prononce, ô Sacontala, et ce seul mot dit tout. » C'est le début de la « Renaissance orientale ».

 

Shakuntala est ensuite traduit du sanskrit en français en 1830 par Antoine-Léonard de Chézy qui a occupé la première chaire de sanskrit au Collège de France en 1814.  Goethe, auquel il adresse un exemplaire lui écrira en octobre 1830 :

Vous ne sauriez douter, Monsieur, de toute ma reconnaissance pour le beau présent que vous avez bien voulu me faire. Dès la première fois que je lus cet ouvrage, son charme indéfinissable m’entraîna irrésistiblement et, il excita en moi un tel enthousiasme que je ne cessai plus de l’étudier

Et tout cela vient d’être révélé par cette gracieuse langue française, parvenue à un si haut degré de perfection, et c’est en lisant votre Sakountala que je sens revivre en moi, et se concentrer en un seul foyer ces transports que m’avait fait éprouver jadis tout ce que le génie français a créé de pur, de noble, d’énergique et d’accompli."

 

 

La vague d'enthousiasme ne retombera pas : de Schlegel à Apollinaire, en passant par Théophile Gautier, Gustave Flaubert ou Camille Claudel, tous reconnaissent en Sakuntala l'héroïne romantique par excellence. Désormais, la découverte de l'Inde se confond avec celle de son théâtre, c'est-à-dire avec le genre que les Indiens considèrent comme la forme la plus achevée de leur littérature.

 

Lamartine dira que c’est « un chef-d'oeuvre de poésie à la fois épique et dramatique, qui réunit dans une seule action ce qu'il y a de plus pastoral dans la Bible, de plus pathétique dans Eschyle, de plus tendre dans Racine. »

Théophile Gautier porte à la scène cette pièce dans un ballet pantomime.

  camille_sakuntala.jpg

Ce drame est en en sept actes et met en scène le Roi Doushyanta qui, lors d’une partie de chasse, rencontre Shakuntalâ, jeune fille d'un ermitage dont il tombe amoureux. Ils se marient et consomment le mariage en secret, mais Doushyanta est obligé de rentrer en urgence à son palais et donne à sa fiancée une alliance en gage de sa promesse. Mais à cause d’un sort jeté par un ascète (seul l'anneau permet de retrouver la mémoire), le roi est incapable de reconnaître Shakuntalâ quand elle vient le rejoindre à la Cour royale, et elle-même a perdu l'anneau qui lui permettrait de recouvrer la mémoire.

 

Finalement, l'alliance est retrouvée par un pêcheur, le roi retrouve la mémoire et le couple est réuni, sous la bénédiction des ermites.

 

Camille Claudel commença sa sculpture "Sakuntala" en 1886 et elle y travailla avec acharnement pendant deux ans. Elle fut exposée pour la première fois et 1888 et connut un grand succès. Il existe une version postérieure en marbre de 1905 connue sous le nom de Vertumne et Pomone.

 

A propos de Théophile Gautier, nous trouvons ce texte daté de 1887 :

"Théophile Gautier et Ernest Reyer avaient écrit, pour Amalia Ferraris, l'un, le livret, et l'autre, la musique de Sacountala, et rien ne pouvait rendre la langueur d'amour, les ruissellements de perles, les bruits d'oiseaux, le luxe délicat et barbare de ce poème en action, digne du roi Soudraka. Tous les personnages de ce ballet hindou, avaient des noms en a ainsi qu'il convient à des gens qui ont figuré dans le Ramayana et dans le Mahdbhdrata.  Gautier entreprit d'en raconter l'intrigue dans son feuilleton du Moniteur.  Mais il s'interrompit dès après la première colonne : « Je suis obligé de m'arrêter, déclara t-il à ses lecteurs; il n'y a plus d'à dans les casses de l'imprimerie. »

 

 

 

 

Un excellent article sur cette piècede théâtre est disponible sur Couleurs indiennes :

http://www.couleur-indienne.net/La-legende-de-Shakuntala-d-apres-Kalidasa_a282.html

 

 

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