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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 08:51

En général, comment caractériseriez-vous votre religion ?


Englobante, tolérante. On pourrait aisément citer des exemples multiples d’absence de tolérance ou d’affrontements interreligieux, mais ils n’affectent les hindous qu’à la marge.


Quand vous avez besoin de soutien moral, vers qui ou quoi vous tournez-vous ?


Le soutien moral reste évidemment dans la prière. Mais la prière est une manière d’externaliser un problème personnel pour appeler à l’aide une puissance extérieure à soi. Sous cette forme, la prière ne constitue pas une solution spécifiquement hindoue mais un appel universellement pratiqué par tous les êtres qui souffrent.


Les hindous sont davantage caractérisés par la croyance en la puissance du rite. Le rite (pûjâ) consiste en des oblations (offrandes de fleurs, de fruits, de feu, de lait, de nourriture, etc.) aux images divines (murtî), et des récitations de mantra sanscrits. Beaucoup de maîtres de maison n’ont pas les compétences pour ce faire et font appel aux spécialistes de ces questions que sont des brahmanes formés. Les rites, répétons-le, sont des occasions de contacts avec les Puissances Supérieures. Bien entendu, des pûjâ peuvent aussi avoir pour but de demander que les circonstances soient favorables pour que telle ou telle chose se produise, ou ne se produise pas.


Au-dessus du rite, et pour les gens qui en ont la formation, la pratique de la méditation reste la voie royale. La méditation yoguique est bien différente de la contemplation monastique chrétienne classique, et il est tout à fait intéressant que des moines de nos contrées s'initient à la méditation selon les méthodes du Yoga.


Comment votre religion se distingue-t-elle des autres religions ?


Revoir ce qui précède, il y a suffisamment d’éléments pour voir en quoi c’est différent.


Quelles sont les cérémonies qui font partie de votre tradition, par exemple, la naissance, le mariage, la mort ...?


Les cérémonies sont très nombreuses et toutes les étapes de la vie sont jalonnées par des rituels plus ou moins complexes dont l’exécution est confiée à des prêtres brahmanes.


Même avant que l’on ait coupé le cordon ombilical, le père de l’enfant, tout en récitant les formules appropriées (ou en se faisant aider d’un brahmane qui les connaît) pour la santé et la prospérité du bébé, touche les lèvres, les oreilles et les épaules de celui-ci avec une cuillère d’or ou d’argent. Du ghee (beurre clarifié fondu) est également versé dans sa bouche. Ce rituel s’appelle
jâtakarman. Le namakarana est une autre cérémonie, une douzaine de jours après la naissance, au cours de laquelle on donne son nom à l'enfant. Puis viendront l’annaprashana ou cérémonie du sevrage, le chudakaranam, entre le troisième et le cinquième anniversaire, lorsque l'on coupe les cheveux de l'enfant pour la première fois, ne lui laissant qu'une touffe de cheveux sur le haut du crâne, l'upanâyâna, rite très important, après quelques années de prise en charge de l'enfant par un maître spirituel (guru) pour lui inculquer les éléments d'éducation sacrée (essentiellement les rituels dont il aura besoin comme adulte). C'est alors que l'enfant reçoit le cordon sacré (yajñopavita) qui marque sa deuxième naissance. L'âge de l'upanâyâna dépend de la caste, etc.


Si de nouveaux membres veulent se joindre, avez-vous une cérémonie d’installation ?


Non seulement les hindous ne font pas de prosélytisme, mais en principe la conversion à l’hindouisme d’un étranger est proscrite. On naît hindou, de plein droit, on ne le devient pas. Cette règle ancienne a un peu évolué depuis quelques décennies grâce à quelques guru (maîtres spirituels) pour répondre à des demandes de disciples occidentaux.


Après la mort d’une personne, acceptez-vous la crémation ?


La crémation est le seul mode de cérémonie après la mort de quelqu’un. L’idéal est une crémation sur les bords du Gange, à Varanasi. C’est le fils aîné qui doit procéder à l’allumage du bûcher funéraire. Diverses essences de bois sont employées, en partie le santal lorsqu’on en a les moyens (ce bois précieux et rare coûte très cher). Cependant, lorsqu’il s’agit de Yogi avancés, l’inhumation peut être pratiquée.


Dans les cours d’enseignement religieux, qu’apprennent les enfants ?


Essentiellement, ils lisent (ou on leur conte depuis le plus jeune âge) les grandes épopées du Râmayana et du Mahâbhârata. Dès qu’ils comprennent un peu mieux, ils peuvent étudier les enseignements spirituels de la Bhagavad-Gîtâ (Le Chant du Bienheureux Seigneur), l’un des Livres du Mahâbharata, que d’aucuns ont bien voulu considérer comme la Bible des hindous…


Quels sont les symboles affichés dans vos lieux religieux, comme dans les églises ?


La partie la plus sacrée d’un temple (la garbha-griha, ou “ maison-matrice ”) est le lieu ou réside la Divinité, le Lingam s’il s’agit de Shiva, une statue de Vishnu si c’est un temple consacré à Vishnu, etc. Personne, normalement, ne pénètre dans le sanctuaire, sauf les prêtres en charge des rituels. Dans les autres parties du temple, à l’intérieur comme à l’extérieur, les images divines et de nombreux personnages divins secondaires sont profusément représentés en statues de pierre. Les peintures murales sont plus rares mais connues dans certains temples.


Est-ce que vous vous efforcez de convertir les gens, et si oui, comment ?


Non, pas du tout, quelle horreur, on voit ce que ça donne dans le monde…

A SUIVRE

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