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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 10:25

 

Le Sultan de Mysore, Tippo-Saheb, allié de Napoléon

 

Bonaparte s'occupait donc d'une ex200px-Tipu_Sultan_BL.jpgpédition dans l'Hindoustan après la conquête de l'Egypte, et même il avait déjà  choisi son allié : le Sultan de Mysore, le fils d'Haïder-Ali, le fameux Tippoo-Saheb. Tippoo-Saheb nourrissait contre les Anglais une de ces haines vigoureuses qui font les grands peuples et les grands généraux. Quelques aventuriers français que les hasards d'une carrière accidentée avaient conduits à la cour de Mysore lui enseignèrent les règles de l'art militaire. Sa conduite et ses succès pendant les guerres entreprises par son père prouvèrent qu'il avait profité des leçons de ses maîtres. A peine monté sur le trône, il résolut de reprendre contre les envahisseurs de l'Hindoustan la campagne d'extermination à laquelle il songeait depuis de longues années. Ceux de nos compatriotes qu'il avait accueillis dans son intimité l'encouragèrent dans ses projets de revendication nationale. En quelques mois ils réussirent à lui donner une armée de 150 000 hommes, dont un tiers seulement d'irréguliers, de 2 000 canons, 700 éléphants et 6 000 chameaux. Ce sont eux qui entassèrent dans ses arsenaux des armes, des munitions et des approvisionnements de tout genre ; eux qui fortifièrent à l'européenne Seringapatam, sa capitale, et en firent une redoutable forteresse ; eux encore qui le décidèrent à prendre les devants et à solliciter l'alliance française.

De Louis XVI à Napoléon

 

m503706_98ce5797_p.jpgDés 1787, Louis XVI régnait encore, le Sultan nouait des contacts avec la France. Et le Sultan envoya une délégation à la rencontre de Louis XVI.

 

La sculpture représente l’ambassadeur du sultan qui rencontrea le roi le 3 août 1788 ; cette sculpture fait partie des Colections du Musée du Louvre.

 

Louis XVI reçut avec empressement les amb220px-LouisXVI-France1.jpgassadeurs Mysoriens, et leur promit monts et merveilles; mais il sortait à peine d'une guerre ruineuse et l'état intérieur du royaume commençait à l'inquiéter. Il n'osa pas s'engager à fond dans une nouvelle entreprise et pria Tippoo-Saheb d'attendre des circonstances plus favorables. Le Sultan de Mysore, malgré le peu de succès de cette ambassade, se crut assez fort pour engager seul les hostilités et envahit le territoire du rajah de Travancore, amides Anglais (avril 1790). Lord Cornwallis, gouverneur général, dirige aussitôt contre le Mysore quatre corps d'armée. Tippoo- Saheb laisse les Anglais s'avancer, puis, après avoir concentré ses troupes, il surprend une des quatre colonnes ennemies, l'écrase et va porter la guerre au coeur même des possessions anglaises. Plusieurs villes tombent entre ses mains.
Plusieurs détachements sont exterminés. Madras lui-même est menacé. Il arrive à Pondichéry et entre en conférence avec le gouverneur français, qu'il prie de se joindre à lui. Les circonstances étaient certes favorables, mais le gouverneur n'avait pas reçu d'instructions. Il craignit de se compromettre. Il déclara donc au sultan qu'il lui fournirait tous les secours que comportait la neutralité, mais que, pour une alliance offensive et défensive, il en référerait tout de suite à son gouvernement.

 

Les victoires de Tippoo-Saheb et la possibilité d'une déclaration de guerre française avaient alarmé les Anglais. Lord Cornwallis jugea nécessaire de prendre en personne la direction des opérations. Adoptant une tactique différente, il réunit ses troupes au lieu de les disséminer, envahit le Mysore et marcha droit sur la capitale à travers mille obstacles, dont le principal était celui de subsister dans une contrée abandonnée et ravagée par les indigènes. Ils finirent par réussir à enfermer Je sultan dans sa capitale. Tout était près pour une action décisive, lorsque Tippoo-Saheb, qui sentait son trône chanceler, demanda la paix. Par la convention du 16 mars 1792, il remit aux Anglais la moitié de son territoire, leur paya une indemnité de guerre de soixante-seize millions, et leur livra ses deux fils en otage.

 

Ces revers exaspérèrent sa haine. Dès lors il ne songea plus qu'à susciter partout des ennemis à l'Angleterre. Les circonstances le servirent. La Révolution venait d'éclater en France et Louis XVI était monté sur l'échafaud. Sous prétexte de venger la majesté royale, mais en réalité pour prendre une revanche des humiliations subies dans la guerre d'indépendance des États-Unis, le ministre dirigeant la politique anglaise, Pitt, fit entrer son pays dans la coalition formée contre la France, et donna l'ordre de se saisir tout de suite des colonies françaises comme d'un gage pour la paix future. Pondichéry, Chandernagor, tous les débris de notre ancien empire tombèrent successivement aux mains des Anglais ; mais un grand nombre de Français purent s'échapper à temps et demander asile aux princes indiens. C'est à la cour de Tippoo-Saheb qu'ils furent le mieux reçus. Un ancien horloger, sachant à peine écrire, mais doué de quelques talents naturels, devint le conseil et le secrétaire du Sultan. Bon nombre d'officiers et de soldats furent appelés par lui et s'efforcèrent d'initier les Mysoriens à la tactique et à la discipline de l'Europe. Plusieurs aventuriers offrirent leurs services au sultan, mais celui-ci rêvait d’un véritable protecteur conquérant. C'était le général qui remplissait alors tout l'Orient du bruit de ses victoires : c'était celui que les  Égyptiens avaient surnommé le Grand Sultan; c'était Bonaparte en personne.

 

Les préparatifs de l’expédition vers l’Hindoustan

 

Bonaparte connaissait de réputation le Sultan de Mysore et désirait se mettre en relations avec lui. Apprenant qu'un certain Piveron, ancien agent français à Seringapatam, se trouvait en France, il écrivit aussitôt au Directoire pour l'avoir à sa disposition. « On le ferait passer aux Indes, disait- il, pour renouveler nos intelligences dans ce pays. » Quelques mois plus tard, déjà arrivé en Égypte, on lui apprend que le général Bon, commandant à Suez, a vu un Indien, sujet du Sultan de Mysore. Bonaparte écrit aussitôt au général pour lui dire qu'il a lu son rapport avec le plus vif intérêt, et, croyant avec sa promptitude d'imagination que tous ses projets vont se réaliser, et que bientôt il partira pour l'Hindoustan: « Il serait nécessaire, ajoute-t-il, que vous fissiez sonder la rade pour savoir si des frégates de l'île de France que j'attends pourraient, étant arrivées à Suez, s'approcher de la côte jusqu'à deux cents toises, de manière à être protégées par des batteries de côte. » Ces frégates étaient destinées à convoyer les navires qui transporteraient en Hindoustan la future armée conquérante.

 

Dans la pensée de Bonaparte, cette expédition devait être tentée dans un aveninapoleon-bonaparte_1.jpgr très rapproché. Il s'était ouvert de son projet au Directoire. Il avait même songé au général Bernadotte pour le charger d'une mission préparatoire auprès de Tippoo-Saheb, et ce dernier avait accepté avec empressement. « Si mes désirs à cet égard n'ont pas leur effet, écrivait-il à son ami le général Ernouf, je serai forcé d'attendre jusqu'à ce qu'il plaise au Directoire de m'envoyer sur la côte Malabar pour négocier avec Tippoo-Saheb les établissements, anglais tant sur cette côte qu'au Coromandel et au Bengale. »

 

Bonaparte se préoccupait même déjà des voies et moyens, et entrait en relations avec les puissances intermédiaires. La péninsule arabique, la seule contrée de l'Asie antérieure dont Alexandre, son modèle, n'eut pas pris possession, excitait non pas précisément ses convoitises, mais son intérêt. Il aurait voulu sinon la soumettre, au moins rattacher à sa fortune les divers souverains qui la possédaient. Deux d'entre eux surtout étaient alors connus des Européens, le shériff de la Mecque et l'iman de Mascate. Bonaparte les mit au courant de ses projets, et essaya, par ses prévenances, de se concilier leur amitié. Le 17 février 1799 il écrivait au shérif de la Mecque la lettre suivante : « Il n'y a plus un seul Mameluck oppresseur en Egypte, et les habitants, désormais sans craintes et sans alarmes, reprennent le cours ordinaire de leurs voyages, de leurs travaux champêtres et de leur commerce. Par la bénédiction de Dieu, cette paix se consolidera de plus en plus, et les droits établis sur les marchandises ou les autres taxes seront supprimés. Les droits imposés sur le commerce des marchandises sont aujourd'hui ce qu'ils étaient sous les Mamelucks; les marchands reçoivent toute sorte d'assistance et la route du Caire à Suez est ouverte et sûre. »

 

Le 25 janvier de la même année, Bonaparte avait adressé à l'iman de Mascate, dont la domination s'étendait alors non seulement en Arabie, mais encore sur les côtes africaines jusqu'à Zanzibar, une lettre conçue à peu près dans les mêmes termes : « Je vous écris cette lettre pour vous faire connaître ce que vous avez déjà appris sans doute, l'arrivée de l'armée française en Egypte. Comme vous avez été de tout temps notre ami, vous devez être convaincu du désir que j'ai de protéger tous les bâtiments de votre nation; et vous les engagerez à venir à Suez ils trouveront protection pour leur commerce. » On ne sait si ces lettres parvinrent à leur destinataire.

 

 

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Published by Olivia et Geoffroy - dans Histoire
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