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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 10:27

Nous sommes sous une paillotte qui fait office de restaurant de plage à Goa. Bien sûr, il fait beau et chaud. Avant de s’asseoir à cette table de restaurant nous rêvons déjà d’une salade César. Par ce temps que prendre d’autre ?

Il n’y pas grand monde en cette heure tardive.

Rien de spécial sur le déroulement de ce déjeuner. Rien sauf nos amis les corbeaux. Oui car les corbeaux ne sont pas qu’à Bombay. Ils voyagent, eux aussi, nous pourchassant jusque sur la côte de Malabar.

Sacrés corbeaux, ces animaux nuisibles et responsables d’une partie de la pollution sonore de Bombay ; voila maintenant qu’ils s’introduisent jusqu’au cœur de notre semaine de vacances.

Mais alors qu’à Bombay nous ne les voyons que furtivement, là nous avons le temps de les observer. A ce stade du récit je dois abandonner la première personne du pluriel car Olivia me fait savoir qu'elle se désolidarise de la suite de ce récit.

corbeau016.gifJ’observe donc ces moches corps-beaux en me demandant à quoi ils peuvent penser. Je les vois bien rôder prés des tables. L’un deux, plus hardi, se pose à grand fracas d’ailes, sur la table voisine inoccupée. Il regarde à gauche puis à droite et enfonce son bec jaunâtre dans le petit pot qui contient les sachets de sucre et hop ! en attrape un, puis sans demander son reste, décolle toujours dans le même fracas d’ailes. Mais que diable va-t-il faire de ce sachet de sucre ? Serait-il en train de prendre son café en haut d’un palmier ?

Avez-vous déjà observé ces corbeaux chasseurs qui guettent ainsi près des tables d’un restaurant. Le toit de la paillotte étant à faible hauteur, il faut les voir venir ; ils ne volent pas en ligne droite mais en suivant des courbes. Ils me font penser à cette scène du film « Pearl Harbour » où les avions japonais volent à ras de l’eau entre les navires américains. Là, nous approchons d’Hitchcock !

En cet instant, je suis en lutte avec un hamburger goanais au poulet. Lutte perdue d’avance car le goutcéphalogramme reste plat. J’ai beau essayer avec de la moutarde ou du ketchup, cet hamburger a manifestement usurpé son nom. Mais de cela le corbeau s’en moque. Encore que, qu’est-ce qu’aime manger un corbeau ? C’est la question que je me pose. Cet hamburger sans avenir est accompagné de frites. Des frites bien graisseuses certes, mais des frites quand même ! Ce corbeau mangerait-il  des frites ? J’en prends une que je lance à quelques mètres. Le volatile réapparaît aussitôt et fait un piqué sur la frite au sol ! Un vrai piqué, vif et précis. Le corbeau emporte sa proie à quelques mètres et ne fait ni une ni deux et avale la frite. Etonnant de voir la manière d’avaler d’un corbeau. Il tient la frite dans son bec, regarde à droite et à gauche, puis comme s’il se donnait un coup de tête en allongeant brusquement son col vers le haut et en ouvrant son bec dans lequel, gravité aidant, la frite se dirige vers l’étape numéro un de la digestion. Hé oui, il n’a même pas mâché la frite !

L’observation est à la Science, ce que le bon vin est à la gastronomie. Il faut donc sans cesse observer et comme l’erreur d’observation est toujours possible (là j’observe en même temps Olivia envoyant des textos sur son mobile, et dans ce cas il n’y a pas d’erreur), il faut répéter l’observation.

Je prends donc une deuxième frite et cherche un autre corbeau ; mais soyons justes, ils se ressemblent tous et comme ils ne sont pas immatriculés, difficile de savoir si le stupide volatile qui apparaît est le même. Bref, la frite attend son envol, la cible est repérée. Je catapulte donc la deuxième frite à deux mètres (je peux faire mieux mais je veux voir de près la scène qui va suivre). Le corbeau, sans autorisation de la tour de contrôle, décolle aussitôt et fait le même piqué.  Il prend la frite comme s’il l’a piquait avec son bec, redécolle et va se poser deux mètres plus loin. Et là, pas de surprise, du même geste contorsionné il engouffre la frite consentante !

Pendant ce temps-là, un jeune serveur se demande, en m’observant, si les européens font souvent ces crises d’infantilisme…

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Published by Olivia et Geoffroy - dans Vie quotidienne
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