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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 10:51

En 1991, Janet Morgan évoque pour la première fois cette histoire dans un livre : « Edwina Mountbatten, A life of Her Own ». Mais pour elle s’il est clair qu’il y a eu quelque chose entre Edwina et Nehru, il est clair qu’ils n’ont jamais eu de relations sexuelles. Cependant Janet Morgan dit qu’après son mariage, Edwina a vécu 20 années de frivolité. Janet Morgan serait la première à avoir eu accès à la volumineuse correspondance échangée entre Nehru et Edwina, jusqu’à la mort de cette dernière en 1960. Mais si l’auteur a eu accès aux lettres écrites par Nehru, elle n’a pas obtenu l’autorisation de la famille Gandhi de consulter les lettres écrites par Edwina à Nehru.

 

 Philippe Ziegler, le biographe officiel des Mountbatten est plus nuancé en disant que s’il y a eu une relation sexuelle entre Nehru et Edwina, celle-ci fut d’importance mineure. L’actuel biographe de Nehru, Stanley Wolpert pense de son coté que non seulement ils furent amants mais que Nehru avait envisagé de démissionner, après l’Indépendance de l’Inde, de son poste de premier ministre pour aller vivre avec Edwina en Grande-Bretagne.

 

En 1993, Catherine Clément évoque cette histoire dans son livre « Pour l’Amour de l’Inde ». L'attirance puis l'amour fusionnel entre Edwina et Nehru y est décrit avec émotion et pudeur.  Catherine Clément est interviewée en 2006 et parle d’une conversation qu’elle eut avec François Mitterrand à propos de ce livre :

 

«Je fus donc infiniment surprise quand un jour, il bondit sur moi comme un éclair - je ne vois pas d’autres mots pour qualifier ce mouvement rapide - et me parla de mon dernier roman. C’était un livre intitulé « Pour l’amour de l’Inde », où je romançais, mais à peine, les douze ans d’amour fou entre Jawaharlal Nehru, Premier ministre de l’Inde libre, et lady Edwina Mountbatten, dernière vice-reine des Indes. Leur amour était né en 1947 à Delhi, à l’automne, pendant les massacres de la Partition ».

mitterand 450 288 100 « Que me dit le Président ? - Mais je ne savais pas ! Quelle histoire insensée ! Comment l’avez-vous trouvée ? - Oh, très facilement. Quand on vit en Inde, on entend cela tous les jours. Mais si, je vous assure, tous les jours. On appelle cela en Inde la « did-they-did-theynot question », est-ce qu’ils ont, oui ou non, couché ensemble ? Voilà le grand sujet des conversations. Pour vérifier que ce n’est pas un ragot ? Il suffit de lire la biographie officielle de Winston Churchill, tout y est. Et c’est un ambassadeur qui me l’a donnée à lire, autant dire que ce n’est pas la révélation du siècle. Mais oui, c’est un roman, parce qu’il n’existe pas de meilleure intrigue que celle qui raconte l’amour entre ennemis. Lui indien, elle anglaise, à l’aube de la décolonisation. C’est Tristan et Isolde en Inde au XXe siècle. Il écoutait, ravi comme un enfant à qui on lit un conte. Ma parole suffisait - par chance, elle s’étaye sur des documents, mais si j’avais menti ? Si j’avais falsifié ? Eh bien, il m’aurait écoutée de la même façon. Il n’était pas question de la littérature, mais il s’agissait de ses pouvoirs. Il ne me parla pas de style ni d’écriture, non, ce qui l’intéressait, c’était l’histoire elle-même, l’amour entre ennemis, à ce moment précis. Évidemment, il voulut connaître la réponse à la « did-they-did-theynot question ». Je lui donnai celle du roman : oui, tant qu’ils ont pu, car ils n’étaient plus de la première jeunesse. Est-ce qu’il y a eu des témoins ? Eh bien oui, malgré tout. Ah bon ? Dans la chambre ? Pas tout à fait, mais presque. Bref, il était immensément curieux. Un vrai, un bon lecteur de roman populaire, plus attaché à l’intrigue qu’au style. J’étais enchantée de mes pouvoirs, enchantée d’avoir réussi à capter l’attention de ce lecteur particulier, qu’on disait fasciné par l’écriture, les écrivains, la mythologie de la littérature telle qu’elle existe en France, ce vaste et beau théâtre où je n’ai pas envie d’être ».  

 

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commentaires

Laurence 12/10/2010 23:24


Il me semble que l'histoire de la relation entre Nehru et Lady Mountbatten est connue depuis bien plus longtemps que le livre de Janet Morgan en 1991. A vrai dire de nombreux témoins de l'époque en
ont parlé, toutes les biographies de Nehru l'évoquent peu ou prou, et Ziegler dans sa biographie de Mountbatten cite plusieurs lettres d'Edwina M. à Nehru et réciproquement. Il cite aussi une
lettre de Lord Mountbatten à sa femme: "Je suis heureux que vous réalisiez que j'ai toujours su et compris la relation très spéciale qui existe entre vous et Jawharlal, d'autant plus facilement en
raison de mon estime et mon affection pour lui, et parce que Dieu n'a pas mis la jalousie au nombre de mes défauts". Toujours d'après Ziegler, Lord Mountbatten, à la mort de sa femme, a demandé à
ses filles de lire les lettres de Nehru à leur mère, par peur de tomber lui-même sur des détails qui indiqueraient une relation moins platonique que ce qu'il voulait croire...
Peu importe que nous en sachions ou non plus que lui. Ce qui est certain, c'est qu'il y eut une relation extraordinaire de confiance, d'amitié et surement de tendresse entre trois personnages
extraordinaires qui dans l'affaire ne perdirent jamais ni leur dignité ni leur sens de l'humour. Ils se rencontrèrent et s'écrivirent jusqu'à la mort de Lady Mountbatten en 1960. Une frégate de la
marine indienne spécialement envoyée par Nehru escortait le navire britannique d'où son cercueil fut immergé. Comme le dit Catherine Clément dans l'extrait que vous citez, on pense à Tristan et
Yseut, une sorte de roman courtois, ou de poème oriental, en plein XX° siècle.


Olivia et Geoffroy 14/10/2010 16:53



Merci de ce long commentaire. Oui des témoins en ont parlé bien sûr, mais le premier livre sur le sujet est celui de janet morgan.


Vous dites bcp de choses qui sont dans l'article en cours de parution...


à bientôt



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