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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 10:37

Un général au service de l'Empire mahratte et titulaire d'un jaghir

En 1788, Sindhia prend discrètement contact avec Benoît de Boigne. Le Mahratte a de grandes ambitions. Il souhaite unir l'Inde du nord et l'Inde du nord-ouest. À l'époque, les Rajpoutes ont des relations tendues avec les Mahrattes. Les paysans sont de plus en plus hostiles aux Mahrattes qui les écrasent d'impôts. Sindhia réussit à convaincre Benoît de Boigne de revenir à son service. Il lui demande d'organiser une brigade de douze mille hommes en un an (de janvier1789 à janvier 1790).

Le Savoyard en obtient ensuite le commandement en chef, et est nommé général :  il ne relève dès lors plus que du rajah. Pour pouvoir régler la solde de ses hommes, Sindhia propose à son nouveau général un jaghir, c'est-à-dire un fief accordé à titre viager avec pour seule contrepartie le versement d'une redevance au trésor impérial. À la mort du titulaire, le jaghir est remis à un autre officier méritant. Dans les faits, ces fiefs devenaient des biens héréditaires. Les revenus tirés du jaghir doivent permettre à l'officier de payer ses hommes. Benoît se voit attribuer le Doab, qui est une région de plaine dont la superficie est équivalente en taille à trois ou quatre départements français et qui se situe entre Delhi et Lucknow dans le nord de l'Inde. Cette plaine était recouverte de jungles et comporte plusieurs villes telles que Meerut, Koël et Aligarh. La venue et l'établissement d'une brigade sur ces terres redonne courage aux paysans locaux. Benoît de Boigne doit investir une part de ses économies dans la rénovation de ce nouveau territoire. Il construit une citadelle ainsi que des magasins ce qui favorise l'essor du commerce et de l'industrie.


Le camp militaire créé par Benoît de Boigne est très européanisé.
Pour encadrer la nouvelle brigade il engage Drugeon, un Savoyard, Sangster, un Écossais, Hessing, un Hollandais, mais également Frémont et Perron, tous deux Français, ainsi qu'un Allemand, Polhmann, et un Italien, Filoze. La langue administrative et militaire devint le français. Le drapeau de la Savoie (rouge avec une croix blanche) sert d'insigne à la nouvelle brigade.

En raison de son grade militaire élevé, Sindhia oblige Benoît de Boigne à se constituer une garde personnelle. Le Savoyard choisit cinq cents Sikhs et Persans. La brigade organisée par Benoît est constituée de neuf  bataillons d'infanterie disposant chacune de son artillerie et son train des équipages. L'artillerie de la brigade est constituée d'environ cinquante canons en bronze dont la moitié sont de gros calibre et transportés par des bœufs, les autres pièces étant transportées par des éléphants et des chameaux.

La brigade de Boigne invente également une arme composée de six tubes de mousquets joints entre eux. La brigade est soutenue par trois mille cavaliers d'élite, cinq mille serviteurs, conducteurs d'attelages, charpentiers, forgerons... En outre, Benoît de Boigne forme, nouveauté pour les Indes, un corps d'ambulance, chargé de recueillir les blessés amis comme ennemis ce qui déplaît à Sindhia. Benoît argumente que les ennemis soignés correctement et non délaissés comme c'était coutume de le faire aux Indes, accepteraient volontiers de rentrer au service de la brigade et donc de changer de camp. S'ils n'acceptent pas d'intégrer la brigade, les ennemis seraient libérés sans être tués.
Le chef mahratte finit par accepter cette innovation dans la mesure où Benoît en assume la charge financière.

Le Savoyard acquiert un éléphant de parade surnommé Bhopal. La préparation de la brigade est achevée en 1790.


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