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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 10:09

Le régiment du prince Orlov et la guerre russo-turque

 En quittant le régiment irlandais, le jeune Benoît Leborgne apprend par les gazettes que le prince Orlov lève, au nom de la tsarine Catherine II, un régiment grec pour préparer une attaque contre l'Empire ottoman. A l'époque la Russie en pleine expansion tente d'obtenir un débouché sur la mer Noire et utilise à cette fin les sentiments anti-turcs des peuples sous domination ottomane. Benoît Leborgne voit dans cette entreprise une opportunité pour assouvir ses désirs d'aventure, de conquêtes militaires et de voyages exotiques. Il fait un bref séjour à Chambéry, au cours duquel il obtient une lettre de recommandation d'une des clientes de sa mère auprès d'un cousin, connaissance intime du prince Orlov. Il se rend d'abord à Turin, qui est alors la capitale du royaume de Piémont-Sardaigne, où il obtient grâce à sa lettre un appui du cousin. Il prend ensuite la direction de la Vénétie puis effectue la traversée jusqu'en mer Égée. Il débarque à Paros, où le prince Orlov est en train de former son régiment gréco-russe. Celui-ci accepte sa candidature et l'intègre à ses effectifs.


Il constate très vite que cet engagement, résultat d'un coup de tête, est une erreur. Le prince lui a confié ses d
outes sur la future
campagne militaire et sur les chances de victoires. Ces prévisions pessimistes sont très vite confirmées. Sur l'île de Ténédos les Turcs l'emportent et la guerre russo-turque de 1768-1774 prend fin pour le jeune Chambérien : si une partie des soldats du régiment réussissent à rembarquer et à s'échapper, Benoît fait partie de ceux qui sont capturés. Emmené à Constantinople, il devient esclave et doit effectuer de basses besognes durant de nombreuses semaines. Son calvaire prend fin lorsque son propriétaire turc a recours à sa connaissance de l'anglais, acquise au sein du régiment irlandais, pour commercer avec un anglais, lord Algernon Percy. Ce dernier, surpris de voir un Européen esclave d'un Turc, fait en sorte de le faire libérer par l'intermédiaire de l'ambassade anglaise.

L'appel des Indes

Les Turcs libèrent le futur Benoît de Boigne après une semaine de négociations avec l'ambassade anglaise. Lord Algernon Percy prend alors le Savoyard comme guide dans l'archipel grec jusqu'à ce que celui-ci se rende à Paros pour se faire licencier de son régiment. Désormais, il est libre de toute contrainte mais il a pour unique ressource sa dernière solde reçue avant son licenciement. Il décide de se rendre à Smyrne, qui connaît à l'époque une période de prospérité. Le centre portuaire de la ville est en plein essor. Sur place, Benoît rencontre plusieurs marchands venus de tous horizons, en particulier des Indes. Ces derniers lui font le récit de leurs voyages. À l'époque les terres indiennes étaient créditées de fabuleuses richesses et beaucoup d'aventuriers s'y rendaient en vue d'y faire fortune. On citait notamment les nombreuses mines de diamants de Golconde, les saphirs de Ceylan. Certains de ces marchands lui exposent également leurs théories sur l'existence de voies commerciales passant par le nord des Indes. Il est question d'exploration du Haut-Cachemire ou de passage le long des glaciers du Karakoram. Enfin, les marchands expliquent au Savoyard que beaucoup de rajahs recherchent régulièrement des officiers européens afin d'y organiser et d'y commander leurs armées.


Il lui reste à trouver un moyen de transport et quelques finances pour cette entreprise. Grâce à son ami lord Percy, il possède des lettres d'accréditation auprès des lords Hastings et Mac Cartney aux Indes. Il demande également des lettres d'accréditation russes. Il fait appel au prince Orlov à
Saint-Pétersbourg qui lui obtient une audience auprès de la tsarine Catherine II. Benoît Leborgne lui explique qu'il veut découvrir de nouvelles voies d'accès aux Indes en passant par l'Afghanistan ou le Cachemire. La tsarine désireuse d'étendre son influence jusqu'aux terres afghanes apporte son soutien à ce projet. En cette fin de d'année 1777, Benoît entame un voyage fertile en péripéties. Après avoir tenté de passer par la voie terrestre il renonce et décide de rejoindre sa destination par la voie maritime. Durant son trajet vers l'Égypte, ses affaires, dont les précieuses lettres d'accréditation, sont emportées par la mer au cours d'une tempête. Ne pouvant revenir en arrière, il se résout à se rendre au consulat d'Angleterre où il parvient à rencontrer sir Baldwin. Après de nombreuses discussions, on lui conseille de prendre du service à la Compagnie anglaise des Indes orientales, et on lui remet une lettre de recommandation à cet effet.


Ce voyage de Smyrne aux Indes sera une véritable aventure. Benoît se rend d’abord à Constantinople, puis à Alep où il rejoint une caravane en partance pour Bassora. Mais les perses et les turcs sont en guerre et le voyage est dangereux. Arrivée à Bagdad la caravane est obligée de repartir pour Smyrne. Ne pouvant arriver en Inde par la Perse, il décide alors de passer par l’Egypte et se rend à Alexandrie. Mais là son navire fait naufrage sur le Nil et il se trouve à la merci des Arabes ; ceux-ci vont cependant l’aider à gagner le Caire et là, grâce à la bienveillance du consul britannique, il s’embarque à Suez pour arriver début 1778 à Madras (Chennai aujourd’hui) ville détenue par les anglais.

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