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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 14:47

Le soir, Nehru et sa fille reçoivent des hommes politiques ou des visiteurs, mais aussi des universitaires ou des artistes. André Malraux croit voir le " philosophe-roi " de Platon. L’économiste John Kenneth Galbraith, historien de la crise de 1929, dont John Kennedy a fait son ambassadeur en Inde, vient prendre le thé chaque semaine pour discuter du " décollage économique " et du " néocapitalisme ". Pour la petite histoire, c’est J K Galbraith qui est l’auteur de la célèbre formule : « L’Inde, une anarchie qui fonctionne  ».

 

Quand il effectue une visite officielle à l’étranger, Nehru emmène sa fille, qui devient ainsi, de facto, la " première dame de l’Inde ". Et qui apprend l’art de négocier d’Etat à Etat. Indira mène en outre sa propre carrière politique. Elue députée en 1955, elle accède en 1959 aux fonctions qui furent celles de son grand-père et son père : présidente du parti du Congrès. Mais le premier ministre se refuse à la faire entrer au gouvernement : " Pas tant que je serai au pouvoir ", affirme-t-il.

 

Maître de l’Inde, Nehru met en pratique les idéaux de sa jeunesse : la non-violence du mahatma  (New-Delhi prend la tête des pays dits " non-alignés "), le réformisme prudent mais bureaucratique prôné par la gauche britannique. Cette idylle se brise en 1962 sur la " guerre de l’Himalaya " : la Chine occupe une partie du Cachemire indien, à plus de 4000 mètres d’altitude. Nehru est atterré à la fois par la " trahison " de Mao, qu’il avait toujours traité en ami, et par l’impossibilité de riposter dans cette région. Il en meurt deux ans plus tard.

 

Un vieux politicien, Lal Bahdur Shastri, prend la tête du gouvernement . Simple transition : quand il meurt à son tour en 1966, Indira lui succède. Elle reste au pouvoir jusqu’en 1977 : nouvelle politique étrangère, plus nationaliste (une guerre-éclair, en 1971, assure l’indépendance du Pakistan-Est) ; nouvelle politique sociale et économique,  axée désormais sur le développement plutôt que la protection des pauvres ;  et nouveau style de gouvernement, plus flamboyant que celui de Nehru, plus " charismatique ", plus autoritaire, qui tourne presque à la dictature en 1975, avec l’instauration de l’ " état d’urgence ". Le Congrès regimbant devant cette évolution, Indira n’hésite pas à lui substituer son propre parti, le Congrès-Indira (ou " Congrès I "). Mais des élections libres ont tout de même lieu en 1977 : et elles se soldent par une déroute. Indira n’est même pas réélue dans sa propre circonscription.

 

Indira Gandhi

 

Indira Priyadarshini Nehru est la fille unique Jawaharlal Nehru, premier Premier ministre de l'Inde, issu d'une famille de brahmanes hindous originaires du Cachemire. Les fréquentes visites de personnages très en vue — et notamment le Mahatma Gandhi dont elle est la préférée —, la personnalité de son père, de son grand-père et de sa mère Kamala vont marquer sa jeunesse et faire bientôt germer en elle la conviction que la famille Nehru est appelée à gouverner l’Inde. Elle suit une partie de sa scolarité en Suisse, où sa mère, malade des poumons, séjourne en 1926-1927. Ensuite, elle fait des études d’histoire à l’université de Visvabharati, au Somerville College d’Oxford et, en 1941-1942, aux universités de Tagore et de Santiniketan (Allahabad)

Entre une mère malade (décédée à Badenweiler en 1936) et un père emprisonné, Indira Gandhi connaît la dure vie des combattants indiens pour la liberté. Elle a 13 ans lorsque Nehru lui écrit de prison des lettres qui plus tard feront l’objet d’un recueil et seront publiées (« Lettres à Indira »).

 

Dans les années 1930, elle fonde une association pour enfants, Vanar Sena, et travaille au sein d’organisations étudiantes. Incarcérée à plusieurs reprises, elle adhère au parti du Congrès en 1937 et devient le bras droit de son père. En 1942, elle épouse un ami de jeunesse, Feroze Gandhi. De cette union, dissoute en 1947, naîtront trois fils : Rajiv, Ratan et Sanjay. Elle gardera le nom de son mari, Gandhi (qui est un nom de famille courant en Inde).


En 1947 l'Inde obtient son indépendance, Indira jouera alors le rôle d'hôtesse aux cotés de son père. En 1955 elle sera élu membre du comité exécutif du parti du congrès et devient alors une personnalité politique nationale.

 

En 1955, Indira Gandhi est élue à la tête du parti du Congrès, dont elle ne peut pour autant pas faire cesser les divisions et les rivalités entre divers courants. En 1962 pendant le conflit frontalier entre la Chine et l'Inde, elle coordonne les activités de défense civile. A la mort de Nehru en 1964, elle occupe un fauteuil ministériel dans le cabinet de Lal Bahadur Shastri. Quand celui-ci meurt à son tour en 1966, elle est élue présidente du parti du Congrès et accède du même coup au poste de Premier ministre. L'année d'après elle est élue pour un mandat de 5 ans par les membres du parlement.

 

Dans ses nouvelles fonctions, elle doit s’attaquer à de redoutables problèmes, qui d’ailleurs persistent encore aujourd’hui : explosion démographique, lutte pied à pied contre la misère et un système éducatif défaillant, lourdeur de la bureaucratie indienne, déficit des entreprises publiques et stagnation économique.

 

A cela s’ajoutent, dans les années 1960, les luttes d’influence à la tête du parti du Congrès. En 1969, Indira Gandhi évince son rival Desai du cabinet et nationalise les grandes banques. Dans la lutte qui l’oppose à la direction du parti du Congrès, elle est soutenue par le groupe majoritaire, et le parti va éclater.

 

La guerre qui se déclare en décembre 1971 entre l’Inde et le Pakistan débouche sur une victoire rapide des troupes indiennes et sur la création en conséquence de l’État du Bangladesh.

 

Figure charismatique, Indira Gandhi entretient la ferveur des masses populaires autour de sa personne pour mieux assurer son autorité et sa légitimité, ce pour quoi elle se voit parfois taxer de populiste. Elle confirme ainsi son orientation progressiste en abolissant en 1970 les privilèges dont bénéficiaient encore les maharadjahs et autres princes.

En mars 1972, son parti remporte la majorité absolue dans les Parlements de presque tous les États. Par la suite, Indira Gandhi doit faire face à une opposition renforcée par l’absence d’avancées sociales véritables, par la précarité de la situation économique et par la corruption qui s’étend. En mai 1974, le pays est paralysé par une grève générale des cheminots. Ces difficultés de politique intérieure ne seront que passagèrement éclipsées par la réussite d’un essai nucléaire souterrain en mai 1974.

 

En juin 1975, un tribunal d’Allahabad accuse Indira Gandhi de corruption lors des votes à la Chambre basse. Le 25 juin 1975, elle met un terme à cette crise politique en décrétant l’état d’urgence et en faisant arrêter ses adversaires politiques, au premier chef desquels Desai, Narain et le socialiste Fernandes.

 

 

En tentant de tailler une Constitution à sa mesure, en protégeant manifestement son fils Sanjay, qui commence à se faire un nom en politique, et en couvrant les activités économiques de celui-ci, Indira Gandhi provoque la résistance d’une opposition jusqu’alors réduite à l’impuissance, ainsi que de son propre parti.

 

Confrontée à des attaques toujours plus virulentes mettant en doute la légitimation de sa politique, Indira Gandhi dissout le Parlement le 19 janvier 1977 et convoque de nouvelles élections. Le parti du Congrès subit un revers électoral aussi sévère qu’inattendu, et Desai, le rival d’Indira Gandhi, forme le nouveau gouvernement.

A SUIVRE

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Published by Olivia et Geoffroy - dans Histoire
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