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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 13:49

 


Principaux thèmes de la vie politique

 

Economie


Nehru avait opté pour des choix économiques socialistes, dans le cadre d'une économie de marché. Les années 1950 à 1970 virent le développement de l'industrie lourde et des réformes agraires, la révolution verte permettant une autosuffisance alimentaire. À partir des années 1980, l'Inde connut des difficultés économiques, avec un déficit commercial important et de faibles réserves en devises. Une lourde bureaucratie et le régime de la Licence raj (un système dirigiste de régulations et d'autorisations, propice à des pratiques de corruption) étaient considérés comme de sérieux freins au développement économique. La fiscalité, en revanche, a toujours été faiblement développée ou fréquemment ignorée par les contribuables.

Le démantèlement de ce système commença au début des années 1990. Rajiv Gandhi, dans les années 1980, avait déjà initié de timides avancées vers l'ouverture au marché international. Mais les premières réformes significatives furent entreprises par le gouvernement de P. V. Narasimha Rao (parti du Congrès), à partir de 1991. Leur principal architecte fut le ministre des finances, l'économiste Manmohan Singh (actuel Premier ministre). Les principales mesures concernent la baisse des tarifs douaniers, l'ouverture aux investissements étrangers et la privatisation d'une large partie des entreprises publiques. Bien qu'ayant fait campagne sur la défense de l'autarcie économique du pays (swadeshi), le BJP a accentué ces réformes une fois au pouvoir, entre 1998 et 2004.

L'économie indienne partiellement libéralisée a bénéficié de taux de croissance élevés (jusqu'à plus de 8%). Pouvant compter sur une main d'œuvre bon marché et un niveau de formation universitaire très performant (notamment dans les sciences), l'Inde s'est spécialisé dans les technologies de pointes (informatique, chimie, pharmacie) et le marché international des services (télématique). La ville de Bangalore, dans le Karnataka, est considérée comme la Silicon Valley indienne. Les investissements de la diaspora indienne contribuent beaucoup au développement économique. Cependant, il est toujours limité par la bureaucratie, le clientélisme et la faiblesse des infrastructures.

Politiquement, si la croissance a pu profiter au secteur marchand et aux classes moyennes émergeantes (entre 100 et 300 millions d'individus), elle a aussi provoqué le mécontentement de ceux qui n'en ont pas profité, en particulier dans les campagnes et parmi les castes les moins élevées. L'apparition de produits et de modes de consommation occidentaux a rebuté les nationalistes. Et la majorité de la population restée pauvre ne perçoit pas l'éventualité d'un partage des fruits de la croissance.

L'ouverture économique a parfois eu des répercussions néfastes (pollution par une usine Coca-Cola dans le Kérala, expropriations pour la construction d'une centrale électrique par Enron dans le Maharashtra, paysans endettés par l'achat de semences OGM Monsanto peu performantes dans l'Andhra Pradesh).

Castes et quotas


Officiellement, les castes n'existent pas en Inde, mais en réalité, elles sont un des éléments déterminant de la politique indienne. Les castes continuent d'être le cadre de relations clientélistes et d'interdits traditionnels liés, entre autres, au métier (les tâches les plus dégradantes sont dévolues aux intouchables) ou au mariage. Pour traiter le problème de l'intégration sociale et politique des basses castes, l'administration indienne a inventé les termes de Other backward classes ou OBC ("autres classes arriérées [dans un sens social et éducatif]" pour les basses castes), Scheduled castes ("castes répertoriées" pour les intouchables) et Scheduled tribes ("tribus répertoriées" pour les tribus aborigènes, hors castes).

Dans les années qui ont suivi l'indépendance, les basses castes et les intouchables (ou Dalits) faisaient partie de la clientèle du parti du Congrès, attaché en principe à la défense des plus pauvres. Bhimrao Ramji Ambedkar, le rédacteur de la constitution indienne, était lui-même un intouchable. Il représente aujourd'hui un symbole fort pour ceux qui souhaitent sortir du système des castes, et nombre de Dalits se sont comme lui convertis au bouddhisme dans ce but.

Pour améliorer la condition des basses castes et des intouchables, des systèmes de quotas ont été mis en place dans l'administration et les universités (jusqu'à près de 50% des postes). Si des mesures dans ce sens avaient été déjà prises auparavant (avant même l'indépendance pour les intouchables), ce fut à partir de 1990 que le système des quotas prit son essor, lorsque le gouvernement réserva  27% des emplois de la fonction publique aux membres des OBC (représentant 52% de la population). Ces dispositions provoquèrent de violentes manifestations de la part des membres de castes élevées, et alimenta l'ascension des nationalistes hindous, en particulier dans le Nord du pays.

Dans les années 1990, plusieurs partis ont prospéré en représentant les intérêts de castes. En dehors des nationalistes hindous (BJP, Shiv Sena), supports traditionnels des hautes castes, des partis de basses castes ont conquis des bastions électoraux dans la vallée du Gange. Les plus importants sont le Samajwadi Party (36 sièges à la Lok Sabha), le Bahujan Samaj Party (parti des intouchables, forte implantation en Uttar Pradesh, 19 sièges à la Lok Sabha) et le Rashtriya Janata Dal (24 sièges à la Lok Sabha).

Actuellement, les revendications des basses castes font évoluer lentement mais sûrement les aspects les plus archaïques de la société indienne, plus apte désormais à assimiler de tels changements. La politisation d'un tel enjeu constitue une caractéristique originale et primordiale de la démocratie en Inde. Toutefois, parallèlement aux carrières exemplaires (comme celle de K.R. Narayan, intouchable, Président de 1997 à 2002, ou de H.D. Deve Godwa, issu d'une basse caste, Premier ministre en 1996-1997), l'actualité indienne est régulièrement marquée par des cas de ségrégation inter-castes dans les zones rurales, marquées parfois (dans les cas où les basses castes transgressent des interdits) par des viols collectifs, des mutilations à l'acide ou des meurtres. De tels actes, qui concernent surtout le Nord de l'Inde, suscitent généralement des campagnes d'indignation dans la presse indienne.

Les difficultés des basses castes, étant aussi bien sociales qu'économiques (propriété terrienne), ont donné naissance à des mouvements de guérilla d'inspiration maoïste à la fin des années 1960, les Naxalites, orientés contre les autorités gouvernementales et les grands propriétaires, principalement dans les États du Bengale occidental, du Bihar, de l'Orissa et de l'Andhra Pradesh.

 

Le Cachemire

Le problème de Cachemire est certainement le plus grave et le plus présent, dans ce registre, dans la politique nationale. Il est directement lié à l'identité nationale, puisqu'il est né de la Partition de l'Inde, et est également une question de politique étrangère, avec le Pakistan.

Les troubles communautaires

Les tensions entre communautés hindou et musulmane sont récurrentes en Inde, surtout dans le nord et l'ouest du pays. Ces tensions, qui peuvent prendre l'ampleur d'immenses émeutes et pogroms sont alimentées par l'antagonisme entre l'Inde et le Pakistan et les calculs politiciens, voire des pratiques mafieuses.

Le développement rural

En l'an 2000, près des trois-quarts de la population indienne est encore rurale. Néanmoins, l'importance des villes s'accroit conformément à un exode rural de masse qui grossit les rangs des sans-abris et des habitants des bidonvilles, et transfère dans d'immenses mégalopoles des comportements socio-culturels issus des campagnes.
Les espaces ruraux demeurent l'élément le plus pauvre de la nation indienne. La révolution verte, mise en place dans les années 1960-1970, a cependant contribué à l'autosuffisance alimentaire du pays et à l'éradiction des famines. Toutefois, le bénéfice de cette politique a été inégal suivant les régions. Le Punjab, où ont été particulièrement développées les techniques agronome de pointe et qui est un véritable grenier à blé pour l'Inde, en a été le principal bénéficiaire. En revanche, dans certaines régions, comme le Maharashtra ou l'Andhra Pradesh, les paysans sont fréquemment criblés de dettes et sont la proie des usuriers. On assiste dans ces régions du centre, par ailleurs fréquemment victimes de dures sécheresses, à de véritables « épidémies de suicides » dans les communautés de paysans.

Le statut des femmes

L'ensemble du sous-continent indien est un cas particulier dans le monde, de l'accession des femmes au pouvoir, puisque dans ses quatre principaux pays (Inde, Pakistan, Bangladesh, Sri Lanka), des femmes ont accédé à la fonction de Premier ministre. Dans le cas de l'Inde, ce fut Indira Gandhi (1966-1977 et 1980-1984), souvent qualifiée, à l'instar de Margaret Thatcher de "dame de fer". Quant à Sonia Gandhi, présidente du parti du Congrès depuis 1998, les pressions de l'opposition, qui l'ont incitée à ne pas accepter d'être Premier ministre en 2004, visaient davantage son origine italienne que son statut de femme. Toutefois, il convient de relativiser : si ces femmes ont atteint ces hautes fonctions, c'est essentiellement grâce à leurs liens familiaux, Indira et Sonia Gandhi étant la fille et la veuve de précédents Premier ministres.
Lors des conflits entre castes, les femmes sont souvent les premières à être victimes des punitions infligées par des membres de castes supérieures à des membres de castes inférieures. Les viols collectifs liés à des transgressions d'interdits sont ainsi encore pratiqués dans quelques régions rurales du nord de l'Inde.

Dans ces mêmes régions (Rajasthan et Uttar Pradesh notamment), les jeunes filles sont parfois mariées très tôt, dès l'enfance. La presse locale relate des cas excessifs de jeunes mariés d'à peine quelques mois. La quasi totalité des mariages, en Inde, sont des mariages arrangés entre les familles. Le traditionnel système de dot (don octroyé à la famille du marié par la famille de la mariée) perdure, surtout dans le nord, et conduit souvent à des drames. Par exemple, il arrive que la famille du marié (au sein de laquelle vivent les jeunes couples) martyrise la mariée, si elle estime que le montant de la dot est insuffisant. Des cas d'infanticides de petites filles sont recensés, car il est plus avantageux, avec ce système, surtout chez les familles pauvres, d'avoir des garçons. Dans certaines familles qui ont davantage de moyens, on a parfois recours à l'échographie pour connaître le sexe du futur enfant et pratiquer éventuellement un avortement. Conséquence de ce rejet des filles, tous les États indiens (sauf le Kérala, qui a une tradition de matriarcat) ont une population masculine nettement plus nombreuse que leur population féminine.


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commentaires

alain BARRE 24/04/2009 17:10

Oui, votre blog me plaît et je sais qu'il intéressera des lecteurs du mien. Je le mets en lien et j'en ferai une petite présentation.
Cela aurait été un plaisir de vous rencontrer en Inde...Pour cette année, visite de la Chine du nord (en septembre), mais je ne désespère pas de revenir en Inde !
cordialement
alainB
cordialement

Olivia et Geoffroy 24/04/2009 17:47


Merci à vous ! Si vous revenez en Inde nous vous accueillerons avec plaisir ! Bien cordialement.


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