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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 13:38

L’observatoire de Jaipur est une merveille ! Très bien conservé cet observatoire, qui comprend le plus grand cadran solaire du monde, montre à quel point les sciences étaient développées dans l’Inde du XVIII° siècle. Bien entendu, en Inde plus qu’ailleurs, l’astronomie est utilisée pour perfectionner l’astrologie. Mais ce qui surprend aussi c’est que les Maharadjah de Jaipur étaient des hommes qui ont marqué leur époque dans des domaines aussi variés que les sciences, les arts ou le sport.


Jai Singh II, maharadjah de Jaipur (Radjasthan) de 1699 à 1743, a développé jusqu’au paroxysme ce souci de laisser une trace dans l’histoire puisqu’il édifia en quatre ans, ex nihilo, sa capitale - Jaipur, justement - au coeur de sa principauté. Des avenues de 34 mètres de large, aucune venelle de moins de 4 mètres, on était plus près du Paris du baron Haussmann que des chaotiques entrelacs de Calcutta ! Et comme Jai Singh II n’était pas un autocrate ordinaire mais aussi un scientifique éclairé, il fit construire tout près de son palais un site astronomique qui reste le plus vaste et le plus impressionnant que le monde ait connu : le Yantra Mandir, ou Jantar Mantar selon les transcriptions.


Le ciel a toujours passionné l’humanité. On comprenait bien que la course du soleil de l’aube au crépuscule, les phases de la lune et « cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille) avaient quelque chose à voir avec le temps qui va et qui revient. Quelque chose de grand, de puissant, de mystérieux et de surhumain où l’on pouvait lire non seulement l’heure et la saison mais aussi la manifestation d’une volonté supérieure. Raison pour laquelle, de Nabuchodonosor jusqu’à Jai Singh II, on pratiquait l’astronomie pour perfectionner l’astrologie : établir des thèmes astraux, prévoir les moments propices aux grandes décisions, rester sous la couette les jours néfastes…


Jantar Mantar riche de dix-sept instruments


Jai Singh II a ainsi voulu faire les choses en grand. Entre 1724 et 1727, il a fait construire cinq observatoires astronomiques, à Delhi, Jaipur, Ujjain, Varanasi et Mathura. A part ce dernier, ils existent encore tous, mais Jantar Mantar est le plus spectaculaire. Il comprend en particulier le Brihat Samrat Yantra, le plus grand cadran solaire du monde, dont le gnomon s’élève à 24 mètres et qui mesure l’heure solaire apparente. Il mesure l’heure la nuit aussi, mais au prix d’un certain nombre de connaissances du mouvement des étoiles, sachant que celles-ci accomplissent en apparence une révolution complète autour de la Terre en un jour sidéral, soit en 23 h 56 min et 4,09 s, ce qui permet de déterminer l’angle d’une étoile par rapport au méridien. Aux équinoxes, le Samrat Yantra indique l’heure avec une précision d’une demi-seconde. Sinon, les subdivisions du cadran assurent une lecture précise à deux secondes près ! De nos jours, on n’a que difficilement égalé un tel instrument de mesure céleste.


Au total, le Jantar Mantar de Jaipur comprend dix-sept instruments. Parmi ceux-ci, on relève encore :


• le Jay Prakash, un instrument élaboré qui se fonde sur un concept remontant à l’an 300 av. J.-C., quand l’astronome gréco-babylonien Berossos inventa le cadran solaire hémisphérique (on retrouve ce type d’instruments dans l’architecture sacrée du Moyen Age européen et en Chine, à Nankin, à la fin du XIIIe siècle) ; là, on a deux hémisphères de 5 mètres de diamètre, graduées avec précision, qui indiquent la position de tout objet céleste ;
• le Ram Yantra, une double structure cylindrique, permet de déterminer la hauteur et l’azimut des planètes par la lecture des graduations gravées sur les murs et le sol ;
• le Rashivilaya Yantra composé, lui, de douze cadrans, orientés chacun vers un signe zodiacal, qui permettent la mesure des coordonnées elliptiques ;
• le Chakra Yantra qui permet de mesurer les coordonnées équatoriales, l’angle horaire et la distance d’un astre ;
• quant au Shasthansa Yantra, il est formé d’un arc gradué en degrés et minutes disposé dans une chambre noire, avec une seule ouverture minuscule dans le mur : quand le soleil passe au-dessus de l’ouverture, le rai de lumière permet de mesurer, entre autres, la distance au zénith et le diamètre du soleil.

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