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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 13:03

Travailler avec les indiens… Voila quelques temps qu’Olivia m’incite à écrire un article sur les relations de travail avec les indiens.

Pour situer le champ de mon expérience, je précise que j’ai des relations avec les indiens de la banque, les indiens des sociétés liées à la banque et des indiens de sociétés ou de banques sans lien avec la banque.

Tout d’abord je dois dire que dans mon environnement professionnel immédiat on ne perçoit pas du tout les différences qui existent entre indiens ; dans la banque il y a des hindous, des sikhs, des catholiques et cela ne semble poser aucun problème. L’absence quasi-totale de musulmans s’explique par le fait que les musulmans sont très peu présents dans le secteur bancaire.

Par ailleurs, les cadres ne sont pas tous originaires de Bombay et cette différence ne pose pas non plus de problèmes. Cela dit, il y a quand même un certain effet de « réseau » entre personnes originaires du même Etat ou de la même ville. Les relations sont simples, plutôt chaleureuses et directes. Bien évidemment la plupart des cadres travaillent dans la banque depuis de nombreuses années et sont imprégnés de la culture d’une grande banque française. Les indiens sont plutôt « bon enfant » et on les fait rire facilement.

Il y a une certaine discipline dans la vie professionnelle et cela se voit lors des réunions qui ont lieu à l’heure et où la discipline de parole est respectée. La hiérarchie n’est pas un facteur inhibant ou poussant à l’autocensure. Dans un univers imprégné de culture « multinationale », les personnes expriment naturellement ce qu’elles pensent et le dialogue n’en est que plus facile.

Mais la situation est différente dans des univers 100% indiens. Globalement les deux choses qui sont assez différentes sont la communication et la notion de temps.

En matière de communication, les indiens ont assez tendance à peu communiquer, notamment dés qu’il s’agit de faire un « suivi » sur un projet ou une opération. Je suis souvent obligé de relancer pour avoir des réponses. Par ailleurs, ils n’ont pas tendance lorsqu’ils communiquent à étayer leur position ; c’est parfois très laconique et il faut poser des questions pour avoir tous les éléments de compréhension. En d’autres termes c’est souvent la moitié de l’histoire qu’on vous raconte…

J’ai aussi observé que les indiens pouvaient très mal communiquer entre eux lorsqu’il s’agit d’indiens de sociétés différentes et surtout de castes différentes. A plusieurs reprises j’ai eu à gérer des situations entre des représentants de deux sociétés différentes mais plus ou moins liées à la banque, situation dans lesquelles la solution était simple pour parvenir à les mettre d’accord. Vis-à-vis de moi, et à chaque fois de manière bilatérale, les choses se passent bien, mais lorsque je leur demande de se voir sans moi et de conclure une affaire, la concrétisation ne se produit pas !

Une autre donnée à prendre en compte est le fait que nous sommes en réalité davantage dans une culture orale que dans une culture écrite. On me racontait une importante négociation entre la banque et un partenaire indien (pour une JV qui s’est finalement faite) et lors de l’une des ultimes réunions de négociation, le patron français tentait de convaincre son interlocuteur indien sur un point sur lequel l’indien ne paraissait pas confortable. Le patron français se tourne vers son conseiller (d’une banque d’affaire indienne) et lui fait part de son étonnement en disant « je ne comprends pas pourquoi il n’est pas confortable sur ce point puisque nous avons donné des garanties dans l’accord des actionnaires » ; son conseiller, bien conscient du gap culturel, lui a alors dit : « oui vous avez tout écrit, mais ce qu’il attend c’est que vous le lui disiez ! ».

Dans le quotidien, la prédominance de la culture orale sur la culture écrite fait que l’on envoie, à un moment donné un mail sur une problématique donnée et que rien ne se passe ! Assez frustrant ! Aussi maintenant lorsque j’envoie un mail (genre récap d’une problématique avec plan d’action), je téléphone le lendemain pour répéter au téléphone ce que j’ai écrit la veille…

Sur le temps, je pense que la notion du temps n’est pas la même que pour nous. Il y a chez les indiens une espèce de fatalisme du temps qui fait que le temps n’est pas une contrainte. On vous promet un dossier pour la semaine prochaine, mais celui-ci n’arrivera que deux mois plus tard et on ne voit pas très bien pourquoi vous vous en étonnez ! Les exemples sont nombreux, mais pour résumer, je dirai que ce qui se fait en 3 mois à Paris se fait en 6 ou 8 mois ici. Et les délais sont presque toujours repoussés… Ceci n’empêche nullement les indiens d’être très réactifs en situation d’urgence.

Lorsqu’on descend plus bas dans l’échelle hiérarchique, dans les fonctions d’exécution, les problèmes sont plus nombreux et l’un d’eux est le fait que l’on ne fait qu’une partie du travail qui est demandé… Ou lorsque vous posez une question sur une procédure, on ne vous donne qu’une partie de la réponse ; il faut donc reformuler et multiplier les questions pour être sûr d’être sur la bonne piste. Un peu épuisant…

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