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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 13:05

Allard est non seulement le généralissime des armées du Royaume de Lahore, mais il est devenu le second personnage du royaume ; il habite un palais et son escorte est formée d’un régiment entier. On peut ajouter que cet homme qu’est Jean-François Allard en impose. Nous avons trouvé dans la « Gazette politique et littéraire de Toulouse et de la Haute-Garonne » la description physique du général Allard : «d’une taille moyenne, d’une belle figure, d’une physionomie douce et fière ; son langage est net et précis, sa voix très agréablement accentuée, son ton modeste. Il porte une longue barbe blanche qui se détache sur des moustaches et favoris noirs. Ses cheveux sont gris ; mais tout son extérieur annonce la force d’une maturité puissante, et ses yeux brillent d’un éclat et d’une vivacité extraordinaires. M Allard est le type achevé de ces races d’élite, nées pour le commandement militaire. »

 

Un nombre restreint d’obligations étaient imposées à ces officiers étrangers dont les plus élevés en grade, les généraux français et italiens, occupaient des postes-clef au sommet de la hiérarchie militaire et politique de l’Etat: porter la barbe, ne pas fumer et se marier avec des dames locales était ce que Ranjit Singh leur demandait courtoisement, mais fermement. Le moyen le plus sûr, pensait-il en songeant à cette obligation dernière, de les attacher plus étroitement à cette terre où ils servaient. Et le Maharaja ne s’était guère trompé sur ce point.

 

Allard va donc épouser une très jeune princesse, nièce du roi ; il s’agit de Bannou Pan Deï, à propos de laquelle un grand nombre d’informations existent encore, affectueusement conservées par leurs descendants en France. Née à Chamba, dans l’actuel Himachal Pradesh, de la lignée royale de cette très ancienne dynastie rajpoute du piémont himalayen, elle avait été capturée par le général français lors des opérations du Fauj-i-khas dans ces régions. Le général Allard, frappé de la beauté, de l’intelligence et de la vivacité de sa petite captive, lui avait fait donner une éducation. Puis, dès qu’elle en avait eu l’âge, il l’avait fin 1825 ou début 1826 épousée “selon les usages et les rites du royaume de Lahore”. Il avait quarante ans. Elle devait en avoir douze. Leur premier enfant, Marie-Charlotte, mourut à six mois en novembre 1826.

 

Si Allard et Court avaient chacun une seule femme, Ventura et Avitabile (les deux italiens…) suivirent aussi les conseils de Ranjit Singh au point de se doter de splendides harems rivalisant avec ceux des plus hauts dignitaires du royaume.

 

Ranjit Singh fut très influencé par l’habileté de ces officiers français en diplomatie. De 1823 à 1827, ils furent souvent associés aux décisions concernant les régions frontalières et l’établissement des relations amicales entre Lahore et les petits souverains musulmans et les chefs des tribus à la frontière nord-ouest. Avitabile fut nommé Gouverneur de Wazirabad et il a assuré la paix dans la région. L'influence des français est telle que vers 1830, le Royaume de Lahore adopte le drapeau français et l'emblème blanc des Bourbons.

 

Il est intéressant à noter que le rapport que les Généraux avaient avec la France et ce qu’ils essayèrent d’accomplir en encourageant Ranjit Singh à initier une communication directe avec le gouvernement française.

 

Mais même au fait de sa gloire au Royaume de Lahore, Allard n’a pas oublié la mère patrie ; la France lui manque. Il souhaite faire un voyage en France. Il s’en ouvre au Roi (Ranjit Singh) qui lui donne son accord mais à condition qu’il laisse ses enfants à Lahore. Allard lui répond « mais Sire mes enfants, mais c’est pour eux que je veux aller en France pour qu’ils soient élevés dans la pratique de leur culte et dans le vœu de leur religion ». A ces mots, le roi ne résista plus.

 

Jean-François Allard et Bannou Pan Deï avaient en 1834 quatre enfants vivants quand le général obtint, contre promesse de son retour, un congé pour emmener son épouse et sa petite famille en France. La raison qu’il avança auprès de Ranjit Singh fut, comme on l’a vu,  qu’il voulait que ses enfants fussent élevés dans la religion catholique. Celle qu’il publia dans les journaux français en 1836 fut que, bien plus âgé que son épouse et exposé aux hasards de guerres incessantes dans la province de Peshawar dont il était le gouverneur militaire, il craignait de mourir avant Bannou Pan Deï qui, restée hindoue, et selon la tradition rajpoute très vivante dans Chamba comme dans le royaume du Penjab, devrait alors se brûler vive et laisser leurs cinq petits enfants orphelins. Cinq enfants en effet, car Bannou Pan Deï était enceinte du cinquième quand ils se mirent enfin en route de Lahore pour aller s’embarquer à Calcutta, et c’est dans cette ville que naquit la petite Félicie le 2 février 1835.

                                                       A SUIVRE

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