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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 15:03

Abbas-Mirza lui confère aussitôt le titre et le traitement de colonel et lui promet un régiment qu’il attendra en vain ! Peu après on lui conseille d’aller plutôt à Kaboul où ses services seraient mieux employés ; en réalité les Anglais viennent de signer un accord avec les Perses et l’une des conditions est que Téhéran se débarrasse de tous les officiers français. Allard et Ventura devront se déguiser pour fuir à Kaboul. Une fois à Kaboul, il entend parler du roi de Lahore, Ranjit Singh qui cherche à consolider son royaume, et Allard se rend à Lahore où il rencontre Ranjit Singh.

 

Mais qui est ce roi de Lahore auquel Jean-François Allard va lier son destin ?

 

Ranjît Singh (1780-1839) est l'unificateur historique et le grand râja sikh du Panjâb.

Au départ, Ranjit Singh n'est pourtant que le fils de Mohan Singh, petit chef de guerre vassal des souverains afghans de la région pendjabie de Gujranwala, alors à la tête d'une faction guerrière et auquel il succède à l'âge de douze ans. Et lorsque Ranjît Singh devient gouverneur de Lahore au profit des Afghans (en 1799), le Pendjab est éclaté en de nombreuses petites entités rivales placées sous la direction de chefs de guerre.

En 1799, Ranjit Singh se rend bientôt indépendant, prend le titre de ''Mahârâjadhirâaja'' de Lahore (en avril 1801), puis étend son domaine en annexant à son territoire les villes d'Amritsar en (1802), de Ludhiana en (1806), de Kangra et Jammu en (1809), de Wazirabad en (1810), de Faridkot (en 1807), d'Attock (en 1813) et de Multân en (1818). Ensuite il occupe le Cachemire (en 1819) et s'empare de Peshâwar (en 1823), fondant ainsi - en quelques vingt ans d'intrigues et de combats - un grand État sikh comprenant Pendjab et Cachemire.

 

Cette première rencontre entre le roi de Lahore et Allard se situe en 1822. Après s'être assuré qu’il ne s’agissait pas d’un émissaire britannique, Ranjit Singh confia à J.F Allard (et à son compagnon de route Jean-Baptiste Ventura), le soin de former et de commander, sous son autorité immédiate, un corps de troupes d’élite sur le modèle français. Allard créa ainsi une première brigade spéciale (Fauj-i-Khas), brigade dénommée « française » par les populations du Panjâb et nommée « French Legion » par les services de renseignement britannique.

Mais avant d’en arriver à une véritable armée, Allard doit d’abord convaincre le roi de Lahore.

Allard se voit confier par Ranjit Singh, quelques hommes à entraîner. L’ancien capitaine des Hussards le fait bien et vite. Puis il reçoit une centaine d’hommes dont il fera les futurs officiers instructeurs de la future armée de Lahore. Ranjit Singh se rend vite compte du parti qu’il peut tirer de la grande expérience militaire d’Allard. On passe de la centaine d’hommes au régiment, puis à la brigade et enfin à la division. En peu de temps une armée de plusieurs milliers d’hommes très entraînée est mise sur pied. Allard utilise les grades et les insignes de l’armée impériale et les ordres sont donnés en français.

 

En 1827, Allard et Ventura firent venir à Lahore deux anciens frères d’armes - Claude-Auguste Court et Paolo Avitabile - qui formèrent à leur tour chacun leur propre brigade. Au point que, vers 1830, environ 10 000 hommes (soit le tiers des forces régulières de Lahore...), se trouvaient directement placés sous commandement français. L’efficacité de ces brigades était d’ailleurs telle qu’en 1835 le reste des troupes régulières du Panjâb fut réorganisé selon ce système français.

 

Le quartier général de ces brigades était à Lahore, où le Maharaja les avait réparties tout autour de la ville, mais les responsabilités de leurs commandements entraînèrent ces officiers français dans toutes les provinces du Panjâb : de Peshawar et Multan à la frontière anglaise, et jusque dans l’Himalaya. Ces fonctions militaires étaient d’ailleurs doublées d’obligations administratives et fiscales. Ces officiers portèrent un vif intérêt non seulement aux arts du Panjâb, mais encore à son histoire et à ses antiquités : entreprenant les fouilles archéologiques du site bouddhique de Manikyala ; collectionnant pièces de monnaie et recherchant les traces des campagnes qu’Alexandre le Grand avait menées dans ces régions.

 

Très vite, cette nouvelle armée entre en action car les princes dissidents sont nombreux et chaque fois les dissidents sont écrasés. L’armée d’Allard triomphe à chaque fois. Les recrutements se font sur la base du volontariat mais s’agissant d’un peuple guerrier, il est aisé d’augmenter le nombre de soldats dés que le besoin s’en fait ressentir.

 

Sur un plan purement militaire, l’armée du royaume changera de dimension. En  1819, il y avait 7748 fantassins, 750 cavaliers et 3577 autres soldats. En 1838, il y aura 26617 fantassins, 4090 cavaliers et 10795 autres soldats.

                                                                             A SUIVRE

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