Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 13:53

Situation actuelle de la Compagnie dans l’Inde


Les forces qui nous sont parvenues bien dirigées et sagement employées suffisaient pour parvenir à ce que l’on proposait, si elles fussent arrivées plus tôt et ensemble, la défaite des Anglais était assurée, elles les y auraient trouvées sans force. Nos espérances, à l’arrivée de la première division de l’escadre de M le comte d’Aché qui mouilla en cette rade le 8 septembre 1757, furent aussitôt évanouies que conçues, et le départ précipité de cette escadre qui remit à la voile trois jours après pour s’en retourner aux îles nous fit manquer une occasion de prendre le fort S
t David dont la conquête si elle eut été faite de ce temps-là, eut bien avancé nos affaires. On se réduisit à faire le siège de Chatoupet, où l’on consomma beaucoup plus d’argent et de munitions que ne paraissait l’exiger cette mauvaise place.

On se contenta de ce petit avantage, et l’on resta avec l’inaction jusqu’à l’arrivée de M de Lally, qui arriva ici avec toute l’escadre de M le comte d’Aché le 28 avril 1758 ; M de Lally sans perte de temps marcha sur le fort St David, en fit le siège, et le deux juin s’en rendit maître ; et peu de jours après il s’empara de Divicoté. Que ne devions-nous pas augurer de la rapidité de nos conquêtes. Les Anglais effrayés avaient évacués tous leurs postes de dehors exceptés Trichinopoly pour réunir et rassembler leurs forces à Madras où l’on aurait dû marcher, mais il aurait fallu pour assurer le succès de cette entreprise être les maîtres de la mer, notre escadre s’était battue avec celle des Anglais à son arrivée à la côte et la victoire était très indécise. M le comte d’Aché qui n’avait pu rassembler tous ses vaisseaux pour le combat eut ensuite le malheur d’en perdre 70 pièces de canons qui s’échoua à la côte. L’escadre anglaise était devant Madras et par sa présence rassurait cette place ; et comme on manquait d’argent pour une entreprise de cette importance. M Lally se détermina à l’expédition du Tanjaour qui devait en procurer, mais qui eut le plus mauvais succès, ternit l’état des premières conquêtes et décrédita nos armes dans l’esprit des gens du pays.

 

 

Une somme aussi modique relativement aux dépenses ne pouvait nous apporter un soulagement sensible ; on se détermina à faire une seconde levée d’argent sur les habitants noirs de la ville. Le Sr de la Salle fut chargé de cette commission, et il y employa tant de dureté que tous les habitants se soulevèrent. Les questions connues dans le pays furent mises en usage pour les forcer par les tournées à donner leur argent ; ils s’attroupèrent et firent retentir la ville de leurs cris et de leurs clameurs. Les boutiques furent fermées mais ce soulèvement n’a pas eu de suites. La vue de deux poteaux que l’on a dressé dans le bazar à soumis ce peuple naturellement timide, mais dont les plaintes ont été portées dans toute l’Inde. Le souvenir des violences qui se sont commis en cette occasion se conservera pendant plusieurs générations et rendra longtemps à Dieu le nom de la nation.

 

Réflexions sur le projet d’accommodement à faire entre les Français et les Anglais


Cet accommodement n’est pas possible, où il faut que nous renoncions au commerce de l’Inde, si les Anglais veulent se prévaloir de leurs avantages pour nous faire des conditions telles qu’il leur conviendra. C’est donc du principe que j’ai établi au commencement de ce mémoire, qu’elles devraient partir pour parvenir à une paix solide et durable et c’est sur ce fondement que je regarde le traité conditionnel arrêté en 1755 entre M Godeheu et Saunder, comme devant servir de base au traité définitif qu’il est question de faire.

La Prise que nous avons faite depuis du fort St David de Goudelour et de Divicotté doit nécessairement y apporter de ce côté-ci quelques changements. La sûreté et la tranquillité de Pondichéry, le principal établissement de la Compagnie dans l’Inde, exige qu’elle fasse tout ce qui dépendra d’elle pour s’opposer au rétablissement des Anglais dans ces trois endroits.

Les Anglais paraissent ne point s’embarrasser d’avoir des revenus dans l’Inde. Ils sentent que leurs établissements peuvent s’y soutenir par le commerce qu’ils y font ; et si jusqu’à présent ils se sont opposés à l’agrandissement que nous avons voulu donner aux notres, je me persuade que cela en a été qu’en vu de nous priver d’une ressource dont ils n’avaient point besoin. Ils peuvent devenir aujourd’hui plus que jamais difficiles sur cet article. Les succès qu’ils ont eus à Bengale les ont dédommagés des dépenses qu’ils ont fait depuis que nous sommes en guerre avec eux ; nous ne sommes pas dans le même cas. La Compagnie doit dans l’Inde des sommes considérables.

 

A Pondichéry le 15 novembre 1759

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

Blog Translation

English

Recherche

Meteo

click for Bombay, India Forecast

Archives

Visiteurs depuis avril 2010

free counters

 nrinumero02