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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 13:01

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1959, le Tibet est en proie à la contestation et le contexte devient explosif. Le Dalaï-Lama s’enfuit et se réfugie en Inde où l’asile politique lui est aussitôt accordé. Pékin réagit négativement et accroît la pression militaire provoquant de multiples incidents frontaliers avec l’Inde. Le Ministre des Affaires Etrangères chinois Zhou Enlai viendra même à Delhi en 1960 mais aucun accord n’est trouvé et les deux pays massent des troupes aux frontières.

Le 22 octobre 1962, les troupes chinoises passent à l’offensive et les combats durèrent jusqu’au 22 novembre date à laquelle Pékin proclama unilatéralement un cessez-le-feu sur la base des positions conquises au 24 octobre ce qui signifiait que les troupes chinoises devaient se replier mais conservaient une avancée territoriale significative dans l’Aksai Chin. La Chine avait donc gagné, l’armée indienne s’étant montrée incapable de résister aux assauts de l’Armée Populaire de Libération et de comprendre les tenants de la diplomatie chinoise.

 

Le Tibet, via le Dalaï-Lama, continue de s’exprimer. Celui-ci fait une déclaration en septembre 1987 au Congrès des Etats-Unis, déclaration intitulée « Plan de paix en cinq points pour le Tibet ». Le Dalaï-Lama est clair sur la question de la souveraineté du Tibet : « Aujourd’hui, des troupes importantes sont à nouveau massées des deux côtés de la frontière himalayenne et la tension est à nouveau dangereusement forte. La vraie question, bien sûr, n’est pas la ligne de démarcation de la frontière indo-tibétaine, mais l’occupation illégale du Tibet par la Chine, qui lui a donnée un accès direct au sous-continent indien. Les autorités chinoises ont tenté de brouiller les cartes en prétendant que le Tibet a toujours fait partie de la Chine. Ceci est faux. Le Tibet était un état complètement indépendant lorsque l’Armée de Libération populaire l’envahit en 1949/50. Depuis l’unification du Tibet par les empereurs tibétains il y a plus de mille ans, notre pays a réussi à préserver son indépendance jusqu’au milieu de ce siècle. Parfois, le Tibet étendait son influence sur les pays et les peuples avoisinants ; d’autres fois, le Tibet tombait lui-même sous le joug de souverains étrangers puissants, les Khans de Mongolie, les Gurkhas du Népal, les empereurs manchous ou les Anglais d’Inde. »

 

Depuis le conflit de 1962, les rencontres au sommet entre l’Inde et la Chine ont été très rares et souvent infructueuses. Cependant en juin 2003, une rencontre significative a eu lieu entre le premier ministre indien Atal Bihari Vajpayee et son homologue chinois Wen Jiabao. A l’issue de cette rencontre, un accord a été signé, le 23 juin, qui confirme le rapprochement des deux géants asiatiques. Dans cet accord, les deux pays ont convenu de la création d’une zone de passage entre leurs deux territoires dans le Sikkim, petit Etat dont l’annexion par l’Inde en 1975 n’avait jamais été reconnue par  la Chine. Selon le journal Times of India, l’ouverture de cette zone est une reconnaissance implicite de la souveraineté de l’Inde sur le Sikkim.

 

La question tibétaine a également été abordée dans cet accord. Mais là les positions sont restées les mêmes. Bien qu’elle ait accueilli le gouvernement tibétain en exil, l’Inde a réaffirmé sa position traditionnelle qui veut que le Tibet soit effectivement considéré comme une région autonome de la Chine. Le quotidien de l’armée chinois, le Jiefangjun Bao, affirme que cet accord est « un coup d’arrêt aux activités des ‘indépendantistes tibétains’ », puisque « pour la première fois, l’Inde reconnaît que la région autonome du Tibet fait partie du territoire de la République populaire de Chine, et s’engage à ne pas autoriser les activités anti-chinoises des Tibétains en Inde ». La question est alors posée. Le gouvernement indien, dans son désir de se rapprocher de la Chine, ne risque-t-il pas d’abandonner le Dalaï Lama et les Tibétains ? Pour tenter de rassurer les sceptiques, le ministre des affaires étrangères indien, M. Yashwant Sinha, a affirmé que la position de l’Inde n’avait pas changé : « Ce que nous avons dit à propos du Tibet ne diffère pas de ce que nous avons dit dans le passé, et je ne pense pas qu’il soit question pour le moment que le Dalaï Lama quitte l’Inde ou qu’il lui soit demandé de partir ». Cependant, lorsque l’on sait que l’Inde et la Chine sont les deux pays les plus peuplés du monde, que le montant des échanges commerciaux entre eux s’est élevé à 4,9 milliards de dollars en 2002 et qu’il a augmenté de 70 % pendant les cinq premiers mois de 2003, on peut rester songeur face à l’emploi de l’expression « pour le moment » par le ministre des affaires étrangères indien.

 

Que ce soit avec le Pakistan ou la Chine, l’Inde se montre toujours très prudente et a du mal à prendre une position claire et donne surtout l’impression d’avoir une hésitation paralysante quant à l’usage de la force. L’Inde est historiquement un pays pacifiste et agit comme une nation non-alignée. Malgré la justesse historique de la cause tibétaine, il est vain de penser que l’Inde puisse jamais soutenir activement cette cause et on voit mal l’Inde mettre en péril sa recherche de relation harmonieuse avec son grand et puissant voisin chinois. Les relations économiques entre l’Inde et la Chine sont appelées à se développer et les deux pays ont des aspirations convergentes sur la scène politique internationale en tant que géants déjà émergés.  On peut parler d’entente cordiale entre les deux géants, mais de ces deux géants l’un est plus petit que l’autre et surtout moins puissant. Et le plus fort aura toujours des tentations expansionnistes.

 

Sources de l’article : « Le Monde Diplomatique – août 2005 », P Yvon, Claude Arpi dans la Revue de l’Inde (septembre 2006), Astrid Fossier – document 2004.

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Published by Olivia et Geoffroy - dans Histoire
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