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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 14:53

Suketu Metha l’auteur de Maximum City œuvre non-romanesque écrite en 2004.

Il est né à Bombay mais est parti aux Etats-Unis avec sa famille à l’adolescence et revient dans sa ville natale vingt ans plus tard. Devenu journaliste et père de famille, il se prend en pleine face toutes les aberrations et la démesure de cette ville qu’il avait idéalisée. Le premier chapitre décrit avec  le plus grand réalisme son retour à Bombay. Je me souviens d’avoir pu exprimer à Geoffroy lors de nos premières semaines d’installation en juillet dans cet appartement vide à quel point cet auteur vibrait en moi et  restituait tout ce que je pouvais ressentir. Cela avait été saisissant pour moi.

La ville de  Bombay est le cauchemar d'un claustrophobe. Plus de 18 millions d'habitants sont fourrés dans ses 169 milles mètres carrés et dans certaines parties de la ville, la densité de la population excède plus d’un million par mille mètres carrés. Bientôt Mumbai  aura plus de personnes que toute l'Australie.  Dans Maximum City, le journaliste et l'auteur de fiction Suketu Mehta, quitte  New York où il a passé une partie de son adolescence pour retourner sur les lieux de son enfance et de se laisser submerger par cette ville. "Le luxe le plus grand de tout est la solitude," écrit-il. "Une ville aussi densément bondée ne laisse aucune place à l’intimité."  Le doux et distingué monde de l'enfance de S. Mehta n'existe plus. Mumbai est une ville épuisante, accablante, violente et chaotique ; une mégalopole grouillante qui fait penser à la célèbre citation de John Kenneth Galbraith qui  décrit  l'Inde comme "une anarchie qui fonctionne." Après un travail d’investigation de plusieurs années, cet écrivain réalise la prouesse de donner du réalisme, de la profondeur et du recul à une ville si complexe qui en quelques années s’est transformée en lieu de tous les paradoxes.

« Pourquoi les gens vivent-ils toujours au Bombay ! » S. Mehta demande avec frustration." Chaque jour est vécu comme un affront pour les sens de l'individu, du moment où vous vous levez, aux transports que vous prenez pour aller à votre lieu de travail, les bureaux  dans lesquels vous travaillez, aux formes de divertissement auquel vous êtes soumis. Un peu historique, un peu guide de voyage, et souvenirs familiaux, son livre illumine ce monde surcomprimé par ses habitants, présentant un documentaire méticuleux sur  la vie et la lutte dans une île grouillante qui semble toujours être sur le point de glisser dans l'océan.

Dans la description, quelques fois humoristique, et la peinture des personnages qui s'étendent sur des pages et des mois, S. Mehta, éclaire le plus sombre et le plus bizarre des recoins et des bas fonds de la ville. Il s’introduit et fréquente des terroristes,  des policiers connus pour  leurs techniques terrifiantes de tortures,  des bars à filles en rompant les limites de l’intimité. Il réussit à rencontrer  Bal Thackeray, et n’hésite pas à dénoncer la responsabilité du Shiv Sena dans les émeutes de 1992 et 1993.  Il montre comment La mafia contrôle alors la ville, l’immobilier, Bollywood et les milieux politiques.

La précision de ces portraits est impressionnante, parfois écrasante, l'accumulation de détails superficiels pourraient menacer de distraire mais restitue bien la « moiteur » de cette ville. Il y a, par exemple, cette  danseuse qui travaille dans un bar miteux et qui  rêve de s’échapper de son existence aussi misérable et morne en se voyant lauréate d’un concours de beauté.  Il y a aussi le jeune travailleur émigré, au chômage venant de l’état du Bihar, un des états les plus reculés de l'Inde, luttant pour essayer de devenir un poète. S. Mehta inlassablement pose toujours la question de savoir  pourquoi quelqu'un veut s’installer à Bombay, mais les nouveaux arrivants auront toujours la même réponse, même si cette ville manque terriblement d’espace, elle donne toujours de l’espace pour les rêves et permet aux Mumbaikars de rêver.  Ici, tout habitant comparera Bombay à New York  ville ô combien porteuse d’espoirs, bouillonnante et vibrante.

  Voic un lien http://fredericjoignot.blogspirit.com/archive/2007/04/28/bombay-maximum-city.html où vous pourrez trouver une interview de l'auteur lors de son passage à Paris pour le Salon du Livre où l'Inde en 2007 était à l'honneur .

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Published by Olivia et Geoffroy - dans Lectures
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