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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 10:14

Voilà plusieurs semaines que nous nous disions que nous devions écrire un article sur les Banyan trees, ces arbres gigantesques enveloppés de mille racines et très présents à Bombay.
L'idée paraissait simple, quelques clics de recherche, quelques clichés et le tour serait joué et nos lecteurs informés ! Hélas, mal nous en a pris car les recherches ont été une moisson abondante. Jugez-en par vous-même !

Cette espèce végétale a de nobles racines puisqu'elle appartient au genre "ficus benghalensis". Ce banian (en français) se développe en général autour d'un arbre normal et ses racines descendent et montent et entourent complètement l'arbre support. Les banyan peuvent vivre 300 ans et occupent une place particulière dans la mythologie hindoue puisque c'est au pied de cet arbre que le dieu Shiva venait s'asseoir et prier ; il symbolise ainsi la vie éternelle avec ses racines sans fin et c'est un arbre sacré.
Dans la langue Gujarati (Etat du Gujarat au Nord Ouest de l'Inde), le terme bania ne désigne pas l'arbre mais les marchands, et c'est parce que ceux-ci faisaient leurs affaires à l'ombre de ces grands arbres que l'arbre finit par prendre ce nom de Banyan nom donné par les Portugais.
Du fait de sa propension à multiplier ses racines aériennes, le banyan est utilisé  pour faire des bonzai et le plus vieux bonzai du monde (240 ans) est un banyan.
Mais cet arbre plonge aussi ses racines dans la litérature et Daniel Defoe situe la maison de Robinson Crusoe dans un banyan tree. Plus surprenant est cette description faite par Paul Claudel dans "Connaissance de l'Est" (1895-1900) :

Le banyan tire.

Ce géant ici, comme son frère de l'Inde, ne va pas ressaisir la terre avec ses mains, mais, se dressant d'un tour d'épaule, il emporte au ciel ses racines comme des paquets de chaînes. A peine le tronc s'est-il élevé de quelques pieds au-dessus du sol qu'il écarte laborieusement ses membres, comme un bras qui tire avant le faisceau de cordes qu'il a empoigné. D'un lent allongement le monstre qui hale se tend et travaille dans toutes les attitudes de l'effort, si dur que la rude écorce éclate et que les muscles lui sortent de la peau. Ce sont des poussées droites, des flexions et des arcs-boutements, des torsions de reins et d'épaules, des détentes de jarret, des jeux de cric et de levier, des bras qui, en se dressant et en s'abaissant, semblent enlever le corps de ses jointures élastiques. C'est un noeud de pythons, c'est une hydre qui de la terre tenace s'arrache avec acharnement. On dirait que le banyan lève un poids de la profondeur et le maintient de la machine de ses membres tendus. Honoré de l'humble tribu, il est, à la porte des villages, le patriarche revêtu d'un feuillage ténébreux. On a, à son pied, installé un fourneau à offrandes, et dans son coeur même et l'écartement de ses branches, un autel, une poupée de pierre. Lui, témoin de tout le lieu, possesseur du sol qu'il enserre du peuple de ses racines, demeure, et, où que son ombre se tourne, soit qu'il reste seul avec les enfants, soit qu'à l'heure où tout le village se réunit sous l'avancement tortueux de ses bois les rayons roses de la lune passant au travers des ouvertures de sa voûte illuminent d'un dos d'or le conciliabule, le colosse, selon la seconde à ses siècles ajoutée, persévère dans l'effort imperceptible. Quelque part la mythologie honora les héros qui ont distribué l'eau à la région, et, arrachant un grand roc, délivré la bouche obstruée de la fontaine. Je vois debout dans le Banyan un Hercule végétal, immobile dans le monument de son labeur avec majesté. Ne serait-ce pas lui, le monstre enchaîné, qui vainc l'avare résistance de la terre, par qui la source sourd et déborde, et l'herbe pousse au loin, et l'eau est maintenue à son niveau dans la rizière ? Il tire.


On trouve encore le banyan dans le blason de l'Indonésie et la Royal Navy ainsi que son homologue australien utilise le terme banyan pour désigner un barbecue fait sur une plage, ou tout simplement un barbecue.

Voila, vous en savez maintenant autant que nous sur cet arbre aux infinies racines..

Les deux dernières photos ont été prises à quelques mêtres de notre appartement et à chaque fois que Geoffroy et moi  passons devant, nous avons l'impression de voir à la place des racines, qui n'ont pas besoin de beaucoup de terre pour grandir,  de longs cheveux qui pendent !!!

 

 

 


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