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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 15:27

Les journaux d’hier consacrent une page au déséquilibre entre le nombre de naissances de garçons et le nombre de naissances de filles. A Bombay en 2007 92.883 garçons sont nés contre 85519, soit 52% de garçons. Ce déséquilibre n’est pas une nouveauté, mais il inquiète de plus en plus d’autant que le pourcentage de naissances mâles augmente très légèrement de mois en mois.

Le gouvernement indien  a réagi en 1994 en interdisant la divulgation du sexe de l’enfant à naître, loi complétée puis renforcée en 1996, 2000 et 2003. La loi oblige les maternités à remplir une fiche pour chaque échographie, le but étant  de permettre aux autorités de suivre la mère jusqu’à la naissance de l’enfant et donc de dissuader la mère de recourir à l’avortement. L’efficacité de ce contrôle bureaucratique a posteriori est cependant mise en doute par les chiffres.

Les avortements de fœtus filles sont une évidence en Inde. Le taux de natalité est de 1.1 enfant par foyer à Bombay et beaucoup de pères qui ont une affaire ou un commerce veulent le transmettre à leur fils, un fils et pas deux. Une autre explication avancée par les autorités est que 60% des habitants de Bombay vivent dans des bidonvilles et que la « sex-determination and selection » parmi cette couche de la population est fortement présente.

Mais Bombay n’est pas représentatif de l’Inde car une partie importante de la population vit dans les zones rurales et plus de la moitié de population habitent dans des villages de moins de 2000 habitants.

En Inde le taux de fécondité est de 2.7 enfants par femme (contre 1.7 en Chine), mais le problème des avortements de fœtus filles subsistent au-delà de la première naissance, fut-elle d’un garçon. Depuis l'arrivée de l'échographie, les cas d'avortement des filles sont très importants, surtout dans les États riches où les personnes peuvent se payer une échographie. C'est ainsi que la moyenne nationale est de 933 femmes pour 1 000 hommes (chiffres d’août 2005), ce qui signifie qu'environ 40 millions d'indiens ne trouveront jamais de partenaire.

Dans certains États riches, comme l'Haryana, la moyenne est même de 861 femmes pour 1 000 hommes. Le problème est si important que, depuis 1994, il est interdit de pratiquer des examens prénataux pour déterminer le sexe du fœtus et encore moins des avortements pour cette raison. Mais dans les faits, cette loi est souvent ignorée.

La raison de ces avortements est que les Indiens préfèrent avoir un garçon, car ce sont eux qui perpétuent le patronyme, s'occupent des parents lorsqu'ils sont vieux et, surtout, héritent des terres. En revanche, pour les Indiens, les filles n'apportent rien, bien au contraire, car il faut même payer leur dot à la famille de leur mari. Un vieux proverbe résume même cette situation : "Élever une fille, c'est comme arroser le jardin d'un voisin".

Il est intéressant de noter que l’analyse des statistiques ne montre aucune corrélation avec la religion ou avec les castes, alors qu’il existe des différences, dans ce déséquilibre démographique, entre les différents Etats.

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Published by Olivia et Geoffroy - dans Actualité et société
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