Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 14:07

Nos fidèles lecteurs savent que nous venons de passer une semaine à Paris !

Quelques lecteurs très observateurs se demandent pourquoi nous faisons si souvent de petits sautsde puce jusqu'à Paris ! Pertinente et indiscrète question à la quelle nous nous soumettons...

La première explication est un peu tirée par les cheveux, mais c'est la suivante. Geoffroy a expérimenté lors de son arrivée à Bombay fin juin, un coiffeur de luxe situé juste en face de notre appartement; quand je dis coiffeur de luxe, n'exagérons pas, mais le salon est situé dans la même rue que nous (à coté de la fameuse Tour Ambani) et le luxe dont on parle s'applique surtout au montant de l'addition ! En effet la coupe est artisanale, le salon décoré du genre "la mousson est passée par là"... bref, et tant pis pour nos voisins de quartier auxquels nous vendons ainsi la mèche, ce salon est plus un "saloon" de cow-boy qu'un vrai salon de coiffure. S'y ajoute un épiphénomène car Geoffroy en sortant ressemblait à un hérisson couvert d'épis !
Bref, vous avez sauté à la conclusion et compris, que Geoffroy allait tous les deux mois chez un coiffeur parisien !

La deuxième explication est déjà plus plausible ! Nous voulions savoir si nos lecteurs lisaient le blog ou plutôt comment ils le lisaient ! Et là, nous avons appris plein de choses aussi intéressantes qu'encourageantes ! Une lectrice nous a avoué qu'elle n'allait qu'une fois tous les quinze jours sur notre blog,mais qu'elle y passait 4 heures à chaque fois ! D'autres lecteurs nous ont parlé de plusieurs articles récents qu'ils avaient apprécié et qu'ils appréciaient de relire et d'autres lecteurs continuent à nous découvrir grâce aux moteurs de recherche et grâce au néanmoins fameux général Allard, qui intéresse beaucoup d'internautes!!! 

Il y a enfin une troisième explication. Geoffroy travaille quand même et là il a passé une semaine de rendez-vous avec ses interlocuteurs parisiens ! Oui car il y a une vie professionnelle derrière ce blog, vie tout à fait passionnante et motivante même si ce blog en parle peu et j'en profite pour savourer pleinement cette vie parisienne ô combien merveilleuse !

   

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Nous
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 08:13

Nous avions publié, le 17 décembre, un article sur le l'héritier du trône de France qui est indien... Et ainsi livré à nos lecteurs un scoop fabuleux !

Comme nous l'expliquions alors, les media se sont penchés sur cet indien (Napoléon Balthazar de Bourbon) à la suite de la publication du livre "Le Rajah Bourbon" de Michel de Grèce.

Nous avons donc acheté ce livre et surtout lu ce livre avec tout l'intérêt et la curiosité que l'on devine.

Ce livre est d'abord un roman, un roman historique autour d'une hypothèse non prouvée mais plausible. Celle d'une descendance Bourbon qui est arrivée en Inde au XVI° siècle.

Michel de Grèce a été marqué par le livre de Louis Rousselet  "L'Inde des Rajahs" pubié en 1875 qui fera mention pour la première fois de cette descendance indienne des Bourbons.

Voilà donc un livre, un roman qui se lit facilement. Michel de Grèce imagine ce qu'a pu être cette histoire en commençant par les relations fraternelles, puis hostiles, entre François 1er et le Connétable de Bourbon; celui-ci cachera un fils naturel (le fameux Jean de Bourbon) qui, parvenu à l'âge adulte, comprît qu'il devait s'exiler. Là commence une véritable épopée qui le mènera en Egypte où le sang royal de Jean est vite reconnu. Jean devra renoncer à l'amour que lui porte la belle et mystérieuse Latifa et fuir en Ethiopie. Amours et intrigues se succèdent, et Jean reste pourchassé car une main invisible veut sa mort ! Il arrive enfin en Inde et les jésuites l'introduisent auprès du Grand Moghol. Là démarre vraiment l'épopée indienne des Bourbon !

Nous recommandons sans hésiter ce roman historique ; cette histoire, très romancée, est plausible. Le roman nous plonge dans l'Inde du XVI° siècle qui n'est pas très différente de l'Inde racontée par François Bernier (le premier français à avoir fait connaître l'Inde, l'Empire Moghol, et dont le récit inspirera La Fontaine, sujet déjà évoqué dans ce blog). L'ambiance n'est pas très différente non plus de l'histoire du Général Allard qui, comme le premier Bourbon indien, jouera un rôle militaire de premier plan.


Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 30 janvier 2009 5 30 /01 /Jan /2009 16:16




Non, nous ne partons pas en vacances, mais simplement à Paris... pour une petite semaine.

Notre blog reprendra ses activités à notre retour, à partir du lundi 9 février !

A très bientôt à tous !

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Nous
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 30 janvier 2009 5 30 /01 /Jan /2009 16:00

Amul en sanskrit signifie "pas cher" ! Mais il y a une autre raison qui fait que tous les indiens connaissent ce mot, car Amul est le nom (et la marque) d'une coopérative laitière de l'état du Gujarat qui a été créée en 1946.

Et si Amul est si connu c'est parce que depuis 1967, les campages publicitaires d'affichage (en ville et sur les routes) sont réalisées selon la même recette : une évocation humoristique de l'actualité ! La pub Amul fait toujours sourire tous les indiens ! C'est même la campagne publicitaire la plus longue du monde !

Voici quelques exemples :








Amul et la sortie du film Slumdog Millionaire, photo prise en ce vendredi après midi tout proche de chez nous.






































Amul et la chaussure lancée sur Bush                                      













Amul et le scandale de la société Satyam


 










 
Amul et la réouverture du Taj Palace Hôtel de Bombay après les attentats de fin novembre dernier

Ne soyez donc pas surpris si nous vous reparlerons par la suite d'Amul, car chaque semaine Geoffroy et moi avons hâte de découvrir une nouvelle grande affiche publicitaire de cette célèbre marque qui illustre au quotidien l'actualité et nous fait sourire !

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Actualité et société
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /Jan /2009 07:27

Ah, mais nos lecteurs se demandent encore quelle est la relation entre le fameux corsaire malouin Robert Surcouf et l’Inde ?

 

Les Indes seront en fait la première destination de Surcouf lorsqu’il s’engage dans la marine à 15 ans sur l’Aurore, un bateau négrier du XVIII° siècle.

 


Mais Robert Surcouf, le plus célèbre des armateurs malouins, entre dans la légende à vingt-trois ans, en 1796 quand, avec un équipage de 190 hommes, il prend à l’abordage un grand vaisseau britannique, trois fois plus important et plus armé que le sien. La Confiance (18 canons et 190 hommes) prend le Kent (40 canons et 437 hommes). Cela se passe le 7 octobre 1796 dans le Golfe du Bengale et le Kent est un navire de la Compagnie des Indes. Surcouf reconnaît tout de suite le navire et fonce sur lui ; les Anglais, médusés, tirent un coup de semonce et sont complètement pris au dépourvu lorsque Surcouf et ses hommes, après d'habiles manœuvres, réussissent à se rapprocher et à passer à l'abordage ! A 3 contre 1, les Anglais, médusés, sont submergés : 70 morts et blessés, dont leur capitaine, contre 20 aux français. La prise est belle, l’accueil est triomphal et c’est cet exploit, au large des côtes indiennes, qui assura la légende de Surcouf.

 

Pour terminer ce clin d’œil à notre valeureux corsaire, rappelons cette répartie célèbre de Surcouf. Après la paix avec la Grande-Bretagne et alors qu'il participait a un dîner en présence de ses anciens ennemis britanniques, l'un d'eux lui dit : « Enfin, Monsieur, avouez que vous, Français, vous battiez pour l'argent tandis que nous, Anglais, nous battions pour l'honneur… » Surcouf lui répondit d'un ton calme : « Certes, Monsieur, mais chacun se bat pour acquérir ce qu'il n'a pas. »

NDLR : encore nos félicitations à Julien qui avait deviné qu'il s'agissait de Robert Surcouf !

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : France - Inde : influences, relations, portraits
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 16:50

Alors là, Geoffroy et moi sommes confrontés à une véritable énigme !
Quand on vit dans un pays étranger certains faits se produisent ; ces faits sont en eux-mêmes anodins, mais leur répétition vous fait comprendre que ce n'est pas anodin. En voici un exemple :

Ce matin nous étions à Delhi dans un des beaux hôtels de la ville et nous avions commandé notre breakfast en précisant bien que nous souhaitions des oeufs à la coque, (pour certains occidentaux nos desirs de déguster de bons oeufs à la coque peuvent paraître un manque de prudence comme également terminer un repas par une bonne mousse au chocolat où les oeufs n'ont pas été cuits...)
En anglais cela se dit "soft boiled eggs" par opposition à "hard boiled eggs". Les premiers sont sensés être plongés dans l'eau bouillante pendant 3 minutes 30, les seconds pendant 10 minutes !
Et, fort de nos expériences précédentes, nous avions bien précisé que nous souhaitions des "soft boiled eggs" en ajoutant "three minutes thirty please" !
Et bien entendu sont arrivés des oeufs durs, genre très durs ! Bien entendu nous avons demandé qu'on nous les remplace par de vrais oeufs à la coque, lesquels sont arrivés peu après. 

Jusque là cela vous paraît anodin, voire sans intérêt !

Certes, sauf que nous avons constaté que chaque fois que nous commandions des oeufs à la coque, nous obtenions des oeufs durs ! Pas à chaque fois mais dans 75% des cas et s'ils ne sont pas durs ils peuvent être cuits à la perfection mais le coquetier manque alors il faut tenir l'oeuf d'une main agile et de l'autre une petite cuillère, tâche qui ôte beaucoup de plaisir à savourer un bel oeuf à la coque et quelques petites mouillettes ! 

Evidemment nous cherchons à comprendre !

Si vous êtes expatriés en Inde,  nous vous invitons à tenter cette expérience, le résultat est garanti à 75% !

Est-ce parce que, tout étant fragmenté dans ce pays, les détails de la commande disparaissent dans la chaîne des intervenants ? Est-ce parce que les indiens ne mangent que des oeufs durs ? Il doit y avoir une réponse...


Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Vie quotidienne
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 01:55



Voilà un homme que tous les français connaissent.

Il fut la terreur des Anglais et sa légende a un rapport avec l'Inde. Il est par ailleurs l'auteur d'une réplique célèbre dont nos amis anglais se souviennent encore...

De qui s'agit-il ?

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 27 janvier 2009 2 27 /01 /Jan /2009 13:07

Le 12 janvier le "Times of India" consacre une page entière à un problème réel qui est celui des accidents des passagers empruntant le train.

La photo que vos voyez vous surprend mais c'est une réalité quotidienne.
Beaucoup de voyageurs s'accrochent aux wagons pour voyager, les trains roulent toujours la porte ouverte et il arrive que certains tombent, et de plus les passagers marchent souvent sur les voies ferrées et certains se font écraser. C'est évidemment une illustration supplémentaire de l'indiscipline collective que nous observons en d'autres circonstances et notamment sur la route.

Mais le plus étonnant est que l'article ne traite pas du sujet et des remèdes que la collectivité devrait y apporter mais du débat qui fait rage actuellement sur le montant des indemnités que les chemins de fer doivent verser en cas d'accident. Oui, les accidents sont considérés comme une fatalité et le débat porte sur les indemnités. Nous vous épargnerons les tarifs officiels des indemnités. L'un des débats portent sur le fait que les chemins de fer refusent d'indemniser un voyageur accidenté (tué ou blessé) s'il n'a pas de billet valide.


Les chiffres sont accablants : en 2007, il y a eu 8244 accidents dont 3937 tués !

Nous sommes loin des problèmes des caténaires de la SNCF et des retards en découlant...

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Actualité et société
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /Jan /2009 17:08

Voila les images promises. Ames engourdies de froid, s'abstenir ! Et en prime une petite aquarelle faite ce matin par Geoffroy !
















 

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Voyage Tourisme
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 25 janvier 2009 7 25 /01 /Jan /2009 14:21

Pour ceux qui auraient manqué les articles précédents, voici un texte inédit (n'ayons pas peur des mots). Un mot sur le contexte ; Geoffroy a écrit ce texte pour aider sa fille qui prépare un concours d'éloquence. Le thème était imposé. Cela n'a aucun rapport avec l'Inde et finalement nos lecteurs ont balayé les réticences de la rédaction ; ainsi fûmes-nous, malgré nous, intimés de publier ce texte par 6 lecteurs aussi fidèles que curieux !

Mesdames et Messieurs

 

La problématique que j’ai choisi de vous exposer vous surprendra peut-être par le défi qu’elle lance à la rationalité, mais dans le monde des idées et dans l’univers fécond de la vie littéraire, que dis-je, dans l’univers actuel dont l’électronique forme le rêve caché d’enfouir l’écriture et les livres dans les vieux placards du quai Conti, il est essentiel d’affirmer et de défendre les livres et la lecture. Hé bien voila paradoxalement tout le sens de la question que comme moi vous vous posez : peut-on parler d’un livre qu’on n’a pas lu ?

A première vue, la question déclenche une réponse  aussi nette que négative dans nos esprits cartésiens et le débat est aussi vite tranché que s’il s’agissait de répondre à la question suivante : peut-on réciter une récitation que l’on n’a pas apprise ?. Même si l’ancienne élève du cours primaire que je suis eut aimé pouvoir répondre toujours oui à cette insidieuse question, et au risque de vous décevoir, non la question est bien différente et traite en réalité de l’importance des livres bien au-delà de la lecture que l’on peut en faire, la lecture des uns n’étant pas nécessairement celle des autres.

 

J’entends déjà parmi vous, Mesdames et Messieurs, ce petit murmure réprobateur car vous vous dites qu’un livre a déjà été écrit sur ce sujet, « peut-on parler d’un livre qu’on n’a pas lu », et que les mots qui vont suivre ne sont qu’un remake d’une œuvre déjà écrite ! Sur ce point je suis aussi inébranlable qu’inattaquable car si vous avez lu cet opuscule, il ne vous échappera pas que mon propos, et même mon avant-propos, sont bien différents. Et si vous ne l’avez pas lu, alors le simple fait d’avoir cette référence dans vos esprits est un acquiescement anticipé et même une validation anticipée de la thèse que j’ai l’honneur de défendre devant vous.

 

Mais oui, Mesdames et Messieurs, le fait de pouvoir parler d’un livre qu’on n’a pas lu n’est pas à la portée de tout le monde ! Pensez donc déjà à tous ceux qui sont incapables de parler d’un livre qu’ils ont lu, sans parler de ceux qui en parlent mais mal, et vous mesurez comme moi toute la difficulté de l’entreprise. Diable oui, car il faut non seulement un haut niveau de culture générale pour situer immédiatement le mouvement littéraire dans lequel s’inscrit et s’écrit ce livre, culture générale et aussi connaissance de l’auteur. Déduire les vues que l’auteur expose dans un livre qu’on n’a pas lu suppose une hauteur de vue certaine et une communion de pensée avec l’auteur, et là nous sommes plongés dans le monde des forces spirituelles qui nous place bien au-dessus de la table des matières à laquelle est assise l’auteur en proie à l’angoisse de la page blanche. A dire vrai, c’est encore bien davantage que demande cet exercice des plus périlleux car il faut imaginer ce que tel auteur a pu écrire dans un livre dont on ne connaît que le titre, et en un instant il faut que la pensée s’ordonne et éclate de véracité.

 

Mesdames et Messieurs, vous êtes les tenants de la pensée littéraire, les gardiens du Temple en quelque sorte, le temple du savoir et de la pensée s’entend, et vous avez maintenant compris que l’entreprise était vraiment périlleuse et que cette audacieuse témérité n’était pas à la portée du plus grand nombre. Mais bien entendu, il convient d’être encore plus exigeant, car vous le pressentez comme moi, parler d’un livre qu’on n’a pas lu, même si l’on a pour cela toute la culture générale nécessaire, ce qui est déjà bien, ne saurait suffire ! Encore faut-il convaincre ! Convaincre c’est utiliser toutes les ressources de la langue, de la parole, pour obtenir un résultat, emporter une adhésion et en définitive obtenir que celui auquel on parle d’un livre qu’on n’a pas lu le lise !

 

 

Je sais, Mesdames et Messieurs, que mes propos vous font revêtir la robe de l’avocat et la balance que vous brandissez clame, que dis-je, réclame, le respect de l’auteur ! A quoi servirait qu’un auteur écrivît un livre si ceux qui devaient en parler ne le lisaient point ? N’est-ce pas faire injure à cet auteur, n’est-ce pas nier sa production littéraire, n’est-ce pas aussi faire preuve d’avarice en n’achetant pas son livre ? De grâce ne tombons pas dans cette argutie marchande qu’est le prix du livre, car là n’est pas notre propos et ce détour du langage ne serait qu’un incongru Goncourt de circonstances qui vous ferait, vous les gardiens du Temple, chasser les marchands de ce Temple sacré qu’est le monde de la Littérature.

 

 

Hé bien, Mesdames et Messieurs, venons-en maintenant au cœur du sujet, à ce qui nous tient le plus à cœur, et qui contient la réponse à la question posée. Donner envie de lire un livre à quelqu’un qui ne l’a pas lu, n’est-ce pas une des plus nobles entreprises qui soit ? Faire œuvre de prosélytisme littéraire, n’est-ce pas apporter une contribution significative à la Littérature et à la Culture ?  Dans un monde envahi et presque dominé par l’éphémère et ses inévitables écrans de fumée, celui qui sait bien parler d’un livre qu’il n’a pas lu devient l’indispensable pivot de la diffusion littéraire.

 

Faut-il ajouter Mesdames et Messieurs que ceux qui parlent d’un livre qu’ils n’ont pas lu font une œuvre bien plus considérable que ceux qui parlent d’un livre qu’ils ont lu. Cette assertion n’est nullement paradoxale car il est facilement démontrable qu’il y a toujours plus de livres qu’on n’a pas lu que de livres qu’on a lu ! L’univers de la pensée littéraire dans lequel nous évoluons, aussi grande soit sa cause, ne nous interdit pas de faire  preuve d’efficacité et un homme qui sait parler d’un livre qu’il n’a pas lu sera ainsi capable de parler d’un bien plus grand nombre de livres que celui qui se contente de ne parler que des livres qu’il a lu. Et on peut ajouter dans un sursaut planétaire, que le grand avantage de savoir parler d’un livre qu’on n’a pas lu vous permet de lire, ou plutôt de parler, des livres étrangers publiés dans une langue non maîtrisée, et donc dans toutes les langues de la terre. Voilà la vraie révolution internationale qui permet ainsi d’abolir les frontières de la planète littéraire !

 

Puisque l’on parle de planète, actuellement en proie à un profond enjeu écologique, exprimons toute notre gratitude à ces nobles esprits qui n’ont pas besoin d’acheter un livre qu’ils ne liront pas, mais dont ils sauront bien parler ; grâce à eux, nos forêts respirent mieux et c’est une bouffée d’oxygène supplémentaire que nous apportent ces précieux chevaliers modernes.

 

Nous voilà au dernier chapitre de cette plaidoirie du cœur et de l’esprit et si nous avons mis l’accent sur le livre, l’auteur et la diffusion de la littérature, il ne vous aura pas échappé que nous avons peu parlé de ce que pouvait ressentir celui qui disposait de ce si noble don de pouvoir parler d’un livre qu’il n’avait pas lu. Qu’il n’avait pas lu ou qu’il n’avait pas encore lu, car on devine qu’à force de parler d’un livre qu’on n’a pas lu, notre héraut de la pensée littéraire puisse nourrir l’envie de se plonger dans la lecture de ce même livre. Oui, Mesdames et Messieurs, voilà bien le risque de cette entreprise, la tentation de vouloir se mettre à la page voilà bien ce qui pourrait mettre en difficulté notre personnage principal !

 

En effet s’il advenait que la lecture du livre se révélât moins intéressante que ce qu’il en disait si éloquemment, imaginez la cruelle déception de notre personnage ! Non, il semble bien plus assuré de rester ferme dans la voie que l’on s’est tracer, aussi périlleuse fut-elle, et s’interdire avec courage de jamais lire un ouvrage dont on parle si bien ! Voilà un impérieux devoir qui s’impose à tous ceux qui sont capables de parler d’un livre qu’ils n’ont pas lu, car de tout découragement il faut les garder, car il faut en outre protéger cette élite indispensable à la diffusion de l’œuvre littéraire, afin que tous ces chapitres écrits recueillent leurs voix, et comme on le voit, c’est la seule voie possible, la seule qui permette de voyager efficacement dans cette croisade littéraire que j’ai l’honneur de défendre devant vous.  En effet tous ceux qui parlent d’un livre qu’ils ont lu sont inévitablement influencés par ce qu’ils ont lu, et ce monorail mène tout droit à la pensée unique du train train littéraire, alors que ceux qui parlent d’un livre qu’ils n’ont pas lu gardent leur indépendance d’esprit.

 

Mesdames et Messieurs, nous voilà au terme de nos propos et la matière est maintenant sur votre table. De la matière et de la manière vous déciderez du sort et c’est modestement que je me rangerai à votre sage jugement même si, et cela ne vous surprendra pas, je ne le lirai pas.

 

Je terminerai en disant que je suis heureuse de vous voir là et honorée de votre écoute ; un court moment d’angoisse m’avait fait imaginer que vous eussiez pu décider de ne pas venir m’entendre, exprimant en cela une autre question : « peut-on évaluer une épreuve d’éloquence sans entendre l’élève discourir ? » ; voilà qui eut été une situation cocasse à laquelle j’aurais probablement répondu en choisissant de ne pas discourir, car à la question « peut-on évaluer une épreuve d’éloquence sans entendre l’élève ne pas discourir ? », vous eussiez alors été plongés dans le plus grand embarras.

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Blog Translation

English

Meteo

click for Bombay, India Forecast

Visiteurs depuis avril 2010

free counters

Partager

Recherche

Annonces

Nouveaux Arrivants : conseils

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés