Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 13:03

Travailler avec les indiens… Voila quelques temps qu’Olivia m’incite à écrire un article sur les relations de travail avec les indiens.

Pour situer le champ de mon expérience, je précise que j’ai des relations avec les indiens de la banque, les indiens des sociétés liées à la banque et des indiens de sociétés ou de banques sans lien avec la banque.

Tout d’abord je dois dire que dans mon environnement professionnel immédiat on ne perçoit pas du tout les différences qui existent entre indiens ; dans la banque il y a des hindous, des sikhs, des catholiques et cela ne semble poser aucun problème. L’absence quasi-totale de musulmans s’explique par le fait que les musulmans sont très peu présents dans le secteur bancaire.

Par ailleurs, les cadres ne sont pas tous originaires de Bombay et cette différence ne pose pas non plus de probl èmes. Cela dit, il y a quand même un certain effet de « réseau » entre personnes originaires du même Etat ou de la même ville. Les relations sont simples, plutôt chaleureuses et directes. Bien évidemment la plupart des cadres travaillent dans la banque depuis de nombreuses années et sont imprégnés de la culture d’une grande banque française. Les indiens sont plutôt « bon enfant » et on les fait rire facilement.

Il y a une certaine discipline dans la vie professionnelle et cela se voit lors des réunions qui ont lieu à l’heure et où la discipline de parole est respectée. La hiérarchie n’est pas un facteur inhibant ou poussant à l’autocensure. Dans un univers imprégné de culture « multinationale », les personnes expriment naturellement ce qu’elles pensent et le dialogue n’en est que plus facile.

Mais la situation est différente dans des univers 100% indiens. Globalement les deux choses qui sont assez différentes sont la communication et la notion de temps.

En matière de communication, les indiens ont assez tendance à peu communiquer, notamment dés qu’il s’agit de faire un « suivi » sur un projet ou une opération. Je suis souvent obligé de relancer pour avoir des réponses. Par ailleurs, ils n’ont pas tendance lorsqu’ils communiquent à étayer leur position ; c’est parfois très laconique et il faut poser des questions pour avoir tous les éléments de compréhension. En d’autres termes c’est souvent la moitié de l’histoire qu’on vous raconte…

J’ai aussi observé que les indiens pouvaient très mal communiquer entre eux lorsqu’il s’agit d’indiens de sociétés différentes et surtout de castes différentes. A plusieurs reprises j’ai eu à gérer des situations entre des représentants de deux sociétés différentes mais plus ou moins liées à la banque, situation dans lesquelles la solution était simple pour parvenir à les mettre d’accord. Vis-à-vis de moi, et à chaque fois de manière bilatérale, les choses se passent bien, mais lorsque je leur demande de se voir sans moi et de conclure une affaire, la concrétisation ne se produit pas !

Une autre donnée à prendre en compte est le fait que nous sommes en réalité davantage dans une culture orale que dans une culture écrite. On me racontait une importante négociation entre la banque et un partenaire indien (pour une JV qui s’est finalement faite) et lors de l’une des ultimes réunions de négociation, le patron français tentait de convaincre son interlocuteur indien sur un point sur lequel l’indien ne paraissait pas confortable. Le patron français se tourne vers son conseiller (d’une banque d’affaire indienne) et lui fait part de son étonnement en disant « je ne comprends pas pourquoi il n’est pas confortable sur ce point puisque nous avons donné des garanties dans l’accord des actionnaires » ; son conseiller, bien conscient du gap culturel, lui a alors dit : « oui vous avez tout écrit, mais ce qu’il attend c’est que vous le lui disiez ! ».

Dans le quotidien, la prédominance de la culture orale sur la culture écrite fait que l’on envoie, à un moment donné un mail sur une problématique donnée et que rien ne se passe ! Assez frustrant ! Aussi maintenant lorsque j’envoie un mail (genre récap d’une problématique avec plan d’action), je téléphone le lendemain pour répéter au téléphone ce que j’ai écrit la veille…

Sur le temps, je pense que la notion du temps n’est pas la même que pour nous. Il y a chez les indiens une espèce de fatalisme du temps qui fait que le temps n’est pas une contrainte. On vous promet un dossier pour la semaine prochaine, mais celui-ci n’arrivera que deux mois plus tard et on ne voit pas très bien pourquoi vous vous en étonnez ! Les exemples sont nombreux, mais pour résumer, je dirai que ce qui se fait en 3 mois à Paris se fait en 6 ou 8 mois ici. Et les délais sont presque toujours repoussés… Ceci n’empêche nullement les indiens d’être très réactifs en situation d’urgence.

Lorsqu’on descend plus bas dans l’échelle hiérarchique, dans les fonctions d’exécution, les problèmes sont plus nombreux et l’un d’eux est le fait que l’on ne fait qu’une partie du travail qui est demandé… Ou lorsque vous posez une question sur une procédure, on ne vous donne qu’une partie de la réponse ; il faut donc reformuler et multiplier les questions pour être sûr d’être sur la bonne piste. Un peu épuisant…

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Vie quotidienne
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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 06:41

Akbar, le souverain de l'unité et de la tolérance…


Pendant les années d'exil, son fils et successeur Akbar « le Très Grand » – jamais nom ne fut plus prémonitoire – mène une vie difficile et aventureuse. N'ayant, dit-on, jamais appris à lire, il n'en est pas moins, avec Asoka peut-être, le plus remarquable souverain des Indes. Héritier à treize ans d'un empire encore chancelant, il laissera à sa mort, quarante-neuf ans plus tard, un pays solide. Des Indes, mosaïque de peuples que rien ne rassemblait, il fait l'Inde, pays presque entièrement unifié ; fruit de ses conquêtes du Malwa, du Gujarat, du Cachemire, du Sind, du Baloutchistan et de ses campagnes au Deccan – la grande affaire de son règne et de ceux de ses descendants – un pays de quelque cent à deux cents millions d'âmes, doté d'une industrie et d'un commerce florissants ; tout l'or du monde s'y accumule, les villes sont plus peuplées que Naples et Paris, les hautes classes jouissent de moyens illimités et le peuple, sans être riche, ne souffre pas de la faim. Akbar a d'ailleurs souci d'améliorer les conditions de vie de ses sujets. Il met fin au « règne du cimeterre », abolit l'impôt sur les non-musulmans, essaye d'interdire les mariages précoces et l'immolation de la veuve sur le bûcher (sati). Il a conscience que rien ne peut être construit durablement si la haine perdure entre musulmans et hindous. Il est, comme tous les Turco-Mongols, curieux des choses religieuses, soucieux d'organiser les églises et animé de cette tolérance dont son peuple a donné la preuve, notamment au Xinjiang avec les Ouïghours ou dans les steppes avec les Khazars. Il fait d'ailleurs de la liberté de culte la pierre angulaire de sa politique. Il veille à ce que les conquérants n'imposent pas leur religion. Il accueille et même attire les jésuites – Jérôme Xavier qui vécut en Inde de 1595 à 1619 en porte témoignage – et organise, conformément à la tradition de ses aïeux, des débats théologiques dans la « Maison d'adoration » (Ibadet Khane) qu'il fonde en 1575 à Fatehpur Sikri : prêtres hindous, jaïns, parsis, ulemas musulmans, missionnaires chrétiens y sont invités à débattre en sa présence de leurs diverses fois. À son entourage musulman, il donne des gages en faisant construire partout des mosquées dont celle, immense, de Fatehpur Sikri, à laquelle l'on accède par un véritable arc triomphal, le Buland Darwaza.

Cette ville de grès rouge, sortie de terre en quelques années, ensuite abandonnée – l'eau y manque – nous est parvenue intacte. Elle témoigne de l'esthétique akbarienne qui marie avec un rare bonheur les principes de l'architecture hindoue et islamique dans la forme très iranisée que les Timourides ont importée avec eux et qui s'affirme dans la tombe de Humayun, avec ces grands iwans que l'on dirait venus d'Ispahan.

Las des conflits idéologiques et des divergences inconciliables des points de vue, Akbar fait un nouveau pas en proclamant l'extraordinaire dogme de son infaillibilité, puis en fondant la « religion divine », Din-i ilahi, très syncrétique. C'est ajouter à son pouvoir politique absolu un absolu pouvoir religieux, réunir dans sa main plus d'autorité qu'un pape ou un calife. Si peu de gens semblent s'y être ralliés, elle devait cependant alimenter les discussions des historiens sur ce qu'ils ont nommé l'apostasie du musulman Akbar.


… mais aussi le créateur d'une école de peinture


Une des plus belles réussites d'Akbar, et la plus durable si jamais l'art est immortel, est la création de cette école. Humayun a ramené d'Iran des miniaturistes. Son fils les installe dans un atelier impérial, les comble de dons et leur rend visite chaque semaine. Ainsi naît la grande école moghole de peinture. D'abord sous influence iranienne, elle acquiert en quelques années sa personnalité propre. Renonçant à illustrer les textes classiques, les artistes se tournent vers l'observation de la vie quotidienne dans ses aspects les plus brillants – réceptions, chasses, batailles – mais aussi familiers – rêveries dans un jardin, conversations sur une terrasse… Ils prennent pour sujet les fleurs, les plantes, les animaux, traités avec naturalisme, même si parfois ils servent à réaliser des compositions allégoriques, voire fantastiques. Ils s'engouent pour le portrait sans complaisance des puissants, que les empereurs obligent à poser. Très tôt, les femmes servent de modèles et au XVIIIe siècle, en réaction contre l'austérité d'Awrengzeb, dans des ateliers régionaux, la peinture pénètre l'intimité des gynécées : la femme à sa toilette devient un sujet favori comme les scènes amoureuses, parfois galantes, parfois osées, qui ramènent l'Inde à ses antiques traditions de sensualité. Dès Akbar, passionné des œuvres apportées par les Portugais, l'influence européenne est sensible. On copie, on imite, et le goût pour l'exotisme met à la mode les Vierges à l'enfant, les Nativités, les Méditations du rosaire, les figures des saints chrétiens et les visiteurs étrangers.

A SUIVRE

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Histoire
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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 14:24


Il y a quelques temps nous rapportions un fait divers des campagnes ; des femmes étaient obligées de plonger leurs mains dans de l'huile bouillante, non pour se laver les mains, mais pour laver leurs pêchés... ou à peu près!

Ce mois-ci un autre "drôle" de fait divers s'est passé dans la campagne indienne.

Cela se passe dans un village nommé Munda Dundha, dans l'Etat de Jharkhand, au nord est de l'Inde.

Une fillette a été obligée de se marier avec un chien errant, seul moyen de chasser les mauvais esprits qui en voulaient à cette famille. Tout le village, à grand renfort de tambours, a participé à la cérémonie du mariage.

Les villageois ont précisé que la fillette ne serait pas obligée de divorcer lorsqu'elle décidera de convoler avec un humain à deux pattes !

On imagine, par une amusante inversion des coutumes, que c'est la jeune mariée qui offrira un collier à son nouveau canin de mari...

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Insolite
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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /Fév /2009 13:47

Geoffroy et moi avons quelque scrupule à évoquer les problèmes de chauffeurs, car cela fait vraiment bavardage de millionnaires !
Restituons d'abord le contexte pour éviter tout dérapage fantasmique ! Conduire ici est un véritable supplice ! Les voitures roulent n'importe comment et rien n'est respecté, le tout dans un concert incessant de klaxon, et c'est chacun pour soi, raison au plus audacieux, bref la loi de la jungle est la seule référence qui vaille !
Ensuite, il faut comprendre que c'est bien beau de s'arrêter quelque part mais qu'il n'y a en général pas de place pour se garer. Les parkings, les parcmètres sont des choses encore inconnues ici !
Donc conduire sans chauffeur c'est un peu comme vouloir apprendre à jouer au golf tout seul !

Notre brave Vijay, notre chauffeur depuis que nous sommes là, mais de moins en moins brave ces dernières semaines est parti ! Il est soi-disant parti à Calcutta, un de ses oncles étant mort. Sauf qu'il a été incapable de nous dire quand il reviendrait et nous sommes sans nouvelles de lui depuis trois semaines. Notre entourage plus expérimenté nous dit que c'est une façon habituelle de faire et qu'il a trouvé un autre job ! Sympa ! Evidemment nous pouvons dire bye bye au prêt que nous lui avions fait. C'est sans doute le coût de notre apprentissage !

Nous avons du trouver en urgence un autre chauffeur et là depuis une semaine en sommes au cinquième ! Le premier qui devait venir n'est pas venu. Le deuxième avait un cerveau vidé de son contenu, un autre ne parlait pas du tout anglais, le dernier très brutal dans sa conduite... Un autre demandait trois fois le prix normal... Pas évident de trouver chaussure à sa pointure !

Finalement nous avons retenu Nelson (ce n'est pas le prénom qui nous plaisait le plus !), un monsieur d'un certain âge, sérieux. Pour l'instant çà va... Bien sûr, fort de notre expérience, nous lui avons expliqué comment nous fonctionnions.

Nous avions écrit cet article il y a dix jours sans le publier. Bien nous en a pris car ce matin notre Nelson national (à coté duquel le fameux Nestor de Tintin pourrait briguer le Prix Nobel) m'explique dans un anglais plus qu'approximatif qu'il ne pourra pas rester à notre service car la clef qu'on lui a donné pour accéder aux toilettes de l'immeuble ne fonctionne pas ! Voilà Nelson dans tous ses émois, pris d'une envie pressante... de démissionner. Nous réglâmes le problème sur l'heure en philosophant sur la dérive de l'ncontinence...

Deux jours après, Nelson va jouer la scène de Trafalgar ! Il a maintenant besoin d'un local pour se reposer et ce en prévision de la mousson... Bref, nous comrpenons qu'il ne souhaite pas rester...  Nous voilà de nouveau contraints de repartir en chasse ! Depuis hier nous avons trouvé Rajan... suite au prochain épisode !

Vraiment passionnant, cette gestion des chauffeurs !



Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Vie quotidienne
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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /Fév /2009 06:36

Nous publions le texte intégral d'un article trés intéressant sur les Grands Moghols, article écrit par Jean-Paul Roux, Directeur de recherche honoraire au CNRS et ancien professeur titulaire de la section d'art islamique à l'École du Louvre.

Si, officiellement, la dynastie des Moghols régna de 1526 à 1857, seuls six, parmi eux les premiers, furent véritablement « grands » et apportèrent à l'Inde puissance, prospérité et unité, tolérance et raffinement esthétique. La vie et l'œuvre de ces empereurs qui modelèrent le visage de l'Inde pendant près de deux siècles nous sont présentées par Jean-Paul Roux qui a publié chez Fayard Histoire des Grands Moghols en 1988 et Histoire des Turcs en 2000.


Ils sont six à pouvoir porter le titre de Grands Moghols : Babur, Humayun, Akbar, Djahangir, Chah Djahan et Awrengzeb qui règnent sur les Indes de 1526 à 1707. Leurs successeurs jusqu'en 1857, année où les Anglais renversent la dynastie avant de ramasser la couronne pour la placer sur la tête de la reine Victoria (1877), ne le méritent pas : ce sont des pantins. Les princes rivalisent, se déchirent, ne font que passer sur le trône : dix se succèdent entre 1707 et 1761. Le premier, Bahadur Chah, (1707-1711) aurait peut-être pu sauver l'empire, mais il est trop vieux et doit d'abord éliminer son frère et compétiteur. Les autres sont des débiles, des débauchés, des avides et, de surcroît, des pauvres. Le trésor impérial a fondu en partie dans les campagnes d'Awrengzeb. Les malheurs subséquents l'achèvent : le dernier des grands conquérants asiatiques, un Turc du Khorassan, Nadir, se fait proclamer chah d'Iran en 1736. Il traverse l'Afghanistan, écrase les Indiens, entre dans Delhi (1739), y tue, viole, pille les palais impériaux et ceux des particuliers. La caravane qui emporte son butin compte dix mille chameaux, mille éléphants, sept mille chevaux.

L'empire ne s'en relève pas. Le Pendjab passe à l'Iran, les rajahs recouvrent leur indépendance. Les Mahrattes, seule puissance subsistant alors en Inde, commettent l'erreur de défier Ahmad Khan Abdali, le successeur de Nadir Chah. Ils sont écrasés à Panipat (1761), là où par trois fois se joua le destin du sous-continent. Il ne reste rien pour s'opposer aux entreprises européennes. On sait comment les Anglais l'emportent. L'empire connaît un siècle et demi de décadence, puis de vassalité, alors qu'il a vécu cent quatre-vingt-un ans dans une gloire au souvenir impérissable.


Et Babur, prince de génie, crée l'Empire moghol


Il est nommé moghol, c'est-à-dire mongol, parce qu'en Asie centrale tout chef de guerre de quelque envergure se réfère au souvenir de Gengis Khan. Il est pourtant turc, plus exactement turc timouride. Babur, descendant de Tamerlan à la cinquième génération, a d'abord cherché à régner dans la capitale de son aïeul, Samarcande. En vain. Il se résigne, en 1504, à devenir roi de Kabul pour cependant, dernier de sa famille, prendre trois ans plus tard le titre de padichah, empereur. Il y a là une double promesse : Babur devient un héritier légitime et – l'histoire l'a appris – Kabul, par sa position, invite à descendre en Inde. D'ailleurs, il le dit : il y a déjà longtemps que les Turcs n'y sont pas allés et, puisque l'empire de Delhi, l'empire du Nord des Indes, est aux mains d'Afghans, les Lodi, il est nécessaire et juste de les remplacer. Après quatre campagnes exploratoires, Babur, en novembre 1525, en commence la conquête. Rien n'est plus surprenant que de lire dans ses Mémoires, un des chefs-d'œuvre de la littérature turque, avec quelle simplicité il note cet événement.

Il a douze mille hommes avec lui. C'est peu. Il a du génie. C'est beaucoup. Le 21 avril 1526, il vainc Ibrahim Lodi à Panipat. Le 24, il entre à Delhi, le 10 mai à Agra. L'Empire moghol est né. Quatre ans plus tard, il meurt, âgé de quarante-huit ans ! Il s'est rendu maître de tout le nord du pays jusqu'au Bengale, occupé en 1529.

À côté de cette extraordinaire personnalité, génial chef de guerre, poète de talent (Divan), mémorialiste hors pair (Les Événements), et simplement homme amoureux de la vie, des fleurs, des jardins, de tous les plaisirs, et capable de s'en repentir, son fils paraît falot. Il ne l'est pas. Intelligent, bon soldat, très cultivé, parlant quatre langues et connaissant les sciences, il doit faire face, dès la mort de son père, aux soulèvements de ses frères, des Afghans dépossédés et de tous ceux qui, du Bengale à l'Oxus, n'acceptent pas la domination « moghole ». Il n'y résiste pas. Lorsqu'en 1540 un Turc d'Afghanistan, Chir Chah, l'oblige à s'exiler, Humayun a alors toutes les chances : non seulement l'Iran le reçoit royalement et met une armée à sa disposition, mais en 1545 Chir Chah meurt accidentellement, ne laissant qu'un fils médiocre et un merveilleux tombeau qui se dresse sur un îlot à Sassaram. C‘est long, mais Humayun reconquiert son empire. À Delhi en 1555, il se tue six mois plus tard en tombant dans un escalier. Sa veuve lui élève dans cette ville un grandiose mausolée, le premier de ces palais funéraires qui, malgré la loi de l'islam, étaient de mode en Asie centrale.

A SUIVRE

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Histoire
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Samedi 14 février 2009 6 14 /02 /Fév /2009 13:27

Il s'agissait des Grands Moghols, en fait des 6 grands empereurs Moghols. Cela n'était pas évidemment à deviner simplement en regardant les images (Julien y est cependant parvenu) mais nos lecteurs devaient certainement se douter que nous allions bien un jour leur parler des grands moghols ! Nous préparons d'ailleurs en ce moment une fiche de lecture sur François Bernier (celui dont le récit inspirera La Fontaine, et surtout celui qui fit le premier connaître l'empire moghol en Europe) qui passa plusieurs années à la cour du dernier de ces empereurs.

Mais notre devinette contenait la réponse dans le texte et personne ne l'a remarqué... Il y a donc une devinette dans la devinette !!!  (vraiment trop fort ce blog !)  Bon, nous vous laissons quelques jours pour contacter les spécialistes du décryptage et déchiffrage des textes codés... hé hé !

Nous allons donc publier dans les jours à venir un article remarquable "l'empire éblouissant des Grands Moghols" écrit par Jean-Paul Roux (chercheur CNRS et ancien titulaire de la section d'art islamique à l'Ecole du Louvre ). Ceci vous permettra de plonger dans cet univers assez fascinant des grands moghols.

Nous terminerons sur ce dessin, fait par Geoffroy il y a quelques années, mais dont la légende est évidemment inspirée par cet article... Qui a dit que tout finissait en chansons ?

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Histoire
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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 12:26

Les voici en images
Estampes d’hommes d’âge
Sont bien leurs visages

Généralement ils sont dans les mémoires
Rarement oubliés de l'histoire
Avec leurs fastueuses gloires
Nonobstant leur miroir
Devant lequel on est obligé de croire
Sans hésiter à leurs tours d’ivoire

Mais qui sont-ils ces personnages anciens ?
Où ont-ils habité et sait-on qu'ils sont
Grands, aux yeux des Indiens
Où ont-ils brillé et certains à foison

Leur nombre n'est pas rien
Six d'entre eux seulement ils sont !

NDLR : ci-dessous 5 portraits. Pas de portrait disponible du sixième...


 





















  
Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Histoire
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Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 12:04

Nous prévoyons d'aller passer un week end à Kolkata le 23 février, profitant (encore!) d'un jour férié.

Si vous avez des suggestions à nous faire (livres, lieux à visiter) nous sommes intéressés bien sûr. Si vous avez des questions sur cette ville auxquelles nous pourrions répondre à l'issue de ce petit voyage, n'hésitez pas.

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Voyage Tourisme
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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 13:32

Ce mercredi je devais me lever tôt, à 5h, pour partir à 5h30 direction l'aéroport afin de prendre le vol Air India de 7h05 pour Chennai...
A 4h45 coup de téléphone d'Air India qui me prévient que l'avion partira 40 mn plus tard que prévu ! Bravo la technologie et le sens commercial de la compagnie qui me réveille avant l'heure pour me dire, en somme, que je peux continuer à faire un petit somme !
Quelques minutes plus tard je reçois un email me confirmant le retard...

Peu après je suis dans la salle d'embarquement en train de lire le journal. Air India fait la une et on apprend que deux accidents ont été évités de justesse ! Le premier l'avant-veille lorsque trois hélicoptères (de la flotte présidentielle) se sont posés sans autorisation sur l'une des pistes ! La tour de contrôle les a bien averti de ne pas se poser mais ils étaient sur une autre fréquence radio ! Du coup la tour ordonne à un autre vol Air India de ne pas décoller; mais les moteurs sont lancés et ce n'est que 18 secondes plus tard que le pilote interrompt le décollage freinant brutalement son appareil !

La veille deux avions Air India se sont frôlés à 100 m de distance alorsqu'ils étaient en vol. Aucun des deux ne respectait son altitude ! L'un des pilotes a heureusement réagi à temps à l'avertisseur sonore qui s'était déclenché (les klaxons, ils aiment çà)...

Tout ceci me rappelle un autre incident qui s'est produit il  y a quelques mois à Bombay (un jour de notre retour) lorsque, pour une raison non élucidée ou non avouée, le train d'atterrissage avant d'un avion d'Air India s'est subitement cassé alors que l'embarquement allait commencer... (voir photo) !

Bon, bon, tout est bien qui finit bien ! Mais pour rentrer de Chennai, j'ai pris un vol Kingfischer...

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Insolite
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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 10:02
Une de nos lectrices avisées (oui car nous avons plusieurs lectrices avisées), nous demandait la signification du texte qui accompagnait les publicités Amul auxquelles nous consacrions un article tout récemment.

Voilà donc les traductions de l'hindi...












Sur cette pub, la phrase en hindi veut dire: "vous êtes un menteur", et il s'agit d'un jeu de mot car l'expression contient le mot Joota qui veut dire chaussure et aussi vie...











Cette phrase veut dire : le Taj ne cassera jamais / le Taj ne pliera pas (la pub accompagnait la réouverture de l'Hotel Taj après les attentats de novembre)












Ces trois mots sont une parodie d'une expression courante : Satyam, Shivam, Sundaram ce qui veut dire Vérité, Divinité, Beauté.
Comme on le sait, Satyam est aussi le nom de cette société informatique qui a défrayé la chronique en Janvier pour avoir falsifié ses comptes pendant 5 ans ! L'expression courante Satyam, Shivam, Sundaram  est donc devenue sur la pub, Satyam (la société informatique), Sharam (honte), Scandalam (scandale).

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Actualité et société
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