Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /Mars /2009 13:21

Voilà un livre que nous voulions nous procurer et que nous avons trouvé par hasard dans une librairie de Kolkata.

Les lecteurs du blog sont maintenant familiers avec le Maharadja Ranjit Singh (1780 - 1839) au service duquel le Général Allard a mis son énergie et ses talents, participant ainsi, avec d’autres, au rayonnement du Royaume de Lahore.

Ce livre est donc tout entier consacré à Ranjit Singh et évoque l’histoire du Punjab, la Cour de Lahore, l’armée du Royaume, la Religion et l’Education de ce lieu et de cette époque.

La personnalité de Ranjit Singh explique sans doute beaucoup de choses dans l’histoire de ce Royaume qui résista à la volonté de conquête britannique ; Ranjit Singh était un homme qui savait s’adjoindre des hommes de qualité et se situer au-dessus des barrières morales et religieuses de son époque.

Ce livre est écrit par Jean-Marie Lafont qui est un universitaire français détaché en Inde et enseigant à l'Université de Delhi. Nous aurons l'occasion prochainement de vous reparler de Jean-Marie Lafont avec lequel nous sommes en contact.


Pour ceux de nos lecteurs qui vivent en Inde, ce livre peut être trouvé chez Oxford (peut-être aussi chez Crosswords). Nous indiquerons prochainement à nos lecteurs comment se procurer cet ouvrage et si des lecteurs vivant en France sont intéressés merci de nous le dire, nous essaierons de trouver une solution. Nous précisons que ce livre est publié en anglais, mais nos lecteurs sont tous à l’aise dans cette langue.

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Lectures
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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 15:26

Voilà une nouvelle qui fera plaisir à tous nos lecteurs !

Le site d'actualité "Aujourd'hui l'Inde" nous a "nommé" Blog du mois et nous référence parmi les blogs consacrés à l'Inde. Ce site est un
site d'information sur l'actualité indienne fait par des journalistes professionnels et nous le consultons souvent (http://www.aujourdhuilinde.com/home.asp).

Bref, cela nous fait plaisir  à nous aussi...


Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Blogosphère et sites
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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 13:47

 

Comme vos camarades indiens vous avez du passer des examens. Comment cela s’est-il passé ?

 

Julien : Nous avons passé les mêmes examens que les Indiens. Nous n'avons pas eu l'autorisation d'utiliser un dictionnaire et d'avoir du temps supplémentaire. Ce qui fait que nous sommes évalués sur la matière enseignée et sur notre anglais.

 Pour ma part, le professeur de marketing m'a dit que j'avais très bien réussi mon examen. Seulement il m'a retiré des points car je me contentais de donner la bonne réponse en quelques lignes au lieu de le faire en plusieurs pages ! D'une part je n'ai pas les capacités linguistiques pour écrire 2 pages pour définir une notion de cours, ni même la rapidité d'exécution et d'autre part si la réponse tient en 5 lignes dans mon cours, pourquoi en écrire 60 ?

 Les autres étudiants m'ont dit qu'il fallait beaucoup écrire lors des examens pour avoir de bonnes notes. D'ailleurs j'ai été surpris de les entendre parler en termes de nombre de pages lorsque j'ai demandé comment les examens étaient évalués.

 

Lou : Les examens se sont bien passés dans l’ensemble. Nous avons passés en tout six matières à savoir Marketing, Logistics, financial management, Management accounting, Effective communication et rural marketing.

Les examens ont été constitués principalement de restitution de connaissance pour par exemple la logistique ou le marketing ou le rural. Seul la présence d’un case study, qui consiste à répondre à des problématiques marketing en s’appuyant sur un cas précis, nous demandait de réfléchir un peu.

Concernant les épreuves de finance et de comptabilité, nous avons du résoudre des exercices et donner des définitions. Seul l’examen d’effective communication a été complètement différent. En effet, nous avons du dessiner une BD, écrire un article de journal ou encore trouver un jingle radio contre le réchauffement de la planète.

En résumé, je dirais que nous n’avons pas rencontré de grosse difficulté pour les examens.


Morgane :
Ceci dit, nous attendons toujours la moitié de nos notes, perdues entre 2 bureaux je suppose.

 

En ce qui concerne les castes en Inde, avez-vous remarqué des différences entre les étudiants de votre école ?

 

Julien : Nous n'avons pas remarqué des différences entre les étudiants au niveau des castes.

Par contre nous avons remarqué une hiérarchie régie par la richesse. Un étudiant du sud qui est déposé par son chauffeur n'a pas du tout la même attitude qu'un étudiant qui vient du nord par le train.

 De plus nous avons remarqué une différence entre les étudiants dont la langue maternelle est l'anglais et ceux dont la langue maternelle est l'hindi. Dans les groupes de projet choisis librement, vous aurez 4 indiens avec un accent imperceptible et dans un autre groupe vous aurez 4 indiens qui parlent anglais pourtant vous jureriez qu'ils parlent hindi. Clairement ils ne se mélangent pas.

 

De plus il y a encore une distinction entre les étudiants dont la langue maternelle est l'hindi et ceux dont la langue maternelle est le marathi (dialecte de Bombay et sa région).

Les étudiants "Anglais" et "Hindi" se moquent des étudiants "Marathi" lorsqu'ils parlent anglais ou hindi en disant qu'ils ne comprennent pas le Marathi. C'est surtout vrai depuis qu'un parti politique marathi veut expulser tous les non-marathis de Bombay.

 

Les indiens nous ont dit que personne à St Xavier's ne peut connaître la caste des autres étudiants. Personne ne crie sur les toits qu'il est brahman ou intouchable. De plus beaucoup d'étudiants nous disent ne plus croire dans les castes. Ils sont jeunes et tournés vers l'occident,  personne ne revendique le bien fondé des castes.

 

Lou : Je pense que les castes au sein de notre collège ne sont que très peu représentées peut-être que cela est dû au fait que nous étudions au sein d’un collège assez réputé et dont les frais d’entrée ne sont pas abordables à toute la population indienne. Donc, la « sélection sociale » est effectuée avant l’entrée. Je pense que globalement les élèves proviennent tous de la classe supérieure (moyenne et haute). Nous avons tout de même remarqués certains écarts au niveau de la maîtrise de l’anglais ou au niveau vestimentaire.

 

Morgane : Au sein de Saint Xavier, les différences visibles sont surtout celles que creuse l’argent. Comme partout, certains ont plus de moyens que d’autres. Peut être un peu plus visible ici entre la voiture avec chauffeur ou le train ou le niveau d’anglais par exemple, mais ce sont surtout des différences de « classe sociale ».

 

 

En matière de relation garçons-filles en milieu universitaire, ce que vous avez pu observer est-il différent de ce qui existe en France ?

 

Julien : A St Xavier's, il y a très peu de couple. Ce n'est pas qu'il n'y en a pas, mais ils ne s'affichent pas. Si un professeur vous surprend en train de vous tenir la main, vous enlacer ou sacrilège suprême, vous embrasser, vous devez donner votre Identity Card et payer 100rs pour la récupérer. 100rs pour un étudiant Indien c'est environ 10 euro pour un étudiant Français.

 

Il n'y a pas de groupes hétérogènes. Les garçons parlent entre eux, les filles parlent entre elles. Les garçons me disaient que c'est très dur pour eux d'aborder une fille, c'est un peu comme courir ou aller à la piscine, c'est pas leur truc !

 

D'une manière générale, les Public Display of Affection ne sont pas répandus en Inde, de par la culture et la morale Indienne. D'ailleurs, je l'ai appris à mes dépens, les policiers de Bombay sont devenus la "moral police" au lieu de protéger les habitants de la ville. On ne compte plus les faits divers où des jeunes ont eu le malheur d'être trop expansif (ou suspectés de l'être) dans un lieu public. Ils sont emmenés au poste de police et ils doivent faire des excuses, le but étant de les humilier pour qu'ils ne recommencent plus à…se donner la main ou s'enlacer.

 

Lou : A part le fait que les PDA (Public Display of Affection) soient proscrits dans l’enceinte du collège, je n’ai pas remarqué d’énormes différences. Ils ont le contact garçon-fille moins facile, très souvent lorsque nous devons composer des groupes de travail pour les projets ils ne sont que très rarement mixtes. Certains sont aussi assez pudiques dans le sens où ils n’osent pas trop parler aux filles et d’autres ne rencontrent aucun problème.

 

Morgane : Les PDA (Public Display of Affection) sont interdits au sein de l’université. Personne ne se tient la main, ou ne s’embrasse, même si parfois, quelques gestes en disent long.

Hormis cette règle, les relations sont différentes, peut être plus innocentes ici. Nous sommes en 3ème année de Bachelor et pour ce que nous avons notés, filles et garçons se comportent comme nous le faisions au lycée.

Beaucoup  d’élèves sont en couple depuis longtemps, avec un(e) ami(e) d’enfance.

 

D’une manière générale, comment les étudiants indiens perçoivent-ils la France ?

 

Julien : Nous n'avons pas échappé aux clichés fromage-parfum-vin cependant certains étudiants nous disaient rêver d'aller en France pour l'Art, les musées ou les monuments. D'autres étudiants nous ont tout de même parlé de Carla Bruni !

 

A vrai dire ils ne connaissent pas grand-chose de la France. Ils nous ont posé beaucoup de questions. Pour eux, la France et l'Espagne c'est un peu le Gujarat et le Rajasthan pour nous ! Quand nous parlons d'Inde, ils parlent d'Europe.

 

Lou : A part certains qui ont déjà été en France ou ont étudié le français, ils ont tous une idée très vague de ce pays et connaissent seulement quelques références telles que le nom du président ou le fait que la cuisine est très bonne.

Certains étudiants nous demandent quand même parfois des informations sur comment partir étudier en France. Ils sont en général assez impressionnés et nous posent beaucoup de questions sur les différences culturelles ou alors avez-vous ceci ou cela en France, des questions sur les produits disponibles, sur comment se déroulent nos cours etc… Ils aiment comparer nos modes de vie.

 

Morgane : La France, comme toute l’Europe ou les Etats-Unis est très bien perçue. La majorité des étudiants de Saint Xavier’s ont déjà visité la France, Paris du moins.

J’ai tout de même remarqué que si les Etats-Unis ou l’Angleterre sont des pays où beaucoup se voient travailler et s’installer pour y vivre, la France reste un pays de vacances avant tout.

                                                                                                     A SUIVRE

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Etudier en Inde
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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 10:22

Petit sentiment de culpabilité venant de Geoffroy et de moi n'ayant toujours pas été voir le très oscarisé Slumdog Millionaire, je me décide alors à découvrir à la maison un monument du cinéma indien : "Mother India", réalisé par Mehboob Khan en 1957,  est intérprété par Nargis.

Premier film indien a être nommé aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger. Immense succès public ainsi que de la part de la critique. Ce film cinquante après est toujours considéré comme l'un des meilleurs films indiens jamais réalisé et est souvent comparé à "Autant en Emporte le Vent", qui est également un véritable monument du patrimoine cinématographique américain.

Les premières images du film montrent Radha, devenue vieille qui se souvient de ses luttes alors qu'elle vivait heureuse avec son mari Shamu et ses enfants. Dans le champs de la caméra, on aperçoit un tracteur, des centrales électriques, des routes pour montrer le succès de l'Inde moderne, dix ans après son indépendance.

Pour en arriver là des difficultés ont du être affrontées. Le réalisateur Mehboob Khan les retrace au travers du destin de cette mère de famille, Radha, qui se souvient de son passé. Tout d'abord son mariage pour lequel ils se sont endettés, de leurs trois enfants avec lesquels ils ont vécu pratiquement dans la misère et leur terre qui fut vite hypothéquée par Sukhilala, un usurier bien cupide. Puis, son mari perdit les deux bras dans un accident et décida de la quitter. Seule, Radha éleva ses enfants et continua à se battre pour défendre ses droits.

Le réalisateur filme avec grand réalisme le courage surhumain de cette femme en insistant sur le dur labeur d'une mère qui cultive la terre sans se laisser abattre. Mais un conflit s'élèvera avec l'un de ses fils rebelle qui sera chassé du village et deviendra bandit. Radha n'aura pas d'autres choix que de tuer ce mauvais fils qui menace l'honneur du village. Mother India est d'un côté empreint d'un grand réalisme social de l'époque avec de nombreuses scènes tournées en extérieur (très rare à Bollywood) ; certaines sont directement inspirées du cinéma soviétique ou chinois commes par exemple les chansons qui magnifient le paysan au travail, la terre de tous ses espoirs.  Ce film a également tous les ingrédients d'un grand mélodrame avec son lyrisme exacerbé, ses malheurs et luttes à répétition où chants et danses s'invitent à tout instant.

Mother India est devenu un des classiques absolus du cinéma indien et fut applaudi dans le monde entier ; il aura permis à la grande Nargis d'interpréter l'un de ses plus beaux rôles où elle incarne le corps et l'esprit du film !

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Films
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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 18:10

 

 













Nous avons chaud ! Et les températures actuelles sont bien au-dessus des températures que nous devrions avoir normalement (30° maxi). Nous sommes à 35° et certaines prévisions annoncent même 38° !
Soleil, soleil certes, mais on a chaud !
Si vous ne voyez plus de nouveaux articles sur ce blog dans les prochains jours, c'est que nos deux ordinateurs auront fondu !


Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Vie quotidienne
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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 10:30

Ce texte est publié dans le cadre d'une intitiative de l'Association des Blogueurs Francophones de Bombay dont nous avons parlé hier. Sur le thème "B comme Bombay" une dizaine de blogueurs publient aujourd'hui un article sur ce thème. L'ensemble de ces articles seront dans les jours qui viennent publiés sur le blog de l'Association : http://lebombayblog.canalblog.com/     Voci le nôtre...

Dans ce blog nous voulons vous faire partager notre découverte de l’Inde et nous essayons de vous faire mieux comprendre la réalité indienne (entre autre !). Ceux et celles d’entre vous qui ne connaissent pas l’Inde ou pas Bombay lisent ce que nous écrivons et puis imaginent ce que peut être notre vie à Bombay. Mais ce n’est pas toujours facile car cela reste lointain et donc un peu virtuel.

 

Alors essayons autre chose.

 

Et là  nous nous adressons plus particulièrement aux parisiens et à ceux qui connais sent Paris ! Voilà, c’est simple posons nous la question de savoir comment serait Paris, si Paris devait ressembler à Bombay ? Bing – bang, nous sentons que vous êtes déjà un peu interloqué ! Vous allez vite comprendre…


Focus donc sur le croisement du Boulevard St-Germain et la rue de Rennes ! Voilà, vous y êtes. Nous voulons dire, imaginez que vous soyez exactement à cet endroit. Il fait beau mais chaud ; 35° ! Normal nous sommes en Inde, avant l’été ! Bon vous cherchez du regard le grand kiosque à journaux prés du Café de Flore. A sa place un vendeur assis par terre à coté de tous les journaux étalés sur le trottoir. Les gros titres sont sur Bertrand Delanoë qui exhorte les hindous de Paris à chasser les hindous de province qui montent à Paris et qui en plus ne parlent pas le parisien.


Puis vous prenez la rue de Rennes, coté droit en remontant vers Montparnasse. Pas de nom de rue, normal ce serait trop simple. Vous voulez traverser le boulevard Saint-Germain ? Bon courage, car pas de feu, pas de passage piéton, bref bonne chance. Heureusement avec les embouteillages vous arrivez à vous faufiler (nous adorons ce mot, depuis que nous sommes en Inde, qui nous fait penser à un faux-filet) entre les voitures. Vous avez mal aux oreilles à cause du bruit des klaxons. Bon, mais que faire ? Et puis il y a un monde fou !

Vous appréciez de vous retrouver à l’ombre de ce grand banian dont le tronc, peint en blanc et rouge, fait bien 4 m. Il y a du reste plein de banians sur le boulevard et cela repose. Le feuillage vous empêche de voir le clocher de l’église Saint-germain des Prés, mais en fait c’est normal que vous ne puissiez le voir car à la place de l’église il y a un temple hindou et des milliers d’hindous font la queue sur le boulevard pour pouvoir entrer dans le temple : ma parole, mais on joue à guiches fermés ! Et tout cela piaille, on se croirait dans un poulailler !


Vous vous dirigez vers le Monoprix du bas de la rue de Rennes ; vous savez ce grand Monoprix au sous-sol duquel se trouvent tous les produits sympas et notamment épicerie, traiteur etc… Hé bien non, pas de Monoprix ! Pas encore inventé en Inde. Au mieux une mini supérette qui vend trois choix de yaourt, deux marques de beurre. Ah pour les tomates, il faudra aller dans une autre mini supérette plus haut. Mais que vous êtes bien dans ce petit magasin ; la clim marche, il fait frais ! Vous prenez donc deux yaourts et une plaquette de beurre. Vous les donnez à un vendeur qui vous accompagne à la caisse ; lui-même les donne à un caissier qui tape l’équivalent de la moitié du Coran pour chaque produit acheté sur sa caisse enregistreuse ; vous payez avec votre carte de crédit d’où un quart d’heure supplémentaire ; à ce moment là, le type derrière vous à la caisse passe devant vous, ni vu ni connu. Le caissier vient de terminer son comptage. Commence l’opération carte de crédit. Bon, on vous demande votre passeport, vous ne savez pas très bien pourquoi mais c’est comme çà. Puis le caissier passe vos articles à un assistant qui va prendre le temps de mettre les articles dans un sac en plastique. Bref, vous avez passé 5 mn à choisir vos produits, et 15 mn à les payer… Normal.


On remonte la rue de Rennes. Là où vous cherchez le magasin Zara pour vous laisser tenter par quelques vêtements sympa, vous trouverez l’enseigne Raymond, le Tati du costume deux-trois pièces, tous quasi identiques les uns aux autres. Vous voulez continuer à marcher sur le trottoir, mais c’est dur ! Le trottoir est encombré de gens, de vendeurs plus ou moins ambulants… A coté de vous un homme assis par terre se fait raser. Là à droite, un cireur de chaussures. Il fait toujours aussi chaud ! La rue de Rennes est maintenant complètement embouteillée, une charrette lourdement chargée de cartons, tirée par un pauvre quidam, s’est arrêtée. Le gros bus rouge n’arrête pas de klaxonner et est coincé derrière un camion d’eau (water tank), car il faut bien livrer de l’eau dans les immeubles, non mais ? 
 

Vous souriez en regardant ces chiens errants tantôt sur le trottoir tantôt sur la rue.
Vous iriez bien chez le coiffeur ; çà tombe bien, voilà son échoppe ! Vous tombez d’admiration devant son unique fauteuil de coiffure : de gros blocs de cuir rouge brillants montés sur un pied en céramique blanche de forme conique ! Et il y a même une pédale ! Et au plafond un grand ventilateur qui joue au cyclone ; pratique pour éviter la formation des épis ! Mais pas le temps aujourd’hui et il fait trop chaud !

Devant vous un homme hurle dans son portable ; c’est marrant ils ont presque tous un portable, quelle modernité ! D’ailleurs vous repensez à votre dernière facture envoyée par votre opérateur : 12 € pour un mois de communication sur votre portable alors que vous l’utilisez tout le temps, çà c’est chouette !

 

Vous vous arrêtez devant la petite échoppe du serrurier là où hier vous aviez déposé une clef à refaire. Bien sûr elle n’est pas prête. Mais quand sera-t-elle prête, demandez-vous. « Après quelques temps » vous répond-on (ce qui est la traduction du « after some time » que nous entendons ici si souvent….).


Bon, vous avancez quand même. Pendant que vous regardez ces gros corbeaux noirs qui tourbillonnent au-dessus de votre tête, on vous bouscule ; un homme à peine vêtu et portant une grosse bouteille de gaz vous a vraiment bousculé ! Mais il faut bien livrer le gaz dans les étages et ces bouteilles vous font penser aux bouteilles de Butagaz de nos campagnes, oui, sauf que maintenant elles sont rouges !

Sur le trottoir, des marchands vendent des beignets trempés dans l’huile bouillante ; la fumée vous enivre. Les passants se servent avec les mains, normal. Les mêmes passants, ceux-là et les autres, crachent par terre. Bonjour les bactéries, mais c’est normal la rue est un lieu de vie !

 

Péniblement vous arrivez à la hauteur de la Fnac. Bien sûr pas de Fnac. Une échoppe vous propose des CD et quelques DVD. Mais que de monde sur ce trottoir, on n’avance pas. Et toujours ces klaxons, il fait vraiment chaud et soudain vous vous demandez si vous n’allez pas vous évanouir dans l’indifférence générale. Mais vous ressaisissez ! Un gouru illuminé vous croise ; il tient un bâton et vous remarquez ses yeux brillants ; il est drogué ou quoi ? Il vous fait immédiatement penser à cet illuminé de l’Etoile mystérieuse de Tintin courant dans la rue et annonçant la fin du monde. Derrière lui, une vache bien paisible semble le suivre. On se demande où elle peut aller ? Peut-être pense-t-elle qu’à St-Germain-des-Près, il y a encore des près ?


Vous arrivez maintenant en haut de la rue de Rennes et là vous cherchez la bouche de métro ! Mais le dentiste est passé par là, et il n’y a pas de bouche de métro, car nous sommes à Bombay je vous rappelle ! On n’avance plus sur le trottoir ; là il y a des échafaudages de bambou (car il faut préparer la vieille façade de l’immeuble à la mousson prochaine) et juste à coté on creuse dans le trottoir pour réparer une canalisation.


Tiens c’est bizarre les voitures ne sont pas garées parallèlement au trottoir mais perpendiculairement (dieu que ce mot est long !). Un passant fait apparemment office de gardien de parking du trottoir et encaisse ses sous.

De l’autre coté de la rue votre regard croise cette grande affiche publicitaire ; la pub est sur le beurre Président et on voit un dessin de Nicolas Sarkozy ! Ces pubs de la marque Président vous amusent (référence aux pubs du beurre Amul en Inde, pour ceux qui n’auraient pas bien lu un article précédent sur ce sujet).

 

Dépité(e), lassé(e), exténué(e), vous vous résignez à prendre un taxi pour rentrer chez vous en pestant car cela va vous coûter 15 euros et que vous allez devoir attendre dix minutes avant de trouver un taxi. Alors là, vous vous trompez complètement : cent petits taxis jaunes sont là, libres immédiatement si affinités, et ils vous prennent sans problème ; et autre bonne nouvelle, vous ne paierez pas 15€ mais entre 1 et 2 € pour aller n’importe où dans Paris. Seul ennui, pour aller de la rue de Rennes dans le 16° ou le 17° vous mettrez une heure… Mais à ce prix là, on peut prendre le temps d’en profiter.

Autre ennui si vous décidiez d’aller dans un endroit aussi peu connu que les Champs Elysées ou la Place de l’Etoile, il faudra alors indiquer l’itinéraire au chauffeur ; normal il vient d’un autre département (au hasard, la Creuse) et ne connaît pas la ville. Vous vous étonnez de la vétusté du taxi dans lequel vous êtes monté(e) et vous vous demandez s' il faisait partie des taxis de la Marne ?

Nous oublions, si l’envie vous prenait de faire un détour pour aller chez Picard, le Bon Marché, Hermès, le Printemps, Ikéa etc…  forget it car rien de tout cela n’existe dans ce nouveau Paris indianisé….

 

Au terme de cette promenade, vous êtes vraiment fatigué(e) ! Vous voilà avec un visage pâle ! Normal, vous êtes devenu(e) indien (ne) !!!

 

Bon, vous comprenez mieux maintenant notre vie à Bombay ?

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Bombay
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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /Fév /2009 13:36

Julien, Lou et Morgane sont trois étudiants français qui ont choisi de passer 9 mois à Bombay dans le cadre d’un échange universitaire entre leur école (l’IESEG School of Management de Lille) et le collège Saint-Xavier, un établissement universitaire réputé.

Nous avions rencontré Julien par hasard dans un magasin, peu après notre arrivée à Bombay, qui, tout surpris de nous entendre parler français, était venu vers nous. Nous le voyons souvent ainsi que ses deux amies étudiantes Lou et Morgane et les ayant entendu souvent évoquer leur expérience étudiante indienne, nous nous sommes dits que les lecteurs du blog seraient intéressés de partager leur expérience. Cette expérience est d’autant plus enrichissante que c’est la première fois que ce collège « Xavier » accueillait des étudiants étrangers. Pour eux, ce choix de l’Inde répondait à la volonté d’avoir une expérience dans un pays émergent et de connaître un pays appelé à jouer un rôle économique important. Mais il y a aussi chez eux une curiosité et un esprit d’aventure et sans doute le choix de tester leur capacité d’adaptation.

Nous les avons donc interviewés…

 

 

Par rapport aux cours dispensés dans votre école en France, comment sont les cours dispensés en Inde ? Existe-t-il des différences en matière de niveau, de pédagogie etc… ?

 

Julien : Les cours dispensés en Inde sont diamétralement opposés à ceux reçus en France.

 

A l'IESEG, nous avons des Cours Magistraux et des Travaux Dirigés. Les premiers se déroulent dans un amphithéâtre, le professeur fait une présentation PowerPoint, nous prenons des notes cursives sur le polycopié de cours distribué en début de semestre. Les TD se déroulent en groupe restreint où nous appliquons par la pratique la théorie acquise en CM.

 

A St Xavier's, il n'y a pas cette distinction. D'ailleurs on se demande s'il y a des travaux dirigés. Certains professeurs récitent leurs cours et nous passons notre temps à écrire, ce qui est une pure perte de temps car nous sommes concentrés sur la forme et pas le fond. Il serait tellement plus pratique de nous photocopier le cours et enfin commencer à travailler !

D'autres professeurs viennent avec un PowerPoint, nous obligent à le prendre en note et nous pouvons venir le chercher à la fin du cours sur une clé USB sur l'ordinateur du professeur…D'une manière générale, nous faisons presque exclusivement de la théorie.

 

Dans les connaissances enseignées, il y a une légère différence de niveau.

Nous avons des cours de 2ème et 3ème année. En 2ème année nous avons abordé les mêmes notions, à un degré moindre de difficulté, qu'en France lors de notre 2ème année.

 

Lou : Je pense que les cours qui nous sont dispensés sont d’un niveau bien inférieur à ceux que nous avions en France. Tout d’abord, deux professeurs se relaient pour nous enseigner les matières principales. La logistique et la finance sont les seules matières qui font intervenir des nouveaux professeurs. Alors qu’en France, nous changions souvent de professeur en fonction de l’évolution de la matière. De plus, nous avions régulièrement l’intervention de professionnels au cours de séminaire ou de conférence. Nos cours en France étaient divisés en théorie lors des amphithéâtres et partie exercice et pratique en TD (où le nombre d’élèves n’excédait pas les 20). Alors qu’en Inde, nous sommes tous 60 en classe et les cours sont nettement moins organisés.

Au niveau de la pédagogie, je pense que les professeurs ont un niveau inférieur aux professeurs en France. Cependant, notre école est une école complètement spécialisée dans le business et le management tandis que St Xavier est une université générale et la filière BMS (Bachelor of Management Studies) est une filière parmi les autres. Néanmoins, je pense que la section BMS pourrait gagner à avoir des professeurs plus spécialisés au lieu de multiplier les matières enseignées par chaque professeur.

 

Morgane : Il y a une énorme différence de niveau. Je me doutais qu’on n’allait pas retrouver des cours comme ceux auxquels nous assistions à Lille, mais j’ai tout de même été surprise et reste souvent ébahie en classe.

Comme nous l’ont expliqué certains étudiants, la Section BMS a été créée il y a 10 ans, elle est donc toute neuve, et a beaucoup de mal à se mettre en place.

Il y a 2 professeur (2 femmes) qui sont responsable de la section et donnent elle-même la moitié des cours. Nous avons en plus des professeurs spécialisés pour la finance, la comptabilité et la logistique.

Les professeurs de Finance et de comptabilités sont plutôt bon et les cours intéressant. Notons cependant que ce semestre, l’un de nos professeur de Finance (calcul réalisé d’après certaines informations glanées pendant un cours) est âgé d’au moins 84 ans.

Pour ce qui est des 2 femmes qui se chargent de tous les autres cours (Public relation, marketing, Effective communication, Service sector management ….) elles manquent de pédagogie et de connaissances.

Pendant 2 ans nous avons été habitués à des cours donnés par de très bons professeurs. Arrivée sur les bancs de Xavier j’ai été étonnée de trouver ces mères de famille parlant de sujets qu’elles ne maitrisent clairement pas.

 

Comment avez-vous été accueillis par les étudiants indiens ? Comment vous perçoivent-ils ?

 

Julien : Les indiens nous ont chaleureusement accueillis cependant après quelques semaines, nous ne nous sommes pas vraiment intégrés:

-          Divergences de centres d'intérêts

-          Disparités de pouvoir d'achat (prendre un café après les cours est une dépense exceptionnelle et non courante pour eux)

-          Divergences de temps libre (couvre-feu pour les internes et les étudiants habitants en hôtel ou chez leurs parents – personne n'a son propre appartement)

 

Au premier abord, les indiens nous ont perçu comme des étudiants normaux, à la seule différence peut-être de notre pouvoir d'achat.

Puis ils ont remarqué que nous réagissions différemment selon les situations. Un exemple parmi tant d'autres : lorsqu'un indien crache ou se racle la gorge à poumons déployés, nous, peu habitués, tressaillions avec un rictus de dégoût. A ce moment là, les indiens se sont rendus compte que ce qu'ils pensaient être normal ne l'était pas du tout pour nous, c'est à ce moment là qu'ils se sont dit que nous étions peut-être plus différents que nous en avions l'air.


Lou :
Le premier jour lorsque nous sommes arrivés en classe la coordinatrice leur a fait un discours pour leur dire d’être gentils et bienveillants envers nous, je pense personnellement que cela n’étais pas une très bonne idée car cela a du renforcer l’image qu’ils avaient de nous comme celle de trois étrangers et cela n’a fait qu’augmenter les barrières entre nous. 

En outre, nous étions les seuls et les premiers élèves internationaux de Xavier.

Le responsable des étudiants internationaux a essayé de nous intégrer de la manière suivante : chaque jour, nous avons été pris en charge par un étudiant de l’école, qui nous a fait visiter la ville, découvrir la nourriture indienne, marchander avec les vendeurs ou encore prendre un taxi. Ils nous ont aussi aidés à trouver un appartement, prendre un abonnement téléphonique et internet. Je me demande encore comment nous nous serions débrouillés sans eux. C’est par ce biais que nous avons le plus apprécié le coté accueillant et généreux des indiens.

Concernant les élèves de notre classe, ils ont tous été directement gentils et très accueillant, prêts à répondre à nos questions ou à clarifier nos incompréhensions tout en restant assez distants.

De plus, ces élèves indiens n’ont pas vraiment compris la migration d’un pays développé à celle d’un pays en développement en effet ils ne jurent que par les MBA en Europe et aux Etats-Unis. Et la récurrence de la question : pourquoi l’Inde ? n’a fait que confirmer cela.

Pour être franche, on ne s’est pas réellement lié d’amitié ou fait d’amis à Xavier, je pense que nous ne sommes pas vraiment sur la même longueur d’onde. On s’est principalement fait des connaissances avec les autres français ou alors des indiens d’autres collèges que l’on a connus au cours de nos activités extérieures.

 

Morgane : Nous sommes arrivés une semaine avant la rentrée. Chaque jour nous étions avec un étudiant différent chargé de nous faire visiter la ville, découvrir tout le sud de Bombay. Nous avons aussi pris en charge les premières démarches (téléphone, internet …) avec eux. Ces étudiants ont tous été particulièrement attentifs à nous lors de ces premiers pas indiens, et nous gardons de bons contacts avec eux.

 

Le premier jour de cours est passé très vite. Ils nous ont demandé d’où nous venions, pourquoi nous étions la et pour combien de temps. Ensuite, la responsable, Neelam est entrée, a fait un petit discours de rentrée comme tous les professeurs du monde et puis a expliqué notre situation à la classe.

Nous avons appris par la suite, que lorsque nous avons quitté la classe ce jour là, Neelam a rallongé son discours pour demander expressément aux étudiants de ne pas nous emmener boire, de ne pas fumer avec nous, de ne pas nous emmener en boites, parce que ça n’est pas sérieux. Ce petit discours a fait sourire les étudiant indiens, et une fois qu’il nous a été rapporté nous a fait rire ! Nous avons parfois pris quelques verres avec des étudiants, et après tout, nous nous ressemblons beaucoup entre l’inde et la France !!

 

Les étudiants ont été adorable avec nous dès le début, ceux de la classe et les autres. Malgré tout nous sommes privilégié par les professeurs, il reste donc toujours un écart entre eux et nous. De plus, les étudiants Indiens sont sérieux et travailleurs pour la majorité, or, nous sommes en année d’échange, donc libérés de nos obligations scolaires dans une certaine mesure. Ces différences se retrouvent dans la façon dont ils se comportent avec nous.


A SUIVRE

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Etudier en Inde
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Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /Fév /2009 15:49

Grâce à la ténacité et l'énergie de notre amie Julie, les blogueurs francophones de Bombay ont fini par se rencontrer. Geoffroy et moi étions malheureusement à Paris lors de cette rencontre, mais avons soutenu cette initiative dès le début. Nous autres blogueurs partageons en effet la même volonté de faire connaître l'Inde à travers ce que nous vivons. Donc ce club très sélect est né... et a même créé son blog !

Une des idées est de publier (de temps en temps) le même jour un article sur un sujet commun !  Et cela commencera ce dimanche où nous devons publier un article sur le thème suivant : B comme Bombay !

Nous avons écrit l'article et il sera donc publié dimanche à 15h (les instructions de Julie sont très précises !). Et nous avons hâte de découvrir ce que nos confrères (et consoeurs) auront écrit sur le même thème...

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Blogosphère et sites
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Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /Fév /2009 15:42

Il s'agissait d'un dessin tiré du Petit Prince !

Bravo à Julien et à Thomas ! Mais c'était facile.

Mais, encore une fois, ce dessin illustre parfaitement la problématique de l'Inde qui compte 27 millions de nouveaux-nés par an : soit un bébé par seconde contre un par minute en France...

Voilà l'extrait du texte du Petit Prince qui est illustré par ce dessin :

 

Je ne compris pas pourquoi il était si important que les moutons mangeassent les arbustes. Mais le petit prince ajouta :
-Par conséquent ils mangent aussi les baobabs ?
Je fis remarquer au petit prince que les baobabs ne sont pas des arbustes, mais des arbres grand comme des églises et que, si même il emportait avec lui tout un troupeau d'éléphants, ce troupeau ne viendrait pas à bout d'un seul baobab.
L'idée du troupeau d'éléphants fit rire le petit prince :
-Il faudrait les mettre les uns sur les autres…
Mais il remarqua avec sagesse :
-Les baobabs, avant de grandir, ça commence par être petit.
-C'est exact ! Mais pourquoi veux-tu que tes moutons mangent les petits baobabs ?
Il me répondit: "Ben ! Voyons !" comme il s'agissait là d'une évidence. Et il me fallut un grand effort d'intelligence pour comprendre à moi seul ce problème.
Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Divers
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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 08:49




Voici un dessin qui pourrait parfaitement évoquer l'angoisse que crée la croissance démographique indienne !

Et pourtant ce dessin n'a pas de rapport avec l'Inde.

Vous souvenez-vous dans quel livre (que vous avez forcément lu) se trouve ce dessin ?



 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Divers
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