Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 09:35

Au service de l'empire mahratte et la conquête des Indes

Après un temps d'errance, le futur comte de Boigne rencontre son ami Levassoult. On rapporte à Benoît de Boigne que Sindhia, le chef mahratte, le regrette beaucoup. Bien que celui-ci se méfie des projets d'exploration de Benoît et malgré leur différend consécutif à la confiscation des bagages du Savoyard, Sindhia a été impressionné par les capacités des deux bataillons formés par Benoît sur le modèle européen qui contrastent avec ses propres troupes mal organisées. Benoît de Boigne finit par accepter de rentrer au service des Mahrattes. Il est chargé d'organiser une fonderie de canons à Agra ainsi que d'équiper et armer mille sept cent hommes en deux bataillons.

Benoît de Boigne vit dès lors une vie de grand officier et devient très vite un homme influent. L'un des premiers faits d'armes sous son commandement est, en octobre 1784, la prise de la citadelle Kallingarh dans la région du Bundelkund. Le rajah de cette région finit par traiter avec Benoît de Boigne, ce qui permet à Sindhia d'entrer en maître à Delhi. Le chef mahratte se nomme lui-même Colonne de l'empire et premier ministre. Cette prise de pouvoir engendre de nombreux conflits et de nombreuses trahisons.


Plusieurs batailles ont lieu entre Mahrattes, Moghols, Rajpoutes et Rathors, au cours des années suivantes. L'année 1788 est particulièrement mouvementée. Le 10 août, Gholam Kadir, un des principaux protagonistes, fait arracher les yeux de l'empereur Shah Alam. Le 14 août, l'armée mahratte alliée à celle de son ancien ennemi Ismaël Beg entrent dans Delhi pour reprendre le ville qu'ils avaient perdue un temps. Kadir s'échappe mais est capturé. Les Mahrattes lui arrachent les oreilles, les yeux, le nez et les membres et l’envoient, dans une cage de fer, à Delhi ; il mourra en cours de route. Ses dépouilles sont par la suite remises à l'empereur.


Une nouvelle fois Mahadaji Sindhia triomphe et redevient le véritable détenteur du pouvoir politique du pays. Benoît de Boigne à cette période propose à Sindhia la création d'une brigade de dix mille hommes afin de consolider l'assise politique et militaire du nouveau maître des Indes. Celui-ci refuse par manque de trésorerie mais également parce qu'il a des doutes sur la supériorité de la combinaison artillerie-infanterie par rapport à la cavalerie qui constitue la force des armées mahrattes. Ce refus entraîne un nouveau différend entre les deux hommes. L'officier européen donne alors sa démission. À nouveau sans emploi, il retourne à Lucknow.

Démission de l'armée mahratte, vie commerçante et premier mariage

De retour à Lucknow, Benoît de Boigne retrouve ses amis Antoine-Louis Polier et surtout le lyonnais Claude Martin. Ce dernier réussit à convaincre le Savoyard de participer à ses activités commerciales. Bien que Benoît ne se sente pas l'âme d'un commerçant il peut en revanche utiliser ses qualités militaires. À l'époque, les routes des Indes sont peu sûres et même certains comptoirs de commerce en ville sont parfois dévalisés. Claude Martin aidé de Benoît crée un dépôt dans un ancien fort. Sa réalisation est confiée à Benoît de Boigne : des salles fortes sont construites, des gardes armés et incorruptibles sont engagés et formés. Très vite cette entreprise remporte un grand succès. Parallèlement, le Savoyard exerce une activité de négociant en pierreries, cuivres, or, argent, indigo, cachemires, soieries et épices. Le futur comte de Boigne, devenu un homme riche, possède une résidence luxueuse avec de nombreux serviteurs, une cave et des chevaux de grande valeur.

Durant cette période, Benoît tombe à Delhi sous le charme d'une jeune fille prénommée Nour (lumière en persan). Celle-ci est la fille d'un colonel de la garde persane du Grand Moghol qu'il a rencontré pour régler un simple litige. Il sollicite le jour même, auprès du colonel, la main de sa fille. Après une longue discussion, le père accepte bien que Benoît ait refusé de se convertir à l'Islam. Benoît fait la cour à Nour, celle-ci s'exprime parfaitement en anglais. La cérémonie du mariage qui dure plusieurs jours a lieu d'abord à Delhi, avec de fastueux repas puis plus simplement à Lucknow(1788). Sa femme lui donne deux enfants, une fille en 1790 et un fils en 1791.


A SUIVRE

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : France - Inde : influences, relations, portraits
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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /Juin /2009 16:23

L'an dernier nous nous étonnions de voir que les indiens attendaient la mousson avec impatience, se réjouissaient de sa venue et célébraient les premières chutes d'eau ! Oui, il nous était difficile de comprendre pourquoi l'on pouvait se réjouir autant de ces fortes pluies.

Mais quelque chose s'est produit et en ce jeudi soir, nous sommes obligés de vous avouer que nous souhaitons des pluies abondantes et généreuses. Nous souhaitons voir tomber des cordes, nous souhaitons voir ces rues engorgées d'eau, nous souhaitons voir ces grandes flaques d'eau qui cherchent en vain quelques bouches d'égouts pour poursuivre leur route, nous souhaitons ne voir à travers le pare-brise de la voiture que des ombres tâchetées dessinant vaguement les silhoutettes des autres voitures.

Sommes-nous tombés dans un mysticisme hindou ?

Hélas, c'est de notre équilibre domestique dont il s'agit.

Compte tenu de l'arrivée tardive de la mousson, du niveau modéré des précipitations, la ville a décidé de faire des coupures d'eau et de rationner l'approvisionnement des immeubles. Du coup les immeubles n'ont que deux choix. Soit ils font venir par camion des tonnes d'eau pour remplir les réservoirs, mais hélas l'eau est d'une qualité médiocre (voire polluée), soit les immeubles rationnent la distribution d'eau et font des coupures.

Notre immeuble a chosi de ne pas s'approvisionner par camion à cause de la mauvaise qualité de l'eau et nous impose des coupures d'eau de 10h à midi et de 23h à 5h du matin. Un appartement sans eau, vos imaginez les conséquences. De plus les réservoirs des sanitaires sont encastrés dans les murs, donc inaccessibles et rien à faire de ce coté là !

Il faut donc attendre que la mousson remplisse les réservoirs naturels dans lesquels la ville puise son eau. Et la météo prévoit une mousson peu abondante !!!

Voilà pourquoi nous supplions le ciel de nous envoyer 200 mm d'eau chaque jour !

Et comme il faut un responsable, cette fois c'est décidé, nous allons léguer notre Ganesh porte-malheur. Décision prise ce soir après avoir découvert que notre nouvelle machine à laver fuyait ! Le renvoi de Ganesh nous laisse espérer aussi une connexion internet sans coupure.

Bon, vie pratique ici = galère....

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Nous
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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /Juin /2009 09:34

Départ de Lucknow pour Delhi, l'empereur Shah Alam face aux Mahrattes

En août 1783, Benoît obtient l'autorisation de quitter Aoudh et sa capitale pour se diriger vers le nord à la recherche de nouveaux passages. Son voyage, effectué à cheval, l'amène dans la ville de Delhi en compagnie de Pollier qui doit lui aussi s'y rendre pour affaire. Au cours du trajet, Benoît découvre le Taj Mahal mais aussi des hauts lieux de la vie indienne, des petits royaumes, des tribus. Arrivé à Delhi, Anderson, un résident anglais, propose au Savoyard de lui obtenir une audience auprès de l'empereur Shah Alam qui tient sa cour au Fort Rouge. Très rapidement, de Boigne et son ami sont convoqués en audience. Lors de cette rencontre il expose à l'empereur Shah Alam II son projet d'exploration. L'empereur repousse sa décision (« Nous verrons »).

De Boigne séjourne dans la ville en attendant une réponse favorable. Au même moment la situation de l'empereur se trouve radicalement modifiée. En effet, le lendemain de l'audience, un édit impérial attribue à Madahaji Sindhia le gouvernement des provinces de Delhi et d'Agra. En d'autres termes, le Mahratte devient régent impérial et le réel détenteur du pouvoir temporel alors que l'empereur Shah Alam, sans être déchu, n'a plus aucun pouvoir politique et n'est plus qu'un souverain d'apparat. En 1790, Benoît de Boigne résume la politique indienne de l'époque en affirmant :

« Le respect envers la maison de Timour (la dynastie moghole) régnait à tel point que, quoique toute la péninsule se fut successivement soustraite à son autorité, aucun prince de l'Inde ne s'était arrogé le titre de souverain. Sindhia partageait le respect, et Shah Alam (Shâh Âlam II) était toujours assis sur le Trône Mogol, et tout se faisait en son nom. »


Un mot est nécessaire sur Madahaji Sindhia (1730 – 1794) qui fut un des leaders Mahrates de cette époque, et le gouverneur de l’état de Gwalior, dans l’Inde centrale. En 1761 les Marhates sont sérieusement vaincus par les Afghans lors de ce qu’on a appelé la troisième bataille de Panipat et se replient du Punjab vers Delhi. Depuis cette défaite, Sindhia va mettre sur pied une armée puissante qui fera de lui le véritable chef militaire de la confédération marhatte.


Au milieu de ces bouleversements politiques, Benoît de Boigne rencontre un Européen, ami de Polier, Armand de Levassoult.


Pendant quelques jours Benoît se trouve à Delhi sans pouvoir partir vers le nord, l'administration locale ne lui en donnant pas l'autorisation. Cependant, il rencontre une nouvelle fois Levassoult qui l'invite à se rendre au camp de Sindhia en sa compagnie.

Benoît de Boigne volé par les Mahrattes et trahi par les Rajpoutes

Les Mahrattes avaient établi un camp pour assiéger la citadelle de Gwâlior, dans laquelle l'Ecossais Sangster, rencontré par Benoît lors de son séjour à Lucknow, tenait garnison. Arrivé au camp, leur accueil est cordial. Levassoult présente son ami comme un militaire des plus valeureux. Une tente est attribuée à Benoît de Boigne. Cependant alors qu'il est de sortie, ses bagages sont dérobés et avec eux les précieuses lettres de change d'Hastings mais aussi celle sur Kaboul-Peshawar. Très vite, il apprend que ce vol est commandité par Sindhia qui veut se renseigner sur cet Européen qui lui semble suspect. Benoît de Boigne, désireux de se venger, entreprend de rejoindre discrètement la citadelle assiégée et l'Écossais Sangster afin de lui proposer d'attaquer le camp mahratte. Alors qu'il attend une réponse positive, Benoît est appelé par le mahratte Sindhia à qui ses plans ont été révélés : le Savoyard doit expliquer que ses actes sont une réponse à l'affront occasionné par le vol de ses bagages et de ses lettres de change.















 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 






Le Mahratte lui explique ses craintes de voir le projet d'expédition dans le nord de l'Inde être le prélude à une invasion des Afghans. Après ces explications, Sindhia propose cependant au Savoyard le commandement de la garde du camp que celui-ci refuse. Vexé, le Mahratte donne congé à Benoît sans pour autant lui rendre ses précieux papiers. Cette mésaventure permet à Benoît de Boigne de prendre conscience que son projet d'expédition déplaît fortement aux Indiens. Il se résout à abandonner son projet. Son accrochage avec Sindhia parvient aux oreilles des ennemis de celui-ci et, en premier lieu, à celles du rajah de  Jaipur qui cherchait un officier européen capable de former deux bataillons. Le Savoyard accepte l'offre et s'en retourne à Lucknow pour y lever et y former des hommes. Les Anglais méfiants demandent à Benoît de venir s'expliquer auprès de Hastings qui, rassuré sur ses intentions, ne met pas de veto à l'entreprise. Une fois les bataillons recrutés et opérationnels, Benoît et ses hommes prennent le chemin de Jaipur. Cependant, en cours de route, ils sont stoppés à Dholpur par un petit seigneur local dont la forteresse bloque l'unique passage. En échange d'une rançon, il accepte de les laisser passer.

Cet épisode déplaît au rajah de Jaipur qui congédie Benoît de Boigne, sans aucune indemnité, tout en conservant ses deux nouveaux bataillons.




A SUIVRE
Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : France - Inde : influences, relations, portraits
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Mardi 23 juin 2009 2 23 /06 /Juin /2009 14:34

Voilà, la mousson est bien là ! Après les timides pluies d'hier, nous avons eu droit à de vraies pluies pendant quelques heures aujourd'hui. La température a baissé de plusieurs degrés !

Cela devrait s'intensifier et il y aura sans doute de fortes perturbations dans les jours qui viennent car nous allons avoir de fortes marées
les 24 et 25 juin puis les 23 et 24 juillet,  l’amplitude des marées devant être la plus forte jamais enregistrée depuis 100 ans. Bigre !

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Bombay
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Mardi 23 juin 2009 2 23 /06 /Juin /2009 08:30

Ce week end, la banque organisait un séminaire des top dirigeants dont faisat parti Geoffroy de l'ensemble des sociétés associées (nos joint-ventures) et des métiers. Au total, une trentaine de participants dont 25 indiens de Bombay, Kolkata, Kochi et Chennai.

Dans le cadre de ce Séminaire, Geoffroy avait organisé une petite dégustation de vins et fromages français.

Pour les indiens le vin est un produit connu mais encore peu consommé. Mais l'Inde produit du vin et on trouve des wine shops un peu partout (à Bombay), même si les taxes sont lourdes... Pour eux, le vin français est un produit de luxe, une marque de raffinement. Mais ils regardent le vin comme quelque chose de mystérieux et d'inaccessible. Ils savent qu'ils n'y connaissent rien et que le domaine du vin est riche de subtilités.

Donc, Geoffroy avait choisi un Margaux, un Chateauneuf-du-Pape, un Chablis, un Pouilly-Fumé et un Sauternes. Un bon échantillon des produits de notre terroir. Et après quelques explications (il  fut heureusement aidé par un autre français) ils eurent à répondre à des questions : pourquoi certains vins sont blancs, d'autres rouges, ou sur la forme des verres...  Sachant que certains indiens sont mal à l'aise avec le vin, Geoffroy leur avait dit qu'ils n'étaient pas obligés de boire le vin et qu'ils pouvaient se contenter de le respirer, comme un parfum, pour percevoir les différences. Quelle technique ...

Mais finalement beaucoup d'indiens se sont "jetés à l'eau" et ont goûté le vin. Les deux vins qui ont eu le plus de succès ont été le Chablis et le Margaux. Le Pouilly Fumé a été apprécié également. Le Chateauneuf-du-Pape a été jugé trop fort pour leur palais (la revanche des épices !!!). Quant au Sauternes ils l'ont quand même bu...

Tout cela était accompagné d'un reblochon, d'un comté, d'un camembert et d'un fromage de chèvre. Le camembert a eu un formidable succès ! Le Comté aussi ainsi que le Reblochon et tous ces fromages français continuent de provenir de notre fromager préféré de Bangalore www.cheeseexpress.co.in !

Dans le groupe il y avait deux brahmanes de Chennai qui eux se sont totalement abstenus de boire du vin ou de manger du fromage...

Geoffroy pensait que l'idée de déguster du vin et du fromage français leur plairait mais que la consommation serait symbolique. Hé bien pas du tout, tout a été finalement consommé !

Comme quoi, il faut toujours essayer et Geoffroy
n'est pas mécontent d'avoir fait ainsi la promotion de nos produits français.

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Actualité et société
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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 09:31

L’arrivée aux Indes

L'unité territoriale et politique de l'Empire Moghol, s'effrite progressivement et cela a commencé avec l'arrivée des portugais à Goa en 1510. L'arrivée des commerçants français, néerlandais, anglais précipite le déclin de l'empire, tant ces derniers tirent profit de la division politique du sous-continent en installant des comptoirs, avant de les coloniser. Les Britanniques triomphent successivement de leurs rivaux européens puis des pouvoirs princiers locaux grâce à la force militaire et l'économie de comptoirs florissante de la Compagnie des Indes Orientales, et parviennent à asseoir leur domination sur l'Inde dès la moitié du XIXe siècle. Ils établissent alors une puissante administration coloniale placée sous la responsabilité directe de la Couronne britannique. Benoît Leborgne fait partie de ces Européens qui bénéficièrent de la confusion politique régnante au sein de cet empire indien, en offrant ses services de mercenaire à des princes indiens et en exerçant des activités marchandes très lucratives. De nombreux contemporains européens comme lui font fortune. L'expérience militaire européenne, leur savoir en matière de production d'armement notamment dans la canonnerie, ainsi que dans la mise en place de plans stratégiques nouveaux, permet aux mercenaires européens, pour les plus opportunistes, d'accéder plus facilement à des postes d'officier.


Benoît Leborgne débarque à Madras en 1778.
Bien qu'émerveillé et enchanté par ce pays si différent, le futur comte de Boigne connaît des jours difficiles. Pour survivre, il donne des cours d'escrime, qui lui permettent de rencontrer un neveu du Gouverneur Rumbold. On lui propose d'être enseigne au 6° Bataillon de cipayes une troupe composée d'indigènes levée par la Compagnie Anglaise. Il accepte l'offre afin d'assurer sa subsistance. Durant cette période de garnison, Benoît s'initie aux mœurs locales et forme les troupes cipayes. Durant quatre ans, sa vie à Madras se déroule sans gloire militaire, ce qui bientôt lasse le Savoyard qui a de plus grandes ambitions. On lui explique qu'il pourrait trouver ce qu'il recherche en se rendant à Delhi dans le nord du pays, où l'empereur moghol Shah Alam tient sa cour. En effet, les seigneurs mahrattes et râjputs s'entourent d'Européens et leur confient le commandement de leurs armées. Ennemis naturels de la dynastie moghole, les Mahrattes aspiraient à se rendre maîtres de l'Inde ; ils s'emparèrent de plusieurs provinces, en ravagèrent d'autres, et avec leur nombreuse cavalerie , qui faisait leur principale force, ils traversaient presque sans interruption l'empire dans tous les sens.


Le nouveau gouverneur, lord Mac Cartney, lui remet des lettres le recommandant auprès du gouverneur de la province du Bengale à Calcuta. Benoît de Boigne s'y rend par voie maritime.


Il y découvre un pays accablé par une chaleur insupportable dont les habitants vivent dans un dénuement extrême. Dès son arrivée il est suivi par une nuée de mendiants. Il rencontre le gouverneur Warren Hastings qui approuve le projet d'exploration du Savoyard. Une nouvelle fois des lettres lui sont remises à destination d'Asaf-ud-Daulah, le rajah d'Aoudh dont la capitale est Lucknow et qui est un vassal des Anglais. En janvier 1783, Benoît se met en route. Sur le trajet, il traverse de nombreux villages d'une extrême pauvreté tout en se familiarisant avec la vie culturelle et religieuse indienne. Il constate la présence de quartiers musulmans et hindous distincts.

Arrivée à Lucknow, Leborgne devient de Boigne

Arrivé à Lucknow, une ville riche et commerçante, le Savoyard est accueilli favorablement par le nabab Asaf-ud-Daulah. Il est invité à résider chez le colonel Polier au service de la Compagnie Anglaise. Comme lui explique par la suite Middleton, un Anglais présent lors sa rencontre avec le nabab, cette invitation est en fait un ordre, et en cas de refus le Savoyard aurait été jeté en prison. Le colonel Polier le reçoit chaleureusement.


Le Colonel Antoine-Louis Polier est suisse, mais descendants d’émigrés français, et ingénieur et orientaliste. Il arrive en Inde à l’âge de 15 ans et s’engagera dans l’armée britannique avant d’occuper des postes plus ou moins importants dans la Compagnie Anglaise des Indes Orientales.


Il rencontre aussi Claude Martin  un Lyonnais qui a fait fortune aux Indes et Drugeon, un Savoyard comme lui. Benoît Leborgne reçoit de son altesse des lettres de change pour Kandabar et Kaboul ainsi que de douze mille roupies. Le nabab fait cinq mois durant du Savoyard, comme beaucoup d'autres, un captif volontaire. Polier explique à Benoît que bien que les lettres de change lui aient été données, il doit encore patienter. En attendant, le Savoyard qui est déjà bilingue, se consacre à l'apprentissage du persan et de l'hindi.


Il en profite également pour changer de nom. Il se fait désormais appeler de Boigne transcription inspirée de la prononciation des Anglo-Saxons (ceux-ci ont du mal à prononcer le R de Le Borgne) tout en prenant soin de s’ajouter une particule. Avec son ami lyonnais, Benoît de Boigne s'occupe en marchandant quelques bijoux d'argent, des tapis de soie ou encore des armes niellées d'or. Cependant cette activité n'est qu'un passe temps, en attendant son départ pour le nord du pays. Il va également à la chasse au tigre à dos d'éléphant en compagnie de Polier et du nabab et on imagine qu'il se souvient de ces images d'animaux qui accompagnaient son enfance.  


A SUIVRE

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : France - Inde : influences, relations, portraits
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Dimanche 21 juin 2009 7 21 /06 /Juin /2009 13:51

Le Concours Miss Monde est celui qui a porté le plus de chance aux indiennes !

Avec quatre gagnantes depuis 1994, cinq dans l'histoire, l'Inde est sur la première marche du podium à égalité avec le Royaume-Uni.







Reita Faria

Ce fut la première indienne Miss Monde, élue en 1966. Elle a renoncé à une carrière de top-model ou d'actrice pour se tourner vers des études de médecine; marié à un irlandais elle vit en Irlande.























Aishwarya Rai


S’il ne fallait en citer qu'une, ce serait sans doute elle, tant Aishwarya Rai a réussi une belle carrière d’actrice depuis son titre de Miss Monde en 1994. Égérie de grandes marques internationales, elle est née en 1971 à Mangalore. Depuis 1997, elle a joué dans 38 films différents! Le film Devdas (l’histoire d’un amour passionné et contrarié), présenté au festival de Cannes, où elle est l’actrice principale, lui apporte la célébrité en 2002. L’année suivante, elle est la première actrice indienne membre du jury de ce festival. Elle a déjà gagné deux Filmfare de la meilleure actrice, équivalent bolywoodien des Oscars. Sa notoriété dépasse les frontières de l’Inde.

















Diana Hayden



Née en 1973 dans l'Etat d'Hyderabad, Diana Hayden fut élue Miss Monde 1997 aux Seychelles. Elle a entamé une carrière d'actrice dans le cinéma indien.



 

 

 











Yukta Mookhey


Née le 7 octobre 1979, Yukta Mookhey est élue Miss Monde en 1999. Elle est originaire de la banlieue de Bombay. Évidemment, elle est aujourd'hui actrice à Bolywood. Plus original, depuis 2004 elle est membre du BJB, le Bharatiya Janata Party, principal parti d’opposition nationaliste hindou.














Priyanka Chopra


La petite dernière. Après son titre, elle a décidé de devenir joueuse de cricket… Non, c’est une blague, elle est devenue actrice comme les autres. En 2000, elle remporte le titre malgré une mauvaise réponse. A la question « Quelle femme, parmi les personnalités vivant aujourd'hui, admirez-vous le plus ? », elle a répondu « Mère Teresa », décédée en 1997. Elle vient pourtant de Jamshedpur, la ville modèle fondée par la famille Tata, qui se situe pas très loin de Calcutta. Ses défenseurs vous répondront que Mère Teresa vit encore dans le cœur de chaque Indien.


Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Racines, emblèmes et portraits de l'Inde
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Dimanche 21 juin 2009 7 21 /06 /Juin /2009 13:30

Ce dimanche aprés midi, première pluie !

Une petite pluie douce toute timide qui ose à peine dire son nom.
La mousson commence donc timidement. Ciel nuageux et sombre et un petit peu d'eau. Cela devrait s'intensifier dans les heures et jours à venir.


Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Bombay
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Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /Juin /2009 14:28

Bon alors là, nous avons deux indiennes qui ont remporté le concours de Miss Univers !



La première est Sushmita Sen en
1994.



Sushmita Sen devient la première Miss Univers de l’histoire, après avoir battu Aishwarya Rai en final des Miss Inde. Actrice elle aussi, elle joue dans son premier film, Dastak, en 1996. En 2000 et 2003, elle gagne le Filmfare de la meilleure actrice dans un second rôle. En 2004, c’est la consécration. Dans le film Main Hoon Na, le Major Ram Prasad Sharma, interprété par Shahrukh Khan, tombe amoureux d’elle.









La seconde est est Lara Dutta en 2000 !

Lara Dutta est une actrice indienne, née le 16 avril 1978 à Ghaziabad  d'un père indien et d'une mère écossaise. Son accession au titre de Miss Univers en 2000 a lancé sa carrière.

Lara Dutta est mannequin pour des défilés de mode et des magazines depuis plusieurs années lorsqu'elle devient successivement Miss Inde puis Miss Univers en 2000.


Lara Dutta décline plusieurs propositions, notamment celle des frères Wachowski qui lui proposent un rôle dans Matrix Reloaded et Matrix Revolutions - le scénario ne lui convient pas - avant de faire ses débuts cinématographiques aux côtés de Akshay Kumar et Priyanka Chopra dans Andaaz. Pour sa prestation dans ce film, elle partage avec Priyanka Chopra le Filmfare Award du meilleur espoir féminin.


Lara Dutta qui se définit elle-même comme une fille ordinaire du Punjab, fidèle aux valeurs traditionnelles de l'Inde, crève l'écran dans Khakee lorsqu'elle exécute une chorégraphie particulièrement suggestive pour la chanson « Aisa Jadoo ». Elaan, Jurm et Kaal, même s'ils ne sont pas d'immenses succès, permettent à l'actrice d'affirmer un peu plus son talent. Dans No Entry, sorti en 2005, elle aborde avec bonheur son premier rôle comique.

 

 

Et demain (si vous êtes encore des nôtres), nous vous présenterons les lauréates indiennes du célèbre Concours Miss Monde...

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Racines, emblèmes et portraits de l'Inde
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Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /Juin /2009 10:09

Le régiment du prince Orlov et la guerre russo-turque

 En quittant le régiment irlandais, le jeune Benoît Leborgne apprend par les gazettes que le prince Orlov lève, au nom de la tsarine Catherine II, un régiment grec pour préparer une attaque contre l'Empire ottoman. A l'époque la Russie en pleine expansion tente d'obtenir un débouché sur la mer Noire et utilise à cette fin les sentiments anti-turcs des peuples sous domination ottomane. Benoît Leborgne voit dans cette entreprise une opportunité pour assouvir ses désirs d'aventure, de conquêtes militaires et de voyages exotiques. Il fait un bref séjour à Chambéry, au cours duquel il obtient une lettre de recommandation d'une des clientes de sa mère auprès d'un cousin, connaissance intime du prince Orlov. Il se rend d'abord à Turin, qui est alors la capitale du royaume de Piémont-Sardaigne, où il obtient grâce à sa lettre un appui du cousin. Il prend ensuite la direction de la Vénétie puis effectue la traversée jusqu'en mer Égée. Il débarque à Paros, où le prince Orlov est en train de former son régiment gréco-russe. Celui-ci accepte sa candidature et l'intègre à ses effectifs.


Il constate très vite que cet engagement, résultat d'un coup de tête, est une erreur. Le prince lui a confié ses d
outes sur la future
campagne militaire et sur les chances de victoires. Ces prévisions pessimistes sont très vite confirmées. Sur l'île de Ténédos les Turcs l'emportent et la guerre russo-turque de 1768-1774 prend fin pour le jeune Chambérien : si une partie des soldats du régiment réussissent à rembarquer et à s'échapper, Benoît fait partie de ceux qui sont capturés. Emmené à Constantinople, il devient esclave et doit effectuer de basses besognes durant de nombreuses semaines. Son calvaire prend fin lorsque son propriétaire turc a recours à sa connaissance de l'anglais, acquise au sein du régiment irlandais, pour commercer avec un anglais, lord Algernon Percy. Ce dernier, surpris de voir un Européen esclave d'un Turc, fait en sorte de le faire libérer par l'intermédiaire de l'ambassade anglaise.

L'appel des Indes

Les Turcs libèrent le futur Benoît de Boigne après une semaine de négociations avec l'ambassade anglaise. Lord Algernon Percy prend alors le Savoyard comme guide dans l'archipel grec jusqu'à ce que celui-ci se rende à Paros pour se faire licencier de son régiment. Désormais, il est libre de toute contrainte mais il a pour unique ressource sa dernière solde reçue avant son licenciement. Il décide de se rendre à Smyrne, qui connaît à l'époque une période de prospérité. Le centre portuaire de la ville est en plein essor. Sur place, Benoît rencontre plusieurs marchands venus de tous horizons, en particulier des Indes. Ces derniers lui font le récit de leurs voyages. À l'époque les terres indiennes étaient créditées de fabuleuses richesses et beaucoup d'aventuriers s'y rendaient en vue d'y faire fortune. On citait notamment les nombreuses mines de diamants de Golconde, les saphirs de Ceylan. Certains de ces marchands lui exposent également leurs théories sur l'existence de voies commerciales passant par le nord des Indes. Il est question d'exploration du Haut-Cachemire ou de passage le long des glaciers du Karakoram. Enfin, les marchands expliquent au Savoyard que beaucoup de rajahs recherchent régulièrement des officiers européens afin d'y organiser et d'y commander leurs armées.


Il lui reste à trouver un moyen de transport et quelques finances pour cette entreprise. Grâce à son ami lord Percy, il possède des lettres d'accréditation auprès des lords Hastings et Mac Cartney aux Indes. Il demande également des lettres d'accréditation russes. Il fait appel au prince Orlov à
Saint-Pétersbourg qui lui obtient une audience auprès de la tsarine Catherine II. Benoît Leborgne lui explique qu'il veut découvrir de nouvelles voies d'accès aux Indes en passant par l'Afghanistan ou le Cachemire. La tsarine désireuse d'étendre son influence jusqu'aux terres afghanes apporte son soutien à ce projet. En cette fin de d'année 1777, Benoît entame un voyage fertile en péripéties. Après avoir tenté de passer par la voie terrestre il renonce et décide de rejoindre sa destination par la voie maritime. Durant son trajet vers l'Égypte, ses affaires, dont les précieuses lettres d'accréditation, sont emportées par la mer au cours d'une tempête. Ne pouvant revenir en arrière, il se résout à se rendre au consulat d'Angleterre où il parvient à rencontrer sir Baldwin. Après de nombreuses discussions, on lui conseille de prendre du service à la Compagnie anglaise des Indes orientales, et on lui remet une lettre de recommandation à cet effet.


Ce voyage de Smyrne aux Indes sera une véritable aventure. Benoît se rend d’abord à Constantinople, puis à Alep où il rejoint une caravane en partance pour Bassora. Mais les perses et les turcs sont en guerre et le voyage est dangereux. Arrivée à Bagdad la caravane est obligée de repartir pour Smyrne. Ne pouvant arriver en Inde par la Perse, il décide alors de passer par l’Egypte et se rend à Alexandrie. Mais là son navire fait naufrage sur le Nil et il se trouve à la merci des Arabes ; ceux-ci vont cependant l’aider à gagner le Caire et là, grâce à la bienveillance du consul britannique, il s’embarque à Suez pour arriver début 1778 à Madras (Chennai aujourd’hui) ville détenue par les anglais.

A SUIVRE

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : France - Inde : influences, relations, portraits
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