Mercredi 15 juin 2011 3 15 /06 /Juin /2011 10:23

napoleon-bonaparte 1C'est bien connu, l'Inde ne faisait pas partie du paysage stratégique de Napoléon qui portait la guerre en Espagne, en Egypte et en Russie.

Mais comment se fait-il que le si grand homme ait ignoré l'Inde ?

Etait-ce trop loin, était-ce non stratégique ?

 

La réalité est pourtant complètement différente.

 

Napoléon Bonaparte n'a pas du tout ignoré l'Inde !

Bien au contraire.

 

Notre prochaine série d'articles :

 

Les rêves et projets indiens de Napoléon.

 

 

bientôt sur ce blog...

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Histoire - Communauté : Histoire
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Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 10:56

Les domestiques

 

Une des choses qui marquent les voyageurs est le nombre de domestiques. Jacques Siegfried explique : « Si je voulais me plaindre de quelque chose, ce serait du nombre, des domestiques qu'imposent les anciennes coutumes de la Compagnie des Indes et les superstitions des castes hindoues. Vix est certainement parmi les plus modérés ; eh bien, il a dix-sept domestiques dans sa maison ! L'un est cocher, mais consentirait pour rien au monde à donner un coup de brosse à sa voiture ; l'autre allume les lampes et ne frotterait jamais un meuble, un troisième enfin n'a d'autre besogne que de promener le chien. Quant à celui qui joue auprès de vous le rôle de valet de chambre, il est constamment collé à vous, pas moyen de s'en débarrasser; il veut vous mettre jusqu'à vos bas, on ne saurait rien concevoir de plus ennuyeux ».

 

Francis de Croisset[1] (photo) cite la lettre reçue d’un ami indiecroisset_francis.jpgn qui lui donne des conseils sur le choix des domestiques : « Vous dois choisir aussi une boy. La boy a de dix-huit à soixante ans. Vers trente-cinq ans, il est préférable. La boy est toujours honnête, parce qu'il a intérêt à ce qu'on ne vole pas dans vos bagages ce qu'il finira par vous prendre.
Vous donne au boy dix-huit roupies par semaine pour sa nourriture : c'est la tarif. Il met dix-sept roupies et demie de côté et, avec le reste, il mange. Vous vous occupe jamais de sa logement. Une boy n'a pas besoin de lit : voua le dépose sur des clous ou sur des couteaux, et il s'endort en rêvant qu'il est monté chez Vichnou
 ».

 

Hugues Krafft fait, sur ce même sujet, ce commentaire : « Partout la domesticité est innombrable, puisqu'il s'agit, même pour un train de maison ordinaire, de légions de serviteurs plus ou moins paresseux, voués à des attributions exclusives dont rien ne les ferait démordre. C'est ainsi qu'il faut des Musulmans pour le service de la cuisine et de la table, parce que les Hindous pratiquants ne veulent pas toucher à la nourriture européenne. Il est vrai que le salaire de tout ce monde est comparativement peu élevé : les gages d'un maître d'hôtel musulman ne dépassent pas 18 à 20 roupies (40 à 45 francs), tandis qu'un employé infime, tel qu'un coupeur d'herbe pour les chevaux, n'est payé que 4 à 5 roupies par mois, soit 12 francs pour nourrir femme et enfants ! »

 

Les Parsis

 

Mais une des choses qui frappent le plus nos voyageurs français est le rôCotteau.jpgle et la situation des Parsis dans la ville de Bombay. Edmond Cotteau (photo) rappelle qu’ils sont « les plus gros banquiers de l'Inde et les princes du commerce ». Il ajoute : « Les Parsis ne forment guère que 7 pour 100 de la population totale; mais leur aptitude aux affaires, leur activité commerciale, l'absence de tout préjugé de caste et l'assimilation complète qu'ils se sont faite de la langue anglaise, leur assurent une influence prépondérante dans la communauté ».

 

Un autre voyageur visite les Tours du Silence : « Dans l'enceinte close de murs, au milieu d'un jardin, se trouvent quatre ou cinq grosses tours ventrues. Sur leur sommet en cuvette et fermé par une grille, sont déposés les cadavres parsees sans distinction de fortune. Les cadavres des hommes et ceux des femmes sont toutefois séparés sur la grille
commune. C'est seulement une fois dépouillés de la chair que les os des uns et des autres se trouvent indistinctement réunis dans le pied de la tour, suivant le principe parsee
qui n'admet plus de distinction après la mort. Quelques Parsees extrêmement riches possèdent cependant des tours de famille. Je ne juge de ces détails que par un relief en réduction exposé dans l'enceinte même, car en réalité on ne voit que les vautours perchés sur le sommet de ces fameuses tours (dont les- détails intérieurs de construction restent invisibles). Ces animaux repus interrogent l'horizon de leur regard perçant. Le fait est qu'un Parsee est un morceau d'importance pour un vautour ; ils se portent généralement fort bien de leur vivant, et il en reste quelque chose après la mort.
Les Parsees se ressemblent tous : ils sont blancs et offrent le même type : nez busqué, moustache, favoris courts, ventre très précoce, comme il convient à d'honnêtes ronds de cuir. Ils tiennent une grande partie du commerce de Bombay. Leurs femmes sont parfois très jolies (costume spécial des femmes parsees) ».

 

Lparsimen.jpge Conte de Gabriac visite un temple parsi : « Après avoir gravi de nombreux escaliers de granit, embellis de plusieurs monstres de marbre de toutes couleurs, nous vîmes un bâtiment carré, soutenu par des colonnes, au centre duquel était une flamme que l'on entretenait perpétuellement.-—C'était la déesse—Une foule de Parsis se prosternaient devant elle et semblaient l'adorer. Cependant, il ne faut pas s'y tromper, ce culte est moins absurde qu'on pourrait le croire. En effet, un Parsi que nous plaisantions d'adorer ainsi le feu, nous répondit : « Ce n'est pas le feu que nous adorons, nous n'adorons que Dieu, mais nous trouvons que cette flamme, vivante et pure, qui nous anime et nous réchauffe, est la plus belle image de la divinité et vaut mieux que les statues des idolâtres ».

 

Henri d’Orléans note plus sobrement : « Les parsis sont à Bombay ce que sont les Chinois au Japon : ils représentent la classe industrieuse et habile, les marchands, les gens d'affaires, les compradores. Ils sont riches et vivent à part, formant comme un peuple séparé qui a ses écoles, son théâtre et surtout son cimetière, cette fameuse Tour du Silence, les cadavres des fidèles sont offerts en pâture aux vautours ».

 

Jacques Siegfried est également sobre sur ce sujet : « Mais si la fête me laissa froid, j'eus du moins beaucoup de plaisir à causer avec quelques parsies. C'est là une des classes les plus avancées de Bombay. Ce ne sont pas des hindous à proprement parler, puisqu'au lieu de révérer Brahma, ils adorent le feu et le soleil comme leurs ancêtres persans et sont, en un mot, de la religion de Zoroastre. Aux Indes, on ne les rencontre du reste qu'à Bombay et à Surate, et ils forment une infinie minorité en comparaison des 160 millions d'hindous et des 20 millions de mahométans qui sont répandus dans tout l'empire ».

 

François Devay[2] est impressionné par les tours du silence : « Près de la place élevée où, tout en admirant le splendide tableau qui s'étendait devant nous, nous devisions dés futures destinées de Bombay, M. G. me fit remarquer, au sommet de la colline et au milieu d'un enclos, où quelques palmiers montrent leur tête au-dessus des murs, une rotonde sans toit, haute de 8 à 10 mètres, et d'un diamètre d'environ 20 mètres. Six tours pareilles existent sur des hauteurs autour de Bombay : ce sont des Bokhmas, ou Tours de silence, construites par les parsis pour y exposer les cadavres de leurs morts. Nous n'apercevions que le contour supérieur de la tour, à cinquante pas de nous; la crête circulaire du mur était occupée par mie vingtaine de vautours, au jabot gonflé. Les parsis ne permettent à personne l'entrée de l'enclos, et à plus forte raison de la tour ».

 

Un voyageur note en 1900 : « Cette race d'adorateurs du feu, remarquable par son génie financier et commercial, occupe, en effet, une position prépondérante parmi les hautes classes de Bombay et la munificence de ces puissants commerçants asiatiques a valu à plusieurs d'entre eux la qualité de chevaliers (« Knights ») voire même celle de « Baronet » héréditaire qui les font figurer dans l'annuaire de la noblesse britannique sous les noms baroques de « Sir Jamseljee Jeejebhoy », « Sir Mungultass Nalhoobhoy », « Sir Cowasjee Jehangir » et autres ».

 

Hugues Krafft ne comprend pas cette tradition des tours du silence : « En leur qualité d'adorateurs du feu, leur culte les empêche de brûler leurs morts. Qu'en font-ils? Ils les donnent en pâture à des vautours. Chaque Parsi se trouve donc un beau jour inhumé par petits morceaux dans une centaine d'estomacs d'oiseaux carnassiers ! ». Et il ajoute : « Ils se croient bien supérieurs à tous les Hindous, affectent des tendances occidentales, et tiennent le grand commerce entre leurs mains ».

 

A SUIVRE

 



[1] In “ Nous avons fait un beau voyage » par Francis de Croisset. Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Y2-75772

[2] In “ Journal d'un voyage dans l'Inde anglaise, à Java, dans l'archipel des Moluques, sur les côtes méridionales de la Chine, à Ceylan (1864) », par Fr. Devay. Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-NT-759 (2)

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Racines, emblèmes et portraits de l'Inde - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Lundi 13 juin 2011 1 13 /06 /Juin /2011 06:27

 

Voici une photo publiée dans "The Hindu" dimanche dernier ; de fait, la mousson a bel et bien commencé et chaque année, c'est la même chose ! Dés les premières pluies, les grandes flaques et les innondations apparaissent et ce, malgré les travaux régulièrement entrepris pendant le reste de l'année et destinés, dixit la Ville, à améliorer l'écoulement des eaux !

 

La ville de Bombay est une ville très mal gérée !

 

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Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Bombay - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Dimanche 12 juin 2011 7 12 /06 /Juin /2011 10:53

L’ambiance de la ville

 

Le Comte bourne1880s.jpgde Gabriac nous décrit l’arrivée dans le port de Bombay et sa turbulente ambiance : « Aussitôt nous fûmes accostes par une foule de petites barques montées par des nègres, des Européens, des Malais, des Chinois ou des Parsis, mais aucune ne renfermait d'Indous, leur religion leur défendant de s'aventurer sur la mer. Après la visite de la santé et de la police, le pont fut envahi par la foule bariolée dont je viens de parler, composée en grande partie de portefaix médaillés qui se chargèrent de transporter nos bagages à domicile, sans que nous eussions à nous en occuper. Ce service se fait aux Indes plus régulièrement et avec plus de facilité qu'à Londres ».

 

Nos voyageurs sont étonnés par le caractère bouillonnant de la ville ce que l’un deux résume joliment : « L'aspect de cet Orient condensé, bourdonnant, agité, si neuf pour qui a vu l'Orient si calme partout ailleurs, a quelque chose de quasi fantastique et de surprenant ».

 

Ces voyageurs français ne se déplacent pas sans plusieurs lettres de recommandations et sont presque toujours invités par les Européens de Bombay. Un officier en congés note à propos du Byculla Club : « Arrivons enfin. Splendide Byculla-Club au milieu de jolis jardins; — ses immenses dimensions; — son intelligente disposition. Des courants d'air traversent le club en tous sens, de sorte que pas un souffle d'air n'est perdu pour les membres à l'intérieur ; de vastes vérandas sont couvertes de petites tables luxueusement servies. Dîner remarquable avec pamphrets (poissons renommés du pays) et le meilleur claret que j'aie bu aux Indes. Pendant que les pankas nous éventent du plafond, un coolie, avec un vaste éventail à pied dans la main, balance son instrument et nous envoie de l'air par côté, tout le temps du dîner ».

 

Le Comte de Gabriac fréquentera également ce BycBombay--Mumbai--Byculla-Hotel---19th-Century-Photograph.jpgulla-Club : « Cet établissement, fondé et soutenu par une Compagnie anglaise, est dirigé par des Parsis et servi par des Indous. Les chambres sont de simples alcôves, placées dans une même salle, et les cloisons qui les séparent n'ont que 3 mètres de hauteur, de sorte que le plafond est commun pour tous. Le but de cet arrangement est de donner le plus d'air et de fraîcheur possible, mais il est fort incommode en ce que l'on n'est jamais chez soi. On entend tout ce que dit le voisin, et en revanche, on ne peut pas se quereller à son aise dans son intérieur ! Pour terminer ce qui a traita Bayculla-Hôtel, je dois lui rendre cette justice que l'on n'y est guère dérangé par les serpents, et que, sous ce rapport, l'on peut y dormir en toute sécurité. On prétend, en effet, que ces animaux, très nombreux aux environs de Bombay, s'introduisent souvent jusque dans les maisons. Un voyageur m'avait raconté, aussi qu'en arrivant dans cette ville, la première chose qu'il avait vue était un serpent, qu'il en avait trouvé un autre dans son bain, et le troisième dans son lit ».

 

Bien entendu nos voyageurs commentent et décrivent la population : « La race de ce pays est celle qui m'a la première et peut-être le plus frappé dans toute l'Inde. Les hommes maigres et chétifs, quoique assez grands, sont ce qu'ils sont dans toute l'Inde : la tête couverte de turbans extrêmement variés et souvent très travaillés, véritables merveilles de soin, de patience et de finesse. Les jambes des Indous aisés sont couvertes du pantalon étroit tire- bouchonné et ils portent la grande, éternelle et laide capote indoue qui place la taille directement sous les bras. Mais comment, en débarquant, ne rien dire des femmes de ce pays ? Leur petit costume dégagé à l'excès leur laisse les jambes libres et nues jusqu'à mi-cuisse ; le bassin est étroitement serré dans un pagne qui, passant ensuite en écharpe le long du corps à moitié nu, va se terminer sur la tête, à la chevelure plaquée et au petit chignon anglais, laquelle supporte très souvent un fardeau très lourd et volumineux ; le cou et les reins nus sont alors tendus sous le poids comme un ressort d'acier. Ces femmes tiennent leurs grands yeux toujours baissés, surtout pour les étrangers qui semblent ne pas exister pour elles. Les épaules et les seins sont comme cousus dans un court corsage dont la teinte foncée se marie avec la couleur bronzée de leur peau. L'impassibilité de leur visage est telle que les pieds, tout en rasant précipitamment la terre, et surtout les bras, en se balançant, semblent seuls accuser le mouvement ; le reste de leur personne se transporte immobile comme un bronze ».

 

A propos des femmes, le Comte de Gabriac note : « Mais ce qu'il y a de singulier Studio-Portrait-of-an-Indian-Woman-in-Sari-and-various-Orna.jpg notre point de vue) dans leur costume, c'est que leur petit corsage ne couvre que la partie supérieure du corps et laisse à nu le dessous des seins et la plus grande partie du ventre. Si cette mode nous paraît bizarre, en revanche elle permet de voir des formes arrondies et charmantes. Ces femmes sont toujours surchargées de larges anneaux de cuivre ou d'or, qu'elles portent aux bras, aux oreilles et au nez. Elles ont toutes de magnifiques yeux noirs et de luxuriantes chevelures d'ébène ; malheureusement la bouche, trop fendue, détruit l'harmonie de l'ovale ».

 

Jacques Siegfried[1] décrit la manière dont les Indiens sont habillés : « Le premier coup d'oeil est infailliblement absorbé par l'énorme turban qui les garantit du soleil et dont la forme, la couleur et l'ampleur varient selon la caste et l'emploi du sujet. Du turban, le regard descend au front tatoué de dessins rouges, jaunes ou blancs, selon la divinité sous la protection de laquelle chacun s'est mis plus  spécialement ; puis aux oreilles indéfiniment allongées et déformées par de riches et lourds bijoux. Enfin une tunique blanche, serrée par une grosse ceinture, descend jusqu'à leurs genoux par-dessus une espèce de jupe-pantalon d'où sortent leurs pieds nus chaussés de babouches pointues. J'aurais ri volontiers de quelques détails, et cependant, à tout prendre, je trouvais en eux une certaine dignité qui me plaisait et qui semble inhérente aux Orientaux. Je dois ajouter que j'avais devant moi des hommes des classes les plus élevées et que ma description ne saurait s'appliquer aux Hindous en général ».

 

A SUIVRE

 



[1] In “ Seize mois autour du monde, 1867-1869, et particulièrement aux Indes, en Chine et au Japon ». Par Jacques Siegfried. Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, G-29146

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Racines, emblèmes et portraits de l'Inde - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Samedi 11 juin 2011 6 11 /06 /Juin /2011 13:50

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Olivia en a rêvé, Olivia l'a fait.

 

Notre Flip a désormais un ciré rouge qui le protège de la mousson. Mais il n'est pas le seul dans ce cas, car la plupart des chiens de notre quartier ont ainsi leur vètements protège pluie.  Voilà qui les distingue nettement des chiens errants !

 

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Nous
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Vendredi 10 juin 2011 5 10 /06 /Juin /2011 10:51

Il est intéressant, parfois amusant, de relire les livres écrits par ces nombreux voyageurs français qui se sont rendus à Bombay au cours des vingt dernières années du XIX° siècle. A cette époque l’Inde compte déjà 180 millions d’habitants et Bombay, centre commercial important, avec notamment les exportations de coton, a un peu moins de 700.000 habitants. Un de ces voyageurs en précisera le décompte exact : Hindous 410,000, Musulmans 137,800, Parsis 44,000, Chrétiens natifs, Eurasiens et métis portugais 27,000,  Bouddhistes et Jaïns 15,000, Européens 7,000, Juifs 2,500, Nègres et Chinois 2,000. Voici quelques extraits des impressions et commentaires de ces voyageurs, commentaires que nous avons illustrés avec quelques photos d'époque.

 

 

Premières impressions

 

HdOrleans_Henri.jpgenri d’Orléans (photo) est frappé par Bombay[1] : « Une fois débarqué, ce qui me frappe tout d'abord c'est la grandeur de là ville européenne. J'aperçois partout de larges boulevards que bordent des monuments gigantesques : hôtels,  palais de justice, églises. Il est vrai que le plus parfait mauvais goût a présidé en général à ces constructions : l'art arabe s'y mêle au style grec avec quelques réminiscences de goût chinois, ce qui produit un singulier effet à qui vient de voir le Parthénon. Mais c'est solide, bien bâti, grandiose ; ces édifices semblent en quelque sorte être des sentinelles placées aux portes des Indes, pour attester au nouvel arrivant la grandeur et la puissance de l'empire colonial anglais ».

 

Un officier en congés note la qualité des installations des anglais[2] : « A peine débarqué, on est frappé de la façon dont les Anglais se sont largement installés : de l'air, de grandes places, de vrais monuments pour le moindre office. On conçoit que chacun puisse ici trouver sa place et son confort ».

 

Paul Ferniot nous décrit la ville de Bombay[3] : « Au centre du fort est un jardin circulaire, orné d'une fontaine et de belles statues. Tout autour sont les magnifiques constructions du cercle d'Elphinstone. Le Rampart-Row est une longue ligne de belles maisons à arcades où sont installés le Club de Bombay et le Comptoir d'escompte de Paris. La ville native est séparée du fort par un espace vide, large de prés de deux kilomètres. Ses rues principales sont parcourues du malin au soir par des tramways qui mettent en communication ses faubourgs les plus reculés avec les quartiers anglais de l'esplanade et du fort et la pointe de Colaba. Kabaldavie et Pareil- Road sont les plus larges et les plus commerçantes. On y voit beaucoup de maisons, à façades peinturlurées, hautes de quatre ou cinq étages, en saillie et avec balcons ; des boutiques dans le goût européen, tenues par des Parsis, sont mêlées aux échoppes des indigènes ».

 

Edmond Cotteau, comme la plupart des voyageurs, remarque le malabarhill1900.jpgquartier résidentiel de Malabar-Hill[4] : « Malabar-Hill, où nous allons ensuite, ne comptait que deux maisons il y a une trentaine d'années. Aujourd'hui, la colline tout entière est transformée en un parc ravissant où sont disséminés, sous l'admirable végétation des tropiques, une foule de villas et de cottages habités par la population européenne. Une route charmante longe la plage de Breach-Candi et remonte ensuite sur les hauteurs. On peut visiter, en passant, l'étang sacré de Walkeshwar et les temples de Mahadeva. Tout à fait à l'extrémité du promontoire, à Malabar-Point, s'élève la maison de campagne du gouverneur sa situation éminemment pittoresque, l'air frais qu'on y respire en toute saison, en font la plus agréable habitation de toute la ville ».

 

En 1900, un voyageur note[5] : « Bombay est une ville de palais. La grandeur et le luxe que la puissance britannique déploie volontiers dans les constructions officielles ou commerciales s'y révèle plus encore qu'à Madras ou à Calcutta. On sent qu'ici se trouve le centre principal du commerce anglais dans l'Inde, aussi bien que de ses communications avec l'Europe ».

 

Hugues Krafft[6] note en 1885 : « Le quartier le plus moderne, le Fort, où se concentrent les bâtiments du Gouvernement, les bureaux, notre hôtel, etc., se termine par le quai d'Apollo-Bunder, déjà nommé. Au nord s'étend la native town, vivante et colorée; à l'ouest, Malabar-Hill, longue colline baignée par la mer sur deux côtés. Elle est le centre des villas européennes, joliment disséminées dans de riants jardins, où vivent tous les résidents qui veulent fuir la température étouffante de la ville. Costumes indigènes à part, le Fort est décidément tout ce qu'il y a de moins couleur locale : les larges rues et les vastes places, les constructions luxueuses en style gothique, les colonnades imposantes, l'éclairage au gaz et à l'électricité, les magasins somptueux largement approvisionnés des objets les plus nouveaux et les plus chers, tout cela forme un ensemble européen qui serait complet si les couleurs vives des turbans indigènes ne venaient y jeter une note orientale ».

 

A SUIVRE



[1] In « Six mois aux Indes, chasses aux tigres », par le prince Henri d'Orléans. Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-O2K-917 (A)

[2] In, « Notes de voyage aux Indes, en Chine et au Japon, par un officier en congé », Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-O2-730

[3] In « L'Inde, lectures de géographie et d'histoire accompagnées d'analyses, de résumés, de notes et notices explicatives, etc., et de nombreuses gravures, par Paul Ferniot. Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-O2K-1109

[4] In « Bombay, la ville des Parsis » par E. Cotteau. Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-G-2705 (40)

[5] In “Journal d'une promenade autour du monde en 118 jours. Etats-Unis, Japon, Chine, Ceylan, Inde, Egypte, Terre-Sainte », Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-G-7788

[6] In “Souvenirs de notre tour du monde » / par Hugues Krafft, Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-G-293

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Racines, emblèmes et portraits de l'Inde - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Jeudi 9 juin 2011 4 09 /06 /Juin /2011 16:16

MF-Hussain-painter.jpgAux toutes premières du jour, ce matin, à Londres, Maqbool Fida Husain, plus connu sous le nom de Husain, est décédé d’une attaque cardiaque. Il était âgé de 95 ans.

 

Husain est l’un des plus grands peintres indiens ; surnommé le Picasso de l’Inde, il a produit un grand nombre d’œuvres et s’était fait connaître dés les années 1940.

 

Fort malheureusement, certaines de ses toiles, montrant quelques divinités hindoues dénudées, ou sa fameuse toile « Mother India », lui ont valu  d’être la cible d’un combat sans merci de la part des nationalistes hindous ; plus de 4000 plaintes ont été ainsi portées contre lui ; ceci a conduit Husain à s’exiler et à vivre à Londres.

 

Le premier ministre indien a déclaré que la disparition de Husain était une perte pour la nation indienne. Mais on peut regretter que ce gouvernement n’ait pas fait grand-chose pour permettre à Husain de revenir en Inde où il aurait aimé finir ses jours.

 

Ceux qui s’intéressent à la peinture peuvent relire les deux articles que nous lui avions consacrés en mars 2010.

 

http://www.indiablognote.com/article-maqbool-fida-husain-un-tres-grand-peintre-indien-1-2-45789038.html

 

http://www.indiablognote.com/article-maqbool-fida-husain-un-tres-grand-peintre-indien-2-2-45789083.html

 

 

Nous saluons le talent et la mémoire de ce grand artiste.

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Racines, emblèmes et portraits de l'Inde - Communauté : âme d'artiste ...
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Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 05:35

 

886.jpgLe coiffeur Jean-Claude Biguine est implanté en Inde depuis 3 ans. Un coiffeur français peut-il réussir en Inde et ce type d’expertise s’exporte-t-elle? Le cas de Jean-Claude Biguine est d’autant plus intéressant que d’autres coiffeurs français ont tenté dans le passé de s’implanter ici mais sans succès pour Franck Provost et avec un seul salon pour Dessange à Delhi. En Inde, les salons Jean-Claude Biguine reprennent le concept Biguine international de "Maison de beauté" avec la coiffure et le spa (massage, manucure, pédicure, soin du visage et du corps). On ne peut que saluer cette implantation de cette marque française, même si dans ce cas on nous reprochera de faire un peu de cheveu-nisme !

Nous sommes donc allés interviewer Dharmendra Manwani le responsable de Jean-Claude Biguine en Inde.

 

 

Can you tell us where this idea to launch Jean-Claude Biguine in India came from? Who got this idea?

 

When we took over this project to identify the markets for beauty, BRIC nations emerged as the countries with untapped potential in this space. The growth figures specifically in India were quite encouraging (beauty industry growing at the rate of 30% annually) for an organized chain of salon and spa to explore the market. It came across more as a challenge to consolidate the fragmented Indian market and to establish a brand which will lead in organizing this industry.

 

With the trends like rising purchasing power and discerning Indian consumers, who are well travelled and are exposed to International trends and fashion, it became quite imperative to fill the need gap of a one-stop beauty destination with luxurious experiences accessible at premium price-points. Now, it’s been over 3 years and we have successfully launched 5 salons in Mumbai and 1 in Bangalore and have further aggressive expansion plans.

 

Jean-Claude Biguine is a subsidiary of the French company or a franchise?

 

Jean-Claude Biguine India is an independent set up with master licence from Jean-Claude Biguine Paris and works very closely with them.

 

We were told that the business is expanding? How many salons do you have now? Dharmendra-Manwani.jpg

 

Jean-Claude Biguine currently has 6 outlets in India (5 Mumbai and 1 Bangalore) and has future expansion plans too. In Mumbai, Jean-Claude Biguine has its flagship salon located in Bandra, spread across 5000 sq ft. with three layers.

 

The brand also went into a strategic tie-up with Aditya Birla’s retail arm called Madura Garments to be their grooming partners in their retail venture called The Collective. Through this partnership, we have one salon presence in Bangalore and one at The Palladium, Mumbai. We recently independently launched three more salons in Mumbai at Kemps Corner, Juhu and Colaba capturing the so-called platinum strip of the city.

 

Is it true that each salon is managed by a French hairdresser?

 

All our top stylists in each of our salons are expert French hairdressers. However, our salons are managed by experienced and efficient Indian professionals.

 

How the expertise of Jean-Claude Biguine is implemented in India? It might be different from what we know of Jean-Claude Biguine in France, because Indian people may see the hairs differently. Your offer to customers had been adapted to the local market?

 

Well, we do have local flavours in all our services that comes from extensive 2 years trainings of our French stylists and Indian experts before working on the floor. Our international collections are now slightly tweaked considering India and Asia at large as a market.

 

Our stylists make sure that they localize their expertise to suit Indian needs and they regularly get trained on the same. Some of our make-up products that are only meant for European skin do not get launched in India and hence, there will be change in the menu depending upon various regions. But otherwise, we thoroughly believe in consistency across.

 

How Indian customers perceive this French brand name of Jean-Claude Biguine?

 

The response has been overwhelming. Our flagship store in Bandra received immense response which led us to expand rapidly.

 

What are your plans for the future?

 

We received an immense response from our flagship salon in Bandra and decided to rapidly expand and cover what we call the platinum strip in Mumbai. With our successful launch of Kemps corner outlet, we went ahead to provide the need gap which exists in the salon industry by providing an organized, head-to-toe beauty destination to our western suburbans. Immediately, we will be looking at opening more salons in Mumbai and simultaneously explore Bangalore and Delhi. We plan to open 50 salons in the next 5 years and that’s what we are focussing on. For the same purpose, we are exploring various avenues of partnerships, presence in luxury hotels, independent salons in high streets and other interesting collaborations which come our way.

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Economie - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 16:41

Samedi soir, aprés minuit, les forces de l'ordre ont envahi le stade où se trouvait Baba Ramdev et ses miliers de fidèles; ils ont emmené de force Baba Ramdev et l'ont fait ramener à l'aube par avion privé dans son ashram, les milliers de fidèles étant dispersés, souvent à coups de bâtons.

 

Voilà ce qui fait la une de tous les journaux indiens ce matin. L'Inde est surprise et surtout choquée de cette réaction quasi militaire et les chroniqueurs rappellent qu el'on n'avait pas vu cela depuis l'état d'urgence de 1975.

 

Des anciens hauts fonctionnaires indiens me disaient aujourd'hui que Baba Ramdev n'était pas le bon cheval pour la lutte contre la corruption mais que le gouvernement avait commis une erreur en réagisant de la sorte. Pour eux, Baba Ramdev rêve d'entrer en politique et utilise le levier de la lutte anti corruption.

 

Mais l'un d'eux notait que l'un des ministres du gouvernement avait confirmé l'accord du gouvernement sur une des propositions : la déclaration de l'argent sale comme bien national, ce qui permettrait, si une loi était votée, de confisquer l'argent sale  y compris les avoirs non déclarés détenus àl'étranger. Pour lui ce serait une avancée importante.

 

Anna Hazare a déclaré que lui-même et les autres représentants de la société civile au groupe qui négociaien t le statut de la Lokpal Bill, boycotteraient les prochaines réunions.

 

La lutte contre la corruption est actuellement en panne en Inde.

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Actualité et société - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Dimanche 5 juin 2011 7 05 /06 /Juin /2011 05:58

S'il y a bien une expression française qui justifierait une séance exceptionnelle de l'Académie Française afin de revoir complètement sa définition, c'est "mener une vie de chien" !

  dachshund_in_raincoat_red_photosculpture-p15320034061685506.jpg

En effet, les premières pluies de la période que le docte Thomas (pas celui des Evangiles, celui du Sénégal...) appelle justement la pré-mousson, ont fait germer une idée pour le moins saugrenue dans la tête d'Olivia. Et comment ferait Flip (notre labrador) pour aller se promener pendant les quatre mois de mousson ?

 

Et voilà une question tout aussi importante que celle de l'origine de la bactérie du concombre masqué, n'est-il pas ?

 

Le problème avec Olivia et que quand elle formule une question elle a déjà la réponse ! La réponse figure en image.

 

J'ai néanmoins, dans une tentative désespérée, suggérée par la morosité des indices boursiers, émis l'idée qu'on pourrait peut-être lui apprendre à se servir d'un parapluie. En vain...

 

Je me console en me disant que ce serait peut-être pire si on habitait à Courchevel...

 

 

 

 

P.-S : Olivia a réagi en lisant cet article en faisant remarquer que la maid et elle-même avaient interrogé les voisins de l'immeuble (je suppose qu'elle s'est concentrée sur ceux qui avaient un chien) et que ceux-ci ont été unanimes à dire qu'il fallait que notre chien ait un imperméable sinon il serait exclu de la communauté des chiens de l'immeuble !Dommage que je sois pas le chef d'une agence de notation des voisins car les miens eurent été dégradés de trois crans aussitôt.

 

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Nous
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