Samedi 9 juillet 2011 6 09 /07 /Juil /2011 06:45

Trivandrum-Padmanabaswamy-Temple.jpgLe temple de Lord Padmanabhaswamy, dans le Kerala, vient d’entrer dans la légende.

 

Le 27 juin dernier un incroyable trésor a été découvert dans six chambre souterraines scellées depuis 1872. Il faut prendre avec prudence les informations données par la presse, mais on parle de sommes astronomiques allant jusqu’à 25 milliards de dollars !

 

Ainsi, parmi les objets les plus remarquables, ont été retrouvés une gerbe de 500 kilos d’or pur, une chaine en or de 5 mètres de long, pesant plus de 10 kilos, un voile brodé de 36 kilos d’or, des couronnes et des bijoux, et une statue de Vishnu de plus d’un mètre de haut, incrustée de diamants et de pierres précieuses. Beaucoup de pièces de monnaie ont été découvertes, dont certaines, françaises, dateraient de l’époque napoléonienne. Des pièces d’or frappées en 1772 ont également été retrouvées.

 

C’est par hasard que ce trésor a été mis à jour. Après l’indépendance de l’Inde, en 1947, la plupart des temples sont passés sous la coupe du gouvernement, mais pas celui de Sree Padmanabhaswamy (ce temple date de la fin du XVI° siècle et est dédié à Vishnu), dont l’administration est restée aux mains d’une fondation, dirigée par les descendants de l’ancienne famille royale de Travancore. Or, il y a quelques mois, un avocat a fait appel à la Cour Suprême pour que l’Etat prenne en main la gestion du temple, dont la fondation n’avait pas, selon lui, les moyens d’assurer la sécurité. Après que la Cour Suprême a ordonné au gouvernement du Kerala de prendre le contrôle du temple, un inventaire de ses biens a été ordonné. C’est à cette occasion que les chambres secrètes ont été découvertes, et leurs richesses révélées.

 

Et une seule question hante les esprits : à qui appartient ce trésor ?

 

Dimanche dernier, Oommen Chandy, chef du gouvernement du Kerala, a pris le début d’une décision, en rassurant les fidèles qui craignaient de voir le temple dépossédé de cet incroyable patrimoine. "L’or a été offert au dieu. Il est la propriété du temple. Le gouvernement protégera ces richesses", a-t-il sobrement déclaré en conférence de presse.

 

Des proches des descendants de la famille royale de Travancore clament que le trésor provient de donations faites aux dieux et donc que ces richesses appartiennent aux dieux, une façon de s’opposer à la mainmise de l’Etat du Kerala sur ces richesses.

 

En attendant de savoir si les dieux devront déclarer ce trésor dans leur ISF, plusieurs unités de police ont été déployées autour du temple.

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Racines, emblèmes et portraits de l'Inde - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 15:36

Voici une information pour nos lecteurs parisiens...

 

 

 

festival.jpgPour sa 22ème édition, le festival Paris quartier d’été accueille les 14, 15, et 16 juillet prochains, dans la cour d’honneur des Invalides, la féérie indienne The Manganiyar Seduction mise en scène par Roysten Abel : 40 musiciens du Rajasthan, un décor exceptionnel de 7m de haut inspiré des palais de Jaipur et des façades du quartier rouge d’Amsterdam, 1200 ampoules qui s’illuminent au rythme de l’intervention des musiciens…

Vous pourrez vous faire une idée en images de ce spectacle exceptionnel en cliquant sur ce lien : http://vimeo.com/24770984

 

 

« Magie, envoûtement, attraction, enchantement… séduction. Le metteur en scène Roysten Abel n’a pas assez de mots pour décrire l’effet foudroyant que continuent d’exercer sur lui les chants des Manganiyars, une communauté d’artistes issus du Rajasthan, aux confins du désert du Thar. A leur musique vive et raffinée, il a ajouté sa vision, inspirée autant par les palais de Jaipur que par les façades du quartier rouge d’Amsterdam : un gigantesque écrin brillant de mille éclats, serti avec patience, où les notes s’illuminent puis s’éteignent, où chaque musicien est un joyau. Invitation à une profonde rêverie aussi bien profane que spirituelle, The Manganiyar Seduction a déjà plongé les plus grandes salles de spectacle du monde sous son charme. Une fantasmagorie indienne à découvrir pour la première fois sous les étoiles de Paris… »

 

-          Spectacle : The Manganiyar seduction, mis en scène par Roysten Abel, dans le cadre du Festival Paris quartier d’été,

 

-          Dates et Horaires : 14, 15, 16 juillet 2011, à 21h45

 

-          Lieu : Cour d’honneur des Invalides (7e), accès par la rue de Grenelle, métro la Tour Maubourg (ligne 8) ou métro Varenne (ligne 13)

 

-          Tarifs : 14€ (plein tarif) - 10€ (tarif réduit) – 5€ (enfant de moins de 12ans) – Groupe (à partir de 10 personnes) 10€ au lieu de 14€ -

Gratuit le 14 juillet (dans la limite des places disponibles, les billets, 2 maximum par personne, sont distribués dans l’ordre d’arrivée le jour même).

 

-          Réservations sur www.quartierdete.com ou à la billetterie du festival Place Salvador Allende (7e) ouverte du 15 juin au 2 juillet du mardi au samedi de 17h à 20h, et du 5 juillet au 9 août du mardi au samedi de 13h à 19h et les soirs de spectacle aux Invalides jusqu’à 22h.

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Divers - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Vendredi 24 juin 2011 5 24 /06 /Juin /2011 10:30

Je rejoins Olivia qui est à Paris et nous reviendrons dans une dizaine de jours. On met donc Indiablognote en vacances pendant ces quelques jours.

 

200px-Manmohansingh04052007.jpgUne histoire fait actuellement le tour du net indien ; on sait que le premier ministre Manmohan Singh n'est pas un grand bavard et la morosité ambiante, tant politique qu'économique, incite le premier ministre au silence... L'histoire raconte donc le rendez-vous qu'a Manmohan Singh chez son dentiste. Et ce dernier lui dit au bout de quelques minutes : "Mais au moins ici, monsieur le premier ministre, vous devez ouvrir la bouche".

 

Beaucoup de rumeurs sur un possible remaniement ministériel en Inde. Jusqu'à présent le gouvernement pouvait se prévaloir du dynamisme économique, mais celui-ci s'essouffle, même si la croissance reste forte. L'inflation ne diminue pas. Mais le gouvernement a de plus en plus de mal à imposer son dynamisme politique, le parti du Congrès ayant beaucoup perdu de son aura dans les nombreuses affaires de corruption. Les avatars de la récente turbulence autour de la fameuse Lokpal Bill n'ont profité à personne, faisant prendre conscience à l'opinion publique que la lutte contre la corruption en restait aux belles paroles.

 

Et pour succéder à Manmohan Singh, on s'aperçoit qu'il y a très peu de candidats. Les deux ministres forts du gouvernement, Pranab Mukherjee et Chidambaram, sont des candidats naturels et reconnus. Mais ce sont les seuls ministres ayant ce profil.

 

On avance aussi le nom de Rahul Gandhi, le fils de Sonia Gandhi. Cette hypothèse montre que nous sommes toujours dans la lignée de la dynastie Nehru-Gandhi. Mais Rahul Gandhi n'a jamais occupé de fonctions ministérielles et il n'est que que secrétaire du Parti du Congrès. Et beaucoup disent que son charisme ne compense pas son manque de compétences.

 

Quoiqu'il en soit, un remaniement ministériel ne serait pas une surprise. Le parti du Congrès ne peut reprendre le dessus que sur le terrain politique. Et les élites étant dans d'autres secteurs que le monde politique, les options sont limitées.

 

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Actualité et société - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Jeudi 23 juin 2011 4 23 /06 /Juin /2011 10:48

Dhaka2s.jpgJe reviens d'une mission de trois jours à Dhaka, capitale du Bangladesh, ce pays enclavé dans la partie est de l'Inde.

 

Il s'agit d'un pays pauvre de 160 millions d'habitants dont l'essentiel de l'activité économique repose sur le textile. Le pays est aidé par le FMI, le Japon, la Chine, l'Inde. Les Pays-Bas soutiennent aussi ce pays qui, comme eux, doit gérer la menace que constitue l'élévation du niveau de la mer. Si la mer monte d'un mètre, 17% du territoire est submergé.

 

Je lis souvent dans la presse des commentaires négatifs sur le FMI et autres organismes internationaux. Pour ma  part, je peux témoigner, compte tenu de mes missions au Sri Lanka, Bhutan et Bangladesh, que le FMI et les autres organismes internationaux font énormément pour aider ces pays et souvent le font en soutenant des grands projets de développement. L'Union Europèenne participe aussi à ce soutien, les marchandises du Bangladesh entrant dans l'Union sans droits de douane.

 

Les chinois essayent de se positionner dans le pays, comme ils essayent de le faire dans toute la région, fidèle en cela à leur stratégie de présence active aisément mise en oeuvre par les milliarsd de dollars dont dispose l'empire du Milieu. Les Indiens sont aussi présents et les relations bilatérales sont bonnes.

 

Si le revenu moyen est très bas (avec un chomage élevé), il ex011-copie-1.JPGiste quelques industries qui marchent bien et un secteur privé dans l'ensemble bien géré. Il en va différemment du secteur public, comme c'est souvent le cas dans les pays "les moins avancés" pour reprendre l'expression politiquement correcte...

 

On voit beaucoup de pauvreté dans la rue. La ville de Dhaka n'a rien de bien séduisant. S'il existe des rickshaws comme en Inde, il y a davantage de pousse-pousse à pédale ! L'un des gros problèmes du pays est l'énergie qui manque; des réserves de gaz découvertes il y a quelques années dans le Golfe du Bengale seront épuisées dans quatre ans.

 

Ici, on ne parle que le bengali. L'anglais est beaucoup moins répandu qu'en Inde. Les gens sont très gentils et souriants. Beaucoup de jeunes garçons portent des chemises impeccables et on voit peu de tee-shirts.

 

Une des grandes faiblesses du pays est le manque de maturité de la classe politique; les deux principaux partis se livrent une lutte sans merci qui est préjudiciable à l'intérêt national. Une autre faiblesse, sans surprise, est la corruption.

 

La ville de Dhaka ne nourrit pas mon imagination. Une ville plutôt laide souffrant d'un manque criant de moyens de transport et 19 millions d'habitants. On voit bien quelques femmes entièrement voilées, mais assez peu. On entend ici ou là quelques appels à la prière qui sortent en grésillant de vieux haut-parleurs, mais rien à voir avec l'Arabie Saoudite.

 

Toujours est-il qu'après trois jours à Dhaka, on trouve que Bombay est une ville belle, reposante et bien organisée. Comme quoi, il faut parfois sortir de son cadre de vie pour bien en mesurer l'attrait...

 

 

 

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Voyage Tourisme - Communauté : Vos voyages aux 4 coins du monde
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Mardi 21 juin 2011 2 21 /06 /Juin /2011 10:27

Tout était donc préparé. Peu à peu s'amassait un formidable orage contre les possesseurs de l'Hindoustan. Quand s'ébranleraient à la fois les soldats français si souvent victorieux, les Arabes du désert et le Shah de Perse; quand Bonaparte, prenant en main la direction de cette armée, paraîtrait dans le bassin de l'Indus, et qu'au premier signal notre allié Tippoo-Saheb marcherait à notre rencontre en soulevant sur son passage les populations du Midi, certes la puissance anglaise courrait de grands risques. Bonaparte le jugeait ainsi.

 
Il croyait même très rapproché le moment de l'expédition, car il envoya au Sultan de Mysore la lettre suivante : « Vous avez déjà été instruit de mon arrivée sur les bords de la mer Rouge, avec une armée innombrable et invincible, remplie du désir de vous délivrer du joug de fer de l'Angleterre. Je m'empresse de vous faire connaître le désir que j'ai que vous me donniez, par la voie de Mascate ou de Moka, des nouvelles sur la situation politique dans laquelle vous vous trouvez. Je désirerais même que vous puissiez envoyer à Suez ou au grand Caire quelque homme adroit qui eût votre confiance, avec lequel je puisse conférer. »

 

Il ne s'agissait plus cette fois de propositions ou de secours illusoires. C'était le général en chef d'une redoutable armée qui, de lui-même, proposait au Sultan l'alliance française, et déjà il se trouvait à moitié chemin de Paris à Seringapatam. Le gouvernement français, de son côté, semblait disposé à venir en aide à Tippoo-Saheb. Voici ce qu'écrivait, à la date du 20 septembre 1799, le ministre Reinhard : « il semble que cette dépêche devrait être terminée par une invitation au général Bonaparte de faire les recherches les plus profondes pour voir s'il n'y aurait pas moyen d'envoyer par terre ou par mer environ 800 hommes de son armée dans l'Inde, pour soutenir et secourir les princes Indiens qui ont commencé la guerre contre les Anglais et qui succomberont infailliblement, si des troupes européennes ne leur parviennent pas. » Certes le farouche ennemi de l'Angleterre aurait tressailli d'aise et d'espérance en recevant et cette lettre de Bonaparte et ces promesses du Directoire, mais, quand elles arrivèrent à destination, la mort l'avait déjà frappé (4 mai 1799), et la fortune de l'Angleterre l'emportait de nouveau dans l'Hindoustan.

 

Comment les anglais ont manoeuvré


Les Anglais avaient presque souri de mépris quand ils eurent vent des projets français. Un passage aux Indes par l'Egypte leur semblait impossible. Aussi n'avaient-ils pris d'abord, pour s'y opposer, que de simples mesures de précaution. Un seul des directeurs de la Compagnie, Dundas, pressentit la réalité du danger. Il exprima si vivement ses craintes que 5 000 hommes, bien disciplinés, accoutumés aux pays chauds, furent tirés de Gibraltar, du Portugal, du Cap de Bonne Espérance, et envoyés en Hindoustan. L'escadre anglaise de l'Océan Indien reçut aussi des renforts avec l'ordre de défendre les abords du golfe Persique. Comme on ignorait la destination définitive de l'armée française, la Compagnie en arriva bientôt à exagérer sa peur comme elle avait exagéré sa confiance, mais il faut reconnaître que ses alarmes pouvaient en partie se justifier. Si, en effet, le gouvernement

français réussissait à faire passer dans la mer Rouge quelques bâtiments de transport, si la flotte française des îles Mascareignes allait à leur rencontre, si même Bonaparte réussissait à se procurer en Egypte assez de bâtiments légers pour faire passer rapidement 10 000 hommes de troupes choisies sur les côtes de Malabar, le danger devenait réel. Vingt ou trente jours suffiraient pour aller de Suez à Malabar. Le détroit de Bab-el-Mandeb ne présentait aucun danger, car les Anglais n'avaient encore pris possession ni d'Aden, ni de Périm, et aucun de leurs vaisseaux, n'avait encore paru dans la mer Rouge. Aussi comprend-on les alarmes de la Compagnie.

  Lord-Wellesley_17336.jpg

Wellesley venait d'être nommé gouverneur général de l'Hindoustan à la place de Cornwallis. Il était de ceux qui voulaient pousser jusqu'au bout la fortune de l'Angleterre, et pensait que la ruine définitive de Tippoo-Saheb pouvait seule assurer sa grandeur. En effet, le Sultan de Mysore était alors l'appui et l'espérance de tous les ennemis de l'Angleterre. Wellesley aurait voulu l'attaquer sur le champ. Les prétextes ne manquaient pas. Dès le mois de novembre 1798, il fit savoir au Sultan qu'il connaissait ses projets pour l'avenir et ses négociations avec les Français. Déterminé cependant, disait-il, à tout régler à l'amiable, il lui annonçait le prochain envoi à Seringapatam d'un ambassadeur muni de pleins pouvoirs. Il espérait sans doute que le Sultan refuserait de recevoir cet ambassadeur, et lui fournirait ainsi le prétexte dont il avait besoin. Tippoo-Saheb ne cherchait alors qu'à gagner du temps, car il espérait recevoir des renforts de France. Il ne répondit pas tout de suite à Wellesley, et, quand ce dernier renouvela sa proposition en janvier 1799, il continua à garder le silence ; mais en même temps il envoyait à Paris le général Dubuc, un des Français qui étaient venus de l'Ile de France, pour solliciter du Directoire l'envoi de plusieurs milliers de soldats qu'il promettait de défrayer et de quelques vaisseaux sur la côte du Malabar. Ces nouvelles décidèrent Wellesley. Il concentra son armée et entra en campagne (3 février 1799). arriva bientôt sous les murs de Seringapatam, dont elle commença le siège, bien déterminée à ne pas se retirer avant d'avoir réduit à l'impuissance le plus redoutable de ses ennemis. Tippoo-Saheb résista avec énergie.

 

Le jour de l'assaut (4 mai) il parut sur la brèche et s'y fit bravement tuer. Sa mort et la prise de Seringapatam assuraient le triomphe de l'Angleterre. Aucun prince indigène n'était désormais capable de soutenir une guerre nationale contre les envahisseurs ; et puisque les Français, malgré les avantages que leur procurait cette alliance, n'avaient pu secourir à temps le Sultan de Mysore, il était à présumer que leur intervention en Hindoustan n'aurait jamais lieu.

 

Aussi bien, au moment même où périssait Tippoo-Saheb, les Anglais remportaient en Syrie un nouveau triomphe, moins retentissant, mais dont les conséquences devaient être pour eux fort importantes : ils forçaient en effet Bonaparte à battre en retraite devant la défense obstinée, conduite par Sidney Smith, de Saint-Jean-d'Acre et à renoncer à tous ses grands projets de fortune en Orient. C'était un incontestable succès et la France était décidément vaincue en Asie. Bonaparte ne s'y trompa point. Il lui arriva souvent,napoleon-bonaparte-exil-sainte-helene.jpg même au milieu de l'enivrement de ses victoires les plus extraordinaires, de répéter à ses confidents, à ses parents même, que la levée du siège de Saint-Jean-d'Acre avait été pour lui le plus grave des échecs, car c'était en Asie, et rien qu'en Asie qu'il pouvait construire le gigantesque édifice de sa fortune.

 

Son frère Lucien, dont les Mémoires sont pleins de boutades et de révélations inattendues, écrivait en 1806, à propos de cette déception de Bonaparte, les lignes suivantes, auxquelles les événements n'ont donné que trop pleinement raison : « J'ai manqué ma fortune à Saint-Jean-d'Acre, m'avait révélé le conquérant; mais ce que je le supposais capable de regretter n'avoir pas fait en Asie me semblait plus difficile à tenter en France. Et c'est un des phénomènes les plus extraordinaires observés à notre époque d'avoir vu surgir du sein de notre Europe civilisée un homme, non seulement destructeur des libertés publiques de son pays, mais imbu de l'esprit des conquêtes de Gengis-Khan et de Tamerlan, et qui, s'il vit longtemps, finira par précipiter l'Europe sur cette Asie, objet de ses regrets, dans une guerre heureuse contre la Russie. »

 

La persistance du projet indien

 

En 1803, Napoléon fit savoir au Conte de Boigne qu’il souhaitait qu’il prenne la tête d’une armée franco-russe ; ce corps expéditionnaire devait, selon les projets de l’Empereur, accéder à l’Inde via l’Afghanistan. Le Conte de Boigne, qui avait été le général en chef des armées mahrattes de Sinthia, déclina l’offre.

 

En 1807, Napoléon tentera se signer un traité avec les Perses mais ce sera finalement un échec. Les objectifs restaient les mêmes ; gagner l’Inde par la Perse.

 

Bonaparte en effet ne cessa pas de songer à l'Asie. Il ne se désintéressa jamais des affaires indiennes, et la conquête de l'Hindoustan resta toujours dans son esprit, comme l'affaire réservée, comme la grosse entreprise qui devait être en quelque sorte le couronnement de sa carrière.

 

 

 

Sources

Paul Gaffarel. La Politique coloniale en France de 1789 à 1830

Bourienne, Mémoires, t. II, p. 187.

J. Michaud, Histoire des progrès et de la chute de l'empire de Mysore (1801).

Michel Geoffroy. Le rêve indo-persan de l’Empereur


Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Histoire - Communauté : Histoire
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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 14:35

lok-pal-anna-hazare-corruption-mp-parliament.jpgDans notre dernier article sur le sujet de la Lokpal Bill nous disions que la lutte contre la corruption était en panne.

 

Les dernières semaines ont confirmé cette analyse. Pire, il existe maintenant un consensus pour dire que des représentants de la société civile non élus par personne ne peuvent être reconnues. En ce sens, force est de reconaître que l'irruption hautement médiatisée de Baba Ramdev dans le débat, avec de discours complètement décalés dans la forme et dans le fond, a contribué à l'enterrement des propositions de Anna Hazare.

 

On peut dire que si quelqu'un comme Anna Hazare avait la possibilité réelle d'infléchir le débat il ya un mois, tout cela a été perdu.

 

Cependant le thème de la corruption reste présent dans les débats des élites et il est de plus en plus présent dans la bouche des élites écoomiques. Et cela pour une raison simple, toute capitaliste : la corruption décourage les ivestissements étrangers et coûtent plusieurs points de croissance.

 

Cette semaine, l'éminent Narayana Murthy, fondateur et président d'Infosys (qui part en retraite) affirmait : "la corruption nuit à la réputation de l'Inde". Il ajoutait, alors qu'il est proche du gouvernement, que le gouvernement aurait pu faire beaucoup mieux sur ce sujet.

 

L'Inde commence à être fatiguée de ces scandales à répétition et la coalition au pouvoir a perdu une grande partie de sa crédibilité politique sur ce terrain.

 

 

 

 

 

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Actualité et société - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 10:25

 

Le Sultan de Mysore, Tippo-Saheb, allié de Napoléon

 

Bonaparte s'occupait donc d'une ex200px-Tipu_Sultan_BL.jpgpédition dans l'Hindoustan après la conquête de l'Egypte, et même il avait déjà  choisi son allié : le Sultan de Mysore, le fils d'Haïder-Ali, le fameux Tippoo-Saheb. Tippoo-Saheb nourrissait contre les Anglais une de ces haines vigoureuses qui font les grands peuples et les grands généraux. Quelques aventuriers français que les hasards d'une carrière accidentée avaient conduits à la cour de Mysore lui enseignèrent les règles de l'art militaire. Sa conduite et ses succès pendant les guerres entreprises par son père prouvèrent qu'il avait profité des leçons de ses maîtres. A peine monté sur le trône, il résolut de reprendre contre les envahisseurs de l'Hindoustan la campagne d'extermination à laquelle il songeait depuis de longues années. Ceux de nos compatriotes qu'il avait accueillis dans son intimité l'encouragèrent dans ses projets de revendication nationale. En quelques mois ils réussirent à lui donner une armée de 150 000 hommes, dont un tiers seulement d'irréguliers, de 2 000 canons, 700 éléphants et 6 000 chameaux. Ce sont eux qui entassèrent dans ses arsenaux des armes, des munitions et des approvisionnements de tout genre ; eux qui fortifièrent à l'européenne Seringapatam, sa capitale, et en firent une redoutable forteresse ; eux encore qui le décidèrent à prendre les devants et à solliciter l'alliance française.

De Louis XVI à Napoléon

 

m503706_98ce5797_p.jpgDés 1787, Louis XVI régnait encore, le Sultan nouait des contacts avec la France. Et le Sultan envoya une délégation à la rencontre de Louis XVI.

 

La sculpture représente l’ambassadeur du sultan qui rencontrea le roi le 3 août 1788 ; cette sculpture fait partie des Colections du Musée du Louvre.

 

Louis XVI reçut avec empressement les amb220px-LouisXVI-France1.jpgassadeurs Mysoriens, et leur promit monts et merveilles; mais il sortait à peine d'une guerre ruineuse et l'état intérieur du royaume commençait à l'inquiéter. Il n'osa pas s'engager à fond dans une nouvelle entreprise et pria Tippoo-Saheb d'attendre des circonstances plus favorables. Le Sultan de Mysore, malgré le peu de succès de cette ambassade, se crut assez fort pour engager seul les hostilités et envahit le territoire du rajah de Travancore, amides Anglais (avril 1790). Lord Cornwallis, gouverneur général, dirige aussitôt contre le Mysore quatre corps d'armée. Tippoo- Saheb laisse les Anglais s'avancer, puis, après avoir concentré ses troupes, il surprend une des quatre colonnes ennemies, l'écrase et va porter la guerre au coeur même des possessions anglaises. Plusieurs villes tombent entre ses mains.
Plusieurs détachements sont exterminés. Madras lui-même est menacé. Il arrive à Pondichéry et entre en conférence avec le gouverneur français, qu'il prie de se joindre à lui. Les circonstances étaient certes favorables, mais le gouverneur n'avait pas reçu d'instructions. Il craignit de se compromettre. Il déclara donc au sultan qu'il lui fournirait tous les secours que comportait la neutralité, mais que, pour une alliance offensive et défensive, il en référerait tout de suite à son gouvernement.

 

Les victoires de Tippoo-Saheb et la possibilité d'une déclaration de guerre française avaient alarmé les Anglais. Lord Cornwallis jugea nécessaire de prendre en personne la direction des opérations. Adoptant une tactique différente, il réunit ses troupes au lieu de les disséminer, envahit le Mysore et marcha droit sur la capitale à travers mille obstacles, dont le principal était celui de subsister dans une contrée abandonnée et ravagée par les indigènes. Ils finirent par réussir à enfermer Je sultan dans sa capitale. Tout était près pour une action décisive, lorsque Tippoo-Saheb, qui sentait son trône chanceler, demanda la paix. Par la convention du 16 mars 1792, il remit aux Anglais la moitié de son territoire, leur paya une indemnité de guerre de soixante-seize millions, et leur livra ses deux fils en otage.

 

Ces revers exaspérèrent sa haine. Dès lors il ne songea plus qu'à susciter partout des ennemis à l'Angleterre. Les circonstances le servirent. La Révolution venait d'éclater en France et Louis XVI était monté sur l'échafaud. Sous prétexte de venger la majesté royale, mais en réalité pour prendre une revanche des humiliations subies dans la guerre d'indépendance des États-Unis, le ministre dirigeant la politique anglaise, Pitt, fit entrer son pays dans la coalition formée contre la France, et donna l'ordre de se saisir tout de suite des colonies françaises comme d'un gage pour la paix future. Pondichéry, Chandernagor, tous les débris de notre ancien empire tombèrent successivement aux mains des Anglais ; mais un grand nombre de Français purent s'échapper à temps et demander asile aux princes indiens. C'est à la cour de Tippoo-Saheb qu'ils furent le mieux reçus. Un ancien horloger, sachant à peine écrire, mais doué de quelques talents naturels, devint le conseil et le secrétaire du Sultan. Bon nombre d'officiers et de soldats furent appelés par lui et s'efforcèrent d'initier les Mysoriens à la tactique et à la discipline de l'Europe. Plusieurs aventuriers offrirent leurs services au sultan, mais celui-ci rêvait d’un véritable protecteur conquérant. C'était le général qui remplissait alors tout l'Orient du bruit de ses victoires : c'était celui que les  Égyptiens avaient surnommé le Grand Sultan; c'était Bonaparte en personne.

 

Les préparatifs de l’expédition vers l’Hindoustan

 

Bonaparte connaissait de réputation le Sultan de Mysore et désirait se mettre en relations avec lui. Apprenant qu'un certain Piveron, ancien agent français à Seringapatam, se trouvait en France, il écrivit aussitôt au Directoire pour l'avoir à sa disposition. « On le ferait passer aux Indes, disait- il, pour renouveler nos intelligences dans ce pays. » Quelques mois plus tard, déjà arrivé en Égypte, on lui apprend que le général Bon, commandant à Suez, a vu un Indien, sujet du Sultan de Mysore. Bonaparte écrit aussitôt au général pour lui dire qu'il a lu son rapport avec le plus vif intérêt, et, croyant avec sa promptitude d'imagination que tous ses projets vont se réaliser, et que bientôt il partira pour l'Hindoustan: « Il serait nécessaire, ajoute-t-il, que vous fissiez sonder la rade pour savoir si des frégates de l'île de France que j'attends pourraient, étant arrivées à Suez, s'approcher de la côte jusqu'à deux cents toises, de manière à être protégées par des batteries de côte. » Ces frégates étaient destinées à convoyer les navires qui transporteraient en Hindoustan la future armée conquérante.

 

Dans la pensée de Bonaparte, cette expédition devait être tentée dans un aveninapoleon-bonaparte_1.jpgr très rapproché. Il s'était ouvert de son projet au Directoire. Il avait même songé au général Bernadotte pour le charger d'une mission préparatoire auprès de Tippoo-Saheb, et ce dernier avait accepté avec empressement. « Si mes désirs à cet égard n'ont pas leur effet, écrivait-il à son ami le général Ernouf, je serai forcé d'attendre jusqu'à ce qu'il plaise au Directoire de m'envoyer sur la côte Malabar pour négocier avec Tippoo-Saheb les établissements, anglais tant sur cette côte qu'au Coromandel et au Bengale. »

 

Bonaparte se préoccupait même déjà des voies et moyens, et entrait en relations avec les puissances intermédiaires. La péninsule arabique, la seule contrée de l'Asie antérieure dont Alexandre, son modèle, n'eut pas pris possession, excitait non pas précisément ses convoitises, mais son intérêt. Il aurait voulu sinon la soumettre, au moins rattacher à sa fortune les divers souverains qui la possédaient. Deux d'entre eux surtout étaient alors connus des Européens, le shériff de la Mecque et l'iman de Mascate. Bonaparte les mit au courant de ses projets, et essaya, par ses prévenances, de se concilier leur amitié. Le 17 février 1799 il écrivait au shérif de la Mecque la lettre suivante : « Il n'y a plus un seul Mameluck oppresseur en Egypte, et les habitants, désormais sans craintes et sans alarmes, reprennent le cours ordinaire de leurs voyages, de leurs travaux champêtres et de leur commerce. Par la bénédiction de Dieu, cette paix se consolidera de plus en plus, et les droits établis sur les marchandises ou les autres taxes seront supprimés. Les droits imposés sur le commerce des marchandises sont aujourd'hui ce qu'ils étaient sous les Mamelucks; les marchands reçoivent toute sorte d'assistance et la route du Caire à Suez est ouverte et sûre. »

 

Le 25 janvier de la même année, Bonaparte avait adressé à l'iman de Mascate, dont la domination s'étendait alors non seulement en Arabie, mais encore sur les côtes africaines jusqu'à Zanzibar, une lettre conçue à peu près dans les mêmes termes : « Je vous écris cette lettre pour vous faire connaître ce que vous avez déjà appris sans doute, l'arrivée de l'armée française en Egypte. Comme vous avez été de tout temps notre ami, vous devez être convaincu du désir que j'ai de protéger tous les bâtiments de votre nation; et vous les engagerez à venir à Suez ils trouveront protection pour leur commerce. » On ne sait si ces lettres parvinrent à leur destinataire.

 

 

A SUIVRE

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Histoire - Communauté : Histoire
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Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 10:23

64691_o.jpgUn des thèmes fréquemment abordés en Inde est celui de la « financial inclusion », ce qui veut dire l’accès aux services bancaires pour les indiens qui vivent dans les zones rurales (soit 70% de la population).

Aujourd’hui 45% des indiens adultes seulement ont un compte bancaire et 59% des indiens vivant dans les zones rurales n’ont pas de compte de dépôts dans une banque.

Depuis longtemps, le gouvernement a fait de l’inclusion une priorité mais dans les faits il ne s’est pas passé grand-chose.

Récemment la banque centrale a pris des mesures très innovatrices en autorisant le concept de « business-correspondant » développé dans le cadre de partenariats entre des banques indiennes et des entreprises. Concrètement, il s’agit d’entreprises de télécom qui sont bien implantées dans les zones rurales et qui s’engagent à assurer des opérations bancaires de base pour cette clientèle. La banque centrale semble avoir bien pris en compte que ce nouveau système de banque low-cost nécessitait quelques aménagements de sa réglementation.

Connaissant la banque centrale et toute sa rigueur bureaucratique, on ne peut que saluer cette nouvelle politique qui permettra à terme d'ouvrir la possibilité à une population pauvre d'ouvrir des comptes d'épargne et de bénéficier de taux d'intérêts de l'ordre de 8 à 9%.

 

On espère simplement que cette nouvelle politique soit effectivement mise en place.

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Economie - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Vendredi 17 juin 2011 5 17 /06 /Juin /2011 10:23

Cela est peu connu, mais Napoléon Bonaparte s’est intéressé à l’Inde dés sa jeunesse. Il avait lu plusieurs livres sur l’Hindoustan d’alors et avait parfaitement pris la mesure de l’intérêt de l’Inde, déjà source de grande richesse pour les Anglais. On sait aussi que les rêves de conquête de l’empereur étaient nourris des exploits d’Alexandre le Grand dont les armées avaient franchi l’Indus.

 

Mais comme on va le voir l'Inde n'a pas été seulement un rêve pour l'Empereur; l'Inde rentra pleinement dans sa vision stratégique de la lutte contre les Anglais et dans ses projets de conquête.

 

Quels furent les projets de Napoléon pour l’Inde ? Envisagea-t-il sérieusement la conquête de l’Inde ?  S’agissait-il d’une invasion terrestre ou maritime ? Quels étaient les alliés possibles de Napoléon en Inde ?

 

Nous avons repris l'excellent texte de l'historien français Paul Gaffarel (1843 - 1920), texte que nous avons allégé, complété, parfois remanié et illustré.

 

On sait par les récits de Lucien Bonaparte que Napoléon s’est intéressé très tôt à l’Inde ou plutôt à l’Hindoustan.Lucien Bonaparte raconte, dans ses mémoires, que ses frères et lui se trouvèrent un jour, en février 1793, réunis à la table de famille, à Ajaccio. La conversation tomba sur la prépondérance anglaise dans les Indes. « Je n'ai jamais oublié, écrit Lucien, que Napoléon dit que c'était là un pays à faire fortune, et que, s'il n'était pas promu, et bientôt officier supérieur, ce qu'on lui avait fait espérer, il ne serait pas éloigné de songer à y prendre service.  Je lui ai entendu dire plusieurs fois dans le même temps que les Anglais faisaient plus de cas que les Français d'un bon officier d'artillerie, et qu'aux Indes les sujets distingués de cette arme sont fort rares. Au reste, disait-il, ils sont rares partout, et, si je prends jamais ce parti-là, j'espère que vous entendrez parler de moi. J'en reviendrai clans quelques années en riche nabab, et vous apporterai de bonnes dots pour mes trois soeurs. »

 

Le 9 thermidor (27 juillet1794)

 

blog-general-bonaparte-1794.jpgLe 9 thermidor marque la chute de Robespierre et ce tournant de l’histoire faillit l'arrêter net dans sa carrière. Compromis à cause de ses relations avec le parti vaincu, et relégué dans un obscur commandement qu'il ne voulut pas accepter, il tourna de nouveau ses pensées vers ces contrées orientales qui offraient une ample matière à son génie remuant et à son ambition démesurée. Le Sultan Sélim (empire Ottoman) se préparait alors à entrer en campagne contre la Russie et l'Angleterre. Il avait demandé à la France quelques officiers pour accroître ou plutôt pour réorganiser ses ressources militaires. Bonaparte songea à se faire donner par le Comité de Salut Public une mission en Turquie. La perspective d'un grand rôle à jouer dans ces contrées destinées à de gigantesques révolutions charmait son imagination ; mais, avant qu'il eût soumis ses projets à l'acceptation du Comité, il était subitement remis en pleine lumière, et, à la suite du 13 vendémiaire (5 octobre 1795), nommé général en chef de l'armée d'Italie en mars 1796.

 

La conquête de l’Egypte envisagée comme un étape vers l’Inde

 

Conquérant de l'Italie, vainqueur du Piémont et de l'Autriche, Bonaparte n'oublia jamais l'Orient. Il songea dès lors à profiter de la faiblesse de la Turquie et de son prochain démembrement pour s'emparer de l'Egypte. Encore l'occupation de ce pays n'était-elle dans ses pensées que le prélude d'expéditions plus importantes. « Je vois d'ici, écrivait-il au Directoire, la côte s'embarqua Alexandre pour la conquête de l'Egypte. » Le grand nom d'Alexandre n'était pas jeté au hasard. C'était bien sérieusement que Bonaparte songeait à renouveler les exploits du héros macédonien. Après l'Egypte la Syrie, puis l'Arabie et la Perse, enfin l'Hindoustan. Ruiner les établissements anglais et établir solidement la prépondérance française dans l'Extrême-Orient, chasser les Turcs de Constantinople et les renvoyer en Asie, grâce à un immense soulèvement des populations grecques et chrétiennes, enfin revenir à Paris en prenant l'Europe à revers, tels étaient les projets dont l'occupation de l'Egypte ne formait que le simple préliminaire. Aussi bien Bonaparte n'était-il pas l'homme de l'Asie plutôt que de l'Europe ? En Asie il y avait à conquérir, à fonder, à innover, et on agissait sur des masses énormes. On pouvait remuer les hommes par millions, et, avec quelques idées simples mais pratiques, fonder une civilisation durable. Si jamais homme eut quelque chance de réaliser une chimère aussi gigantesque, ce fut assurément le conquérant de l'Italie et de l'Egypte.

 

La préparation de la conquête de l’Inde

 

Dans la Correspondance de Napoléon se trouve la preuve de cette persistance dans ses projets au sujet de l'Hindoustan. Au moment il préparait l'expédition d'Egypte, quelques jours avant son départ pour Toulon, le 5 avril 1798, il écrivait au ministre de la guerre : « Le général en chef Bonaparte est instruit qu'il existe au dépôt de la guerre des exemplaires de l'atlas du Bengale du major Rennell et des cartes particulières du cours du Gange publiées par des Anglais. Il vous prie de les faire mettre à sa disposition : elles seront réintégrées dans le dépôt lorsqu'elles auront servi au but auquel on les destine, et j'en donnerai reçu. »

 

A SUIVRE

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Histoire - Communauté : Histoire
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Jeudi 16 juin 2011 4 16 /06 /Juin /2011 10:59

Les Indous

 

Le Conte de Gabriac observe les hindous et nous en donne cette description : « Les Indous ont, comme on sait, la peau d'un beau brun chocolat; il en est qui sont aussi noirs que des nègres, mais leurs traits sont absolument semblables aux nôtres. Leur costume, qui diffère suivant, les localités, est superbe à Bombay. seulement on
voit ces immenses turbans, qui renferment 40 à 50 tres d'étoffes. Ils ont presque le diamètre d'un parasol, et sont aussi majestueux qu'utiles contre le soleil. Il y en a de toutes couleurs, mais les blancs et les rouges dominent. Le reste du costume est des plus simples; il se compose d'une large houppelande qui descend jusqu'à terre, croisée et serrée à la taille par une ceinture de couleur voyante 
».

 

Edmont Cotteau nous décrit les Hindous avec beaucoup de détail : « Les Mahratta-Family-Group-Photograph----India-c1880.jpgHindous des différentes castes entrent pour les deux tiers dans le chiffre total; ils se divisent en deux grandes familles, les adorateurs de Vichnou, le conservateur, et ceux de Siva, le destructeur, la deuxième et la troisième personne de la trinité indienne. Les premiers tracent sur leur front une ligne perpendiculaire. les seconds une ligne horizontale; chaque matin, autant que possible, la peinture de ces lignes doit être renouvelée par un brahmine. La multitude adresse aussi ses hommages à d'autres divinités secondaires, telles que les épouses des dieux que nous venons de nommer, le dieu Gunputti à tête d'éléphant et bien d'autres. Après les brahmines, la classe la plus importante parmi les Hindous est celle des banians, ou marchands. La plupart sont originaires du Guzerate, pays, situé au nord de Bombay. Contrairement aux autres Indiens, ils ne montrent aucune répugnance pour les longs voyages, surtout s'ils doivent contribuer à augmenter leur fortune; ils font preuve d'une rare habileté dans le commerce; de là vient le proverbe indien : « II faut trois juifs pour faire un Chinois, et trois Chinois pour faire un Banian. » Tous parlent et écrivent le guzerate; c'est le langage le plus répandu à Bombay, et en même temps la grande langue commerciale de l'Inde ».

 

Il nous décrit également les mahrattes et les musulmans : « Les Mahrattes n'ont pas les mêmes dispositions pour le commerce c'est un peuple guerrier et agriculteur. Ceux qui habitent les villes se font employés ou hommes de loi. Leurs habitations sont moins confortables que celles des opulents Guzerates. Les mahométans sont partagés en deux grandes divisions, les sunnites et les chiites; les Turcs et les Arabes appartiennent à la
première; les Persans à la seconde. Cette dernière est la plus nombreuse à Bombay et comprend la tribu des borales, marchands colporteurs spéculant sur toutes sortes de marchandises, musulmans de religion, mais juifs d'apparence et possédant le caractère et le génie particuliers à cette race
 ».

 

Hugues Krafft a quelque mal à s’y retrouver dans la population locale : « Il y a de tous côtés une telle infinité de turbans divers qu'il faudrait des études spéciales pour en approfondir l'origine et la signification! Comment ranger cette foule incomprise par castes de Brahmines, de Chétris, de Waïshias et de Soudras? Les coiffures les plus pittoresques et les plus extravagantes défilent les unes après les autres, tantôt enchevêtrées en mélange d'étoffes rouge et or, tantôt ornementées d'appendices bizarres qui surgissent sur les occiputs. Sur dix de ces Hindous à turbans, on en voit huit ou neuf avec des anneaux d'or dans la partie supérieure de l'oreille et portant sur leur front brun des peintures mystérieuses, tracées en petits ronds, en raies blanches, rouges ou jaunes au-dessus de leurs yeux noirs. Les rares femmes qui marchent dans la rue ont toutes des anneaux dans le nez et aux oreilles, des quantités de bagues et de bracelets clinquants aux mains et aux pieds. »

 

L’économie de Bombay

 

Nos voyageurs font également des observations sur l’économie. Jacques Siegfried qui est administrateur d’une grande banque française note avec amertume : « quant à la France, elle n'est représentée encore que par une agence du Comptoir d'escompte et par une seule maison de commerce, celle de MM. Jules Siegfried et Compagnie, à côté de laquelle il y a évidemment place encore pour bien des Français ».

 

Edmond Cotteau rappelle l’importance économique de Bombay : « Cette prépondérance ne résulte pas uniquement de sa grande population, qui est déjà supérieure à celle de Calcutta , mais aussi de sa supériorité manufacturière et financière. C'est à Bombay et dans le district de Bombay que se trouvent le plus grand nombre de filatures, et ce sont les produits de cette industrie qui alimentent les trois cinquièmes de l'exportation ».

 

Théodore Duret explique, en 1874, la réussite de Bombay : « Bombay est une grande ville, très riche, très commerçante, qui compte aujourd'hui six cent mille habitants. Sa prospérité repose entièrement sur le coton. L'Inde, avant la guerre de la sécession d'Amérique, n'exportait qu'uneCotton-Bales-at-the-Port---Bombay--Mumbai--1860-s.JPG quantité restreinte de coton d'assez mauvaise qualité. Sous le coup de la disette de coton amenée en Europe par la guerre, les Anglais donnèrent à la culture du coton dans l'Inde une vigoureuse impulsion. Les qualités furent partout améliorées, la quantité prodigieusement augmentée, et telle est la consommation de coton qui se fait aujourd'hui dans le monde, que quoique, depuis, l'Amérique ait repris l'importance de sa production première, l'Inde n'en continue pas moins à écouler les quantités accrues qu'elle s'est mise à produire. A Bombay, tout repose sur le coton, tout existe pour lui : les négociants qui l'achètent, les industriels qui le pressent et l'emballent, les navires qui l'emportent. Vous devez tout de suite apprendre les termes du métier et les prix, on vous enseigne à juger des qualités à la longueur des soies, ici on vit dans le coton. On en rêve la nuit. On finit par être étonné de ne pas se trouver changé le matin en balle de coton ».

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Racines, emblèmes et portraits de l'Inde - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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