Mardi 7 octobre 2008
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C'est décidé ! Le groupe Tata a officiellement annoncé son retrait du site de Singur et le
transfert du projet de la Nano dans l'Etat du Gujarat.
Depuis plusieurs jours, les journaux se faisaient l'écho de cette possibilité et le gouverneur du Bengale Occidental a tout fait pour tenter de conserver ce site de Singur dont les travaux
étaient très avancés. Mais le Président du groupe, Ratan Tata a tenu bon : "Vous ne pouvez pas faire tourner une usine sous protection policière, lorsque des bombes y sont jetées,
lorsque des ouvriers y sont intimidés".
Les manifestations de paysans autour du thème "on nous a dépossédé de nos terres" ont été le fruit d'une exploitation et d'une récupération poltique par l'opposition qui avait manifestement
sous-estimé la détermination du groupe Tata à ne pas se laisser intimidé.
C'est dommage pour cet Etat du Bengale Occidental, mais l'opinion publique comprend qu'on ne peut laisser des projets industriels torpillés par des manoeuvres politiques.
Cet événement pourrait inciter d'autres groupes indiens à revoir la localisation de leurs implantations.
Par Olivia et Geoffroy
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Dimanche 28 septembre 2008
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Deux événements viennent de se produire en Inde dans le monde industriel.
Le premier concerne la fameuse usine que le groupe Tata construisait à Singur à 40 km de Calcutta dans l'Etat du Bengale Occidental afin d'y produire la fameuse "Nano", la voiture la
moins chère du marché (1700 €). Gros projet de 350 M USD déployé sur 400 ha afin de regrouper sur place la plupart des fournisseurs.
Certains fermiers auxquels l'Etat avait racheté leurs terres se sont "révoltés" déclarant vouloir récupérer une parie celles-ci; l'affaire a pris de l'ampleur et a dégénéré en manifestations
violentes obligeant le groupe Tata a interrompre son activité afin de protéger ses employés. Le tout ayant été manifestement atisé et récupéré par un parti politique local et par la
très "magnétique" Mamata Banerjee. Le ton a monté entre le groupe Tata et le gouverneur de l'Etat essayant de calmer le parti politique agitateur...
Ratan Tata lors de la p
résentation de la Nano en janvier dernier
Finalement le groupe Tata semble être arrivé au point de rupture et envisage le démantèlement de son usine et sa relocalisation dans un Etat plus calme, privant ainsi le pauvre Etat du Bengale
oriental de milliers d'emplois et même le Sri Lanka se portait volontaire pour accueillir le futur site de la Nano ! D'autres groupes industriels, qui avaient des projets d'investissements
dans ce même Etat, viennent d'annoncer qu'ils préféraient investir ailleurs.
Le second événement est différent, plus suprenant et plus dramatique ! Il a lieu pas
loin de New Delhi et concerne la filiale indienne d'un groupe industriel italien. A la suite d'actes de vandalisme, la société licencie des ouvriers. Ceux-ci n'acceptent pas la sanction
et une centaine ouvriers envahissent l'entreprise et après une rencontre orageuse avec le dirigeant indien le massacre avec des barres de fer ! Quatre cadres italiens de passage
échappent miraculeusement à la mort. Le ministre du travail a fait une première déclaration en disant qu'il s'agissait d'une"leçon donnée au patron pour qu'ils traitent mieux leurs
salariés". "Les travailleurs doivent être traités avec compassion. Ils ne doivent pas être poussés à bout, au point qu'ils fassent ce qui s'est passé à Noida", a t-il
poursuivi. Il a été jusqu'à a expliqué que cela devait "servir d'avertissement aux cadres dirigeants", comme on a pu le lire dans toute la presse indienne.
Le milieu patronal n'a pas bien réagi à cet avertissement. La Chambre de commerce s'est dite sidérée par ces propos. Elle se demande comment le gouvernement indien peut encore espérer attirer des
investisseurs si elle ne condamne pas un tel meurtre. Des chefs d'entreprise indiens ont dit que cette affaire allait salir la réputation du pays auprès des entreprises internationales. Face à
ces réactions, le ministre du Travail s'est finalement longuement excusé hier. Il s'est dit "désolé" si ses propos avaient blessés des gens. "Je souhaite qu'il règne un
climat de paix dans nos entreprises avec des ouvriers contents", a t-il expliqué aux journalistes. Il a ajouté que "rien ne justifiait un tel
acte".
Par Olivia et Geoffroy
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Vendredi 19 septembre 2008
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Depuis l'annonce en début de semaine de la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers, la Bourse de Bombay est en baisse. Ce matin, elle a même chuté de près de 5%. Et
lundi, elle avait été l'une des premières à réagir à cause du décalage horaire et du fait que les autres bourses asiatiques étaient fermées pour cause de jour férié. La roupie dégringole aussi.
Elle est au plus bas depuis trois ans.
Conséquence directe de la banqueroute de Lehman Brothers, la plus grande banque indienne de crédit ICICI va perdre environ 58 millions d'euros. C'est ce qu'avait investi sa
filiale britannique dans la banque d'affaire américaine.
Comme dans le reste du monde, cette crise touche les employés de Lehman Brothers. Ils sont 2500 en Inde, qui avaient
été embauchés ces trois dernières années. Ils vont pouvoir chercher un nouvel emploi...
Mais en tout, ce sont au moins 25 000 personnes qui pourraient se retrouver au chômage. L'Inde est en effet souvent surnommé le "bureau du monde"
du fait que les entreprises de service, et plus particulièrement les banques, y délocalisent une partie de leurs activités. Si elles vont mal, tous ces contrats avec l'Inde risquent donc d'être
revu à la baisse. Pour l'heure, les chiffres avancés ne sont cependant que des estimations. Il va falloir attendre pour connaître les répercussions à plus long terme.
Comme on pouvait le lire hier dans le Times of India, "L'Inde tremble quand les Etats-Unis sont secoués". Jusqu'à récemment, l'Inde se croyait imperméable aux
crises boursières mondiales à cause d'une croissance très forte et d'une économie en pleine expansion.
Mais l'économie indienne, même en forte croissance, est marquée par une forte volatilité et notamment de ses indices boursiers. Ici autant qu'ailleurs on spécule, on joue, et on espère des
profits rapides. Ce qui n'aide pas c'est une presse économique assez sensationnaliste qui n'hésite pas à publier de fausses informations, de faux taux, de fausses données. Dans les maux actuels
cela fait évidemment penser à ce slogan d'un hebdomadaire parisien : "le poids des maux, le choc des faux taux" !
Cela étant, le système bancaire indien est sain, et les indiens voient maintenant les pays développés comme nous voyions les pays émergents il y a quelques années. Dans les années 80 et
90 les banques "occidentales" avaient été secouées par les "risques pays", qu'il s'agisse du Brésil, de l'Argentine, de l'Asie, de la Russie etc... C'est bien le monde à l'envers
aujourd'hui et on se demande, dans le monde financier, où se trouvent maintenant les "bonnes pratiques" ?
Ce qu'il y a de certain c'est que cette crise traduit la défaillance du régulateur américain qui a été incapable de prévoir et donc de prévenir la crise des sub-primes et ses conséquences.
L'Inde reste un pays à très forte croissance (comme la Chine) mais son économie, pour des raisons structurelles, restera encore marquée par une forte volatilité. Le seul changement fondamental,
conséquence de cette crise, est que les USA ne seront plus regardés comme la "référence" ou le temple de la finance. Et il est vain de croire qu'il suffira de débarasser le Temple de ses
marchands. En ce sens, cette crise fait grandir l'Inde et d'autres pays émergents.
NDLR : Illustration originale faite par Geoffroy aux multiples talents !!!
Par Olivia et Geoffroy
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Mercredi 10 septembre 2008
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(*Titre de The Hindustan Times)
Je ne pouvais en rester là sur le vin, même si aujourd’hui la consommation est encore très faible environ 4ml par an et par habitant, le marché commence à se développer
notamment dans certaines grandes villes et dans la prochaine décennie devrait augmenter de 25 % par an. Il n’est plus rare de voir des jeunes femmes déjeuner dans des restaurants
et commander un verre ou deux de vin surtout indien ou australien, nos vins français étant chers et finalement peu présents sur les cartes contrairement à nos voisins italiens ! Les
indiens apprécient un étiquetage clair simple avec le nom du cépage. Le nom du domaine ou du château n’est pas important. Ils raisonnent plus en terme de marque et ne veulent pas d’un vaste choix
de vin qui compliquerait leur décision. Certains restaurants peuvent proposer un seul ou deux vins et les bouteilles sont directement montrées à la
table des hôtes !
La marque Sula est devenue en huit années le deuxième producteur de
vin indien. Les vignobles sont situés dans le nord de l’Etat du Maharasthra à Nasik capitale du vin (environ 200 km de Bombay) connu pas seulement pour ses vignobles mais aussi pour un très
célèbre temple hindou où les bombaikars vont s’y recueillir en famille. Cette exploitation est très moderne et des séances de dégustation sont
proposées aux visiteurs encore peu nombreux, il est vrai pour l’instant que le tourisme viticole n’en n'est qu’à ses balbutiements. La superficie des vignes de Sula est de 800 hectares, une
partie est sous traitée auprès d’agriculteurs qui sont passés de la culture du raisin de table à celle du raisin pour la viticulture et c’est devenu pour eux un investissement rentable, leur
raisin est vendu quatre fois plus cher. Les cépages viennent d’Europe ou des Etats-Unis.
Contrairement à la majeure partie des propriétés viticoles françaises le jus de raisin est vinifié dans des cuves inoxydables. La croissance annuelle
de Sula est de 100 % depuis la première année !
Voici le grand patron Rajeev Samant !!
La marque a choisi d’être très facilement identifiable avec un soleil en référence à l’emblème des maharadjahs , les bouteilles n’ont pas de bouchon en liège mais c’est une capsule à
dévisser hormis pour « le vin blanc pétillant » et veulent avant tout produire des vins jeunes faciles à boire et s’inspirent beaucoup des techniques du nouveau monde. La marque Sula
est présente dans tous les points de vente et sur toutes les cartes de restaurant à un prix abordable. Cela marche très bien et aujourd’hui le marketing, la communication autour du vin est très
présente dans la vie de tous les jours cela passe par une publicité, un article dans un journal, une invitation pour une dégustation ou bien des marques d’alcool qui sponsorisent des fêtes
…
Tout ce contexte favorable me donne
pas mal d’idées surtout grâce à ma sœur qui est une grande spécialiste dans ce domaine et nous nous efforçons d’un continent à l’autre de voir s’il n’y aurait pas une belle possibilité pour
imposer quelques vins français qui pourraient correspondre aux attentes des indiens !
Affaire à suivre, conseils et commentaires précieux
sont les bienvenus ….
Par Olivia et Geoffroy
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Lundi 4 août 2008
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La raison professionnelle de mon déplacement à Kochi est de mieux connaître une
entreprise de courtage actions avec laquelle nous avons des liens trés forts. Cette entreprise est une des nombreuses success stories de l'Inde. Son fondateur, qui en est toujours le directeur
général, est un indien issu d'une caste moyenne et dont le père était un haut responsable du Parti Communiste du Kérala. Oui car au Kérala, comme dans d'autres Etats, il y a eu une forte
influence communiste. Cela s'explique par les conditions très dures dans lesquelles les basses castes étaient traitées dans un passé pas si lointain et aussi bien sûr par les conséquences de
l'ancienne et longue "amitié" entre l'Inde et l'ex-URSS.
Ce businessman, avec lequel j'ai passé deux heures ce matin, a été un visonnaire.
Il a créé sa société avec quelques milliers de dollars et a décidé d'être différents des autres sociétés de courtage en étant complètement éthique vis à vis de ses clients, à une époque où ce
genre de sociétés se livraient à des pratiques douteuses. Puis il a convaincu le gouvernement de l'Etat du Kérala de l'aider à développer sa société pour qu'il y ait au moins une société de
courtage honnête au Kérala et l'a fait entrer à son capital. Il a ensuite été le premier à introduire le courtage sur internet...
C'est aujourd'hui une personnalité reconnue dans le milieu des affaires et écoutée. Hier soir, il nous avait invité avec sa femme à diner et Olivia et moi avons écouté avec beaucoup
d'intérêt ses commentaires sur l'Inde et le Kérala. Il nous confirme que si la classe politique est corrompue, l'Inde a la chance d'avoir un Premier Ministre propre et trés compétent.
Il a toujours misé sur de fortes valeurs éthiques, interdisant à sa famille de travailler pour sa société. Aujourd'hui il est à la tête d'un patrimoine conséquent et sa femme est professeur de
statistiques avec un salaire de 500 € par mois. Il prévoit de prendre sa retraite dans 4 ans et veut créer une Université avec son propre argent.
Sa société se développe et emploie aujourd'hui plus de 3000 personnes; l'une des grandes difficultés de ces sociétés est de conserver ses employés, car le marché se développe et les talents
sont chassés en permanence. Le turn over des salariés de de 25% par an ce qui est énorme pour nous, habituel en Inde. D'où l'importance de la culture d'entreprise, de la formation, de la gestion
des carrières. Malgré la taille de la société et l'importance des recrutements, ce dirigeant reçoit et prend le temps de voir les jeunes embauchés de sa société.
Les locaux du siège de la société (qui a en plus 460 agences dans l'ensemble du pays) sont très simples, voire miteux, sans aucun luxe; les salariés sont entassés et
le directeur général a un petit bureau très modeste...
Voilà, je voulais vous faire partager cette rencontre avec une personnalité charismatique et très respectable, avec laquelle je suis appelé à avoir des relations régulières.
L'Inde c'est aussi cela.
Par Olivia et Geoffroy
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