Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 16:51

Au cours des derniers mois plusieurs affaires de faux pilotes ont éclatés.

 

Les autorités découvrent subitement que plusieurs pilotes ont falsifié leurs diplômes ou leurs certificats d'aptitudes ou d'heures de vol afin d'être embauchés comme pilotes. Toutes les compagnies aériennes sont concernées: Air India, Jet Airways, Indigo, Kingfisher.

 

Un premier scandale éclata avec une femme pilote qui avait une bien curieuse façon de faire atterrir son avion; au lieu de cabrer l'aéronef et de toucher la piste avec les roues arrières, elle cabrait l'avion nez en avant et c'était la roue avant qui touchait en premier la piste !

 

Depuis une bonne dizaine de faux pilotes ont été démasqués !

 

Ci-dessous le dessin fait par notre ami Morparia qui met en scène une séance d'embauche de pilotes; on voit le directeur de Kingfisher qui, titulaire d'un PhD, tient à se faire appeler Dr...

 

time-out-pilots-fake.jpg

 

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Actualité et société - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 00:00

52006377 04fc9Nous  revenons sur l’action de l’activiste social Anna Hazare.

 

Dans les milieux économiques, plusieurs éminentes institutions se sont emparées du sujet et    font circuler des notes très intéressantes qui permettent de mieux comprendre le contexte et les enjeux.

 KPMG a effectué une enquête sur le sujet et il se confirme que les milieux d’affaires réagissent très favorablement à ma mise en place d’un cadre juridique spécifique afin de lutter contre la corruption. Selon eux, le GDP de l’Inde augmentera si la corruption diminue.

L’idée initiale de la Lokpal Bill s’inspire directement de l’idée de l’ombudsman et dès 1968 ce projet de loi avait été introduit au Parlement… où il est resté bloqué jusqu’à présent !!!

Cette Lokpal Bill devait faire l’objet de recommandation par un groupe de ministres avant d’être présentée au Parlement.

 

Ce qui se passe aujourd’hui avec Anna Hazare, c’est qu’il a clairement indiqué les désaccords.

Premier point : le groupe devant rédiger le projet de loi ne doit pas être composé uniquement de ministres mais doit comprendre pour moitié des représentants de la société civile.

 

Le deuxième point de désaccord est que Anna Hazare a demandé que l’on introduise dans la loi une disposition obligeant les fonctionnaires ou politiciens corrompus à restituer à l’Etat le montant du préjudice subit.

Le troisième point est que Anna Hazare introduit dans le projet la notion de protection juridique des dénonciateurs.

 

Le quatrième point, essentiel, porte sur les pouvoirs effectifs de cet office de l’ombudsman. Alors que le gouvernement voulait en faire une sorte de conseil émettant des recommandations, Anna Hazare demande que cet organe dispose de vrais pouvoirs.

Le cinquième point porte sur la sévérité des punitions ; Anna Hazare demande qu’une peine de prison de 5 ans soit le minimum pour les fonctionnaires et politiciens corrompus.

 

Tout ceci devrait évoluer dans les semaines à venir. Il est difficile de prévoir ce qui va se passer, mais il est désormais clair que l’action d’Anna Hazare bénéficie d’un fort soutien en Inde et pas seulement dans l’opinion publique. En ce sens, c’est une étape importante qui vient d’être franchie.

 

Bien entendu, les risques d’enlisement ou de ralentissement existent.

 

Mais nous ne pouvons que soutenir et féliciter Anna Hazare pour son action. En quelques jours, il a fait bouger les lignes de la forteresse corruption.

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Actualité et société - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Mardi 12 avril 2011 2 12 /04 /Avr /2011 09:21

 

 2367013412-indian-social-activist-anna-hazare-gestures-duri.jpgL’activiste Anna Hazare a gagné la première manche. La fameuse commission chargée de rédiger le projet de loi anti-corruption sera composée pour moitié de politiciens et pour moitié de représentants de la société civile. Il a demandé en outre que ses discussions soient télédiffusées ce que le gouvernementr a refusé.

 

Mais cette loi sera-t-elle rédigée et votée par le parlement dans les prochains mois ?

 

Les suites judiciaires d’une autre affaire devraient permettre de se faire rapidement une idée de la capacité et de la volonté de l’Inde de s’attaquer vraiment à la corruption. Il s’agit du cas de l’immense scandale des telecoms et des accusations portées entres autres contre l’ancien ministre des Telecoms, Raja.

 

Ce dernier est en détention provisoire et la commission spéciale d’enquête a remis son dossier à la cour suprême à New Delhi. Le dossier confirme que des délits ont été commis.

 

Un ministre en détention provisoire, c’est déjà un gros progrès pour l’Inde.

 

A_raja_telecom_minister.jpgMais cet homme sera-t-il véritablement jugé et condamné, lui et les autres hauts fonctionnaires impliqués dans ce grand scandale des télécoms ?

 

Il faut rappeler qu’en Inde, un très grand nombre d’hommes politiques sont corrompus et qu’ils échappent pratiquement toujours à la justice. Depuis quelques mois on sent bien que la société civile commence à peine à bouger sur ce sujet. Mais cela sera-t-il suffisant pour avancer ?

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Actualité et société - Communauté : Vos voyages aux 4 coins du monde
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Lundi 11 avril 2011 1 11 /04 /Avr /2011 06:28

Face à la puissance chinoise, les stratèges indiens comprennent qu’un armement conventionnel ne sera jamais suffisant et il ne permettra pas à l’Inde d’arriver à une parité capable de dissuader l’adversaire. L’option nucléaire, option encore taboue, s’impose donc, car elle seule créera un équilibre de la terreur, indépendant du nombre de divisions, de chars ou de combattants.


Dans un des ses discours Nehru lui-même a fait allusion à « la bombe » : « Nous devons développer l’énergie atomique, sans idée de guerre. Je pense vraiment que nous devons la développer à des fins pacifiques. Bien sûr, si en tant que Nation nous sommes contraints de l’utiliser à d’autres fins, alors aucun argument sentimental ne nous retiendra de l’utiliser à cette fin ».

Ce n’est qu’une allusion mais elle est claire.

 

Cependant, Nehru, n’a pas encore franchi, au moins officiellement, le pas. Même si des voix s’élèvent pour demander un programme nucléaire militaire, Nehru réaffirme son opposition en affirmant que « le coût et les efforts pour faire une arme nucléaire, ainsi que l’hypocrisie consistant à demander aux autres pays de les abandonner, ne justifient pas le maigre bénéfice psychologique que représenterait l’accès au rang de puissance nucléaire ».

 

Le 15 septembre 1962, le Atomic Energy Act est modifié par le parlement et ses compétences sont élargies.

 

Les Canadiens livrent à l'Inde en 1963 un réacteur de recherche à eau lourde CANDU de 40 MW thermiques, capable de produire 5 kilos de plutonium par an.  La même année l'Inde signe un contrat avec General Electric pour la construction de deux réacteurs à eau ordinaire de 210 MWe à Tarapur. Un contrat de trente ans est signé avec les Etats-Unis pour la fourniture du combustible pour la centrale.

 

Nehru meurt en 1964 et c’est Shastri qui devient premier ministre. Celui-ci essuie des débats houleux au parlement sur la question nucléaire mais conclut que pour des raisons tant morales qu’économiques, l’Inde ne s’engagera pas vers le nucléaire militaire.

 

Bhabha dut entreprendre un grand travail de persuasion pour convaincre le premier ministre de continuer à préparer le nucléaire militaire. Ils se mirent d’accord sur un programme appelé PNE (Peaceful nuclear explosives…

 

En 1964, la Chine procède à des essais nucléaires; Homi Bhabha affirme que l'Inde peut fabriquer une bombe atomique en dix-huit mois.

 

En 1965 c’est la deuxième guerre indo-pakistanaise. La même année un réacteur de recherche de 5 MWt donné par les Etats-Unis est construit à Pinstech au Nilore, au Pakistan. La capacité est augmentée jusqu'à 8­10 MWt avec l'aide de la France.

 

Le Premier ministre pakistanais, Ali Bhutto, déclare que si l'Inde développe des armes nucléaires, le Pakistan va « manger de l'herbe ou des feuilles, voire même jeûner » afin de développer à son tour un programme nucléaire.

 

Le 24 janvier 1966, Homi Bhabha est à bord du Boeing d’Air India qui le mène à New York pour une conférence internationale. Mais le destin de ce grand scientifique indien est emporté dans le crash de cet avion au-dessus des Alpes.

 

Toujours en 1966 le premier ministre Shastri meurt d’une crise cardiaque et Indira Gandhi arrive au pouvoir. Elle choisit le Dr Vikram Sarabhai pour remplacer Bhabha à la tête du programme nucléaire. Sarabhai a une aversion pour la bombe atomique et fait arrêter le programme PNE.

 

Lors d’une conférence internationale sur la non prolifération, l’Inde demande à nouveau que les puissances nucléaires renoncent à leurs armes mais en même temps l’Inde refuse qu’on la dépossède de ses droits de se lancer dans le nucléaire civil ou militaire. En avril 1968, Indira Gandhi explique qu’elle votera contre le traité de non-prolifération ; elle ajoute que l’Inde ne trouvera pas la sécurité en se lançant dans un programme nucléaire militaire.

 

Mais, malgré les ordres donnés par le président de la Commission de l’Energie Atomique, le Dr Sarabhai, un petit groupe de physiciens menés par le Dr Ramanna décide de poursuivre les travaux sur le nucléaire militaire et ils associent à ces travaux des militaires. Finalement le Dr Sarabhai se rend compte de ce qui se passe dans son dos mais laisse faire.

  prime-minister-indira-gandhi.jpg

En 1969, India Gandhi s’est imposée sur la scène politique et le Dr Sarabhai, parallèlement à ses activités à la Commission d el’Energie Atomique, a développé le programme de missiles indiens. Mais il décèdera en 1971 d’une crise cardiaque.

 

Pendant ce temps l’équipe de scientifiques autour du D Ramanna poursuit ses travaux. Il reste à mettre au point le détonateur du plutonium et surtout il faut attendre le feu vert du premier ministre. En 1971, Indira Gandhi ne cache plus son intention d’aller plus loin ce qui inquiète les canadiens et les américains.

 

1971: Guerre pakistano-bangladeshi-indienne. La répression menée par l'ouest du Pakistan aboutit à une crise dans la région, notamment à un mouvement sécessionniste dans l'est du Pakistan, qui va devenir plus tard le Bangladesh. L'Inde intervient aux côtés du Bangladesh. Les Etats-Unis envoient un porte-avions nucléaire, l'Enterprise, dans la baie du Bengale.

 

En 1972, Indira Gandhi autorise le Chairman de l’Atomic Energy Commission à aller de l’avant avec la bombe atomique. Début 1973, le Dr Ramanna et le Chairman de l’AEC rencontrent Indira Gandhi. Certains conseillers d’Indira Gandhi sont contre la bombe et contre l’essai nucléaire. Indira Gandhi laisse parler les scientifiques, ne pose pas de question et aurait simplement dit : « let’s have it » (Faisons-le !)

 

Le 2 mai 1974, à 8H05, la première explosion nucléaire indienne a lieuPokhran_Map.jpg. Cela se passe à Pokharan dans le désert du Thar. La bombe a une puissance comprise entre 8 et 12 kilotonnes soit une puissance un peu moins élevée que celle de la bombe lancée sur Hiroshima. Quelques minutes après l’explosion, les scientifiques envoient le télégramme au premier ministre "The Buddha is Smiling".

 

L’Inde devient le 6ème  pays à tester avec succès l’arme atomique.

 

Les réactions seront vives dans le monde et l’Inde lance une offensive diplomatique en continuant d’appeler ce test une "Peaceful Nuclear Explosion".

 

essai inde

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Histoire - Communauté : Histoire
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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 04:31

Les premiers résultats du recensement en cours montrent que le déséquilibre entre le nombre de filles et de garçons (à la naissance) continue à augmenter.

 

Le rapport est passé de 927 filles pour 1000 garçons en 2001 à 914 filles pour 1000 garçons aujourd’hui.

 

Le problème du « sex ratio » indien est donc en train de devenir crucial. Si l’on raisonne en termes d’hommes en âge de se marier en Inde, il manque aujourd‘hui environ de 40 à 60 millions de femmes !

 

Les raisons dIndianChild-Girl-Child.jpgu problème sont connues ; une fille coût de l’argent (il faudra payer la dot) et un proverbe indien dit crûment : élever une fille c’est comme arroser le jardin de son voisin. De plus, les cérémonies funéraires hindoues sont conduites par le fils et non par la fille du défunt.

 

Bref, un garçon s’est mieux et la pression sociale est forte.

 

Les mesures prises sont elles aussi connues ; l’avortement demandé pour convenance parce que c’est une fille est interdit. Les échographies pour connaître le sexe du bébé avant la naissance sont interdites, ou plutôt les médecins n’ont pas le droit de révéler le sexe de l’enfant à naître. Difficilement contrôlable bien sûr.

 

Plusieurs campagnes d'information et de sensibilisation ont eu lieu en Inde ces dernières années, mais les derniers chiffres montrent que cela n'a eu aucun effet.

 



Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Actualité et société - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 06:23

L’Inde deviendra en mai 1974, le 6ème pays à procéder avec succès à un essai nucléaire. On peut se demander pourquoi, et dans quel contexte, l’Inde, pays du pacifisme de Gandhi et porte-parole, par la voix de Nehru, du non-alignement, a fait le choix du nucléaire militaire. Retour sur ce cheminement.

 

HomiJBhabha1-261x300Les indiens ont commencé à penser à un programme nucléaire dés 1944, soit trois ans avant l’indépendance !



Le futur père du programme atomique est Homi Bhabha, un physicien de renommée mondiale. Ce dernier, parsi, réussira à convaincre Tata, la célèbre famille d’industriels parsis, de créer le Tata Institute of Fundamental Research, ce qui sera fait le 19 décembre 1945, quatre mois après Hiroshima.



Mais Bhabha pense d’abord à l’énergie nucléaire civile et il sera élu président de la première conférence sur l’utilisation à des fins pacifiques de l’énergie nucléaire, organisée par l’Onu à Genève en 1955. Bhabha sera véritablement le père du programme atomique jusqu’en 1966, date de son décès dans une catastrophe aérienne en 1966 au dessus des Alpes.

 

En juin 1946, Nehru n’est pas encore premier ministre, l’indépendance n’intervenant qu’en 1947. Mais il ne fait pas mystère de ses intentions. A propos de l’énergie atomique il déclare à Bombay : "As long as the world is constituted as it is, every country will have to devise and use the latest scientific devices for its protection. I have no doubt India will develop her scientific researches and I hope Indian scientists will use the atomic force for constructive purposes. But if India is threatened, she will inevitable try to defend herself by all means at her disposal."

 

Jawaharlal Nehru 300Cependant, Nehru et Bhabha, qui sont liés par des relations très amicales, ne sont pas partisans du nucléaire militaire tout en ayant des visions différentes. Nehru sait bien que le nucléaire militaire est encore un tabou dans l’Inde de Gandhi et penche pour le pacifisme et le non-alignement. Bhabha veut faire de la technologie nucléaire un instrument du progrès économique, industriel et technologique.

 

Mais, dés 1946, Nehru soutient le projet de Bhabha tout en exprimant publiquement son opposition à l’arme nucléaire militaire qu’il juge appartenir au monde colonial. Nehru et Bhabha ont tout deux en tête la volonté d’affirmer et d’afficher la puissance indienne.

 

En 1947, l’Inde se présente, par la voix de Nehru, comme un État pacifique, affirmant que tout conflit peut trouver une solution diplomatique, et fondamentalement opposé à la nucléarisation du monde. Au sein de la toute nouvelle Assemblée des Nations Unies, elle demande non seulement la fin des essais nucléaires mais la dénucléarisation totale, c'est-à-dire la destruction des stocks de bombes existants et détenus alors seulement par les deux grandes puissances de l’époque : les USA et l’URSS.

 

Le premier pas officiel en direction du nucléaire civil est le Atomic Energy Act d’avril 1948 qui crée la Commission de l’énergie atomique.

 

Athée, Nehru avait adhéré en Grande-Bretagne au Fabianisme, mouvement socialiste très à gauche. Développer l’Inde, en faire une nation technologiquement avancée, c’était, dès 1950, préconiser le recours au nucléaire civil, surtout pour un pays ne disposant d’aucune ressource en matière d’énergies fossiles. Jusque là, il n’y a pas de problème moral. Bhabha avait convaincu Nehru que l’Inde pouvait, en une génération, « passer de l’énergie de la bouse de vache à l’énergie atomique ».

 

Nehru reste opposé à l’arme nucléaire et il fut le premier homme d’Etat, le 2 avril 1954, à demander un accord sur l’arrêt des essais nucléaires. Toutefois, ceci n’eut aucun effet.

Bhabha, qui mourut en 1966, fut à l’origine de tous les programmes nucléaires indiens. Un an à peine après l’indépendance, fut créée la Commission à l’Energie Atomique dont il prit naturellement la tête. Jusque-là il n’y a aucun problème moral sauf pour ceux qui sont contre le développement de tout nucléaire, fût-il civil. Nehru commanda même une étude sur les effets de la bombe sur les populations affectées par les explosions d’Hiroshima et de Nagasaki. Publiée en 1958 sous le titre « Nuclear Explosions » cette étude marqua profondément et durablement les esprits dans le monde entier. Bhabha lui-même a contribué à cette étude. L’Inde, on le sait, voulait offrir au monde une alternative à la politique des blocs en proposant une politique non alignée et résolument pacifique en accord avec les principes énoncés par Gandhi et mis en œuvre lors de la lutte pour l’indépendance.

 

On raconte que mi-1958, Nehru posa cette question à Bhabha : « pouvez-vous développer une bombe atomique ? ». Bhabha aurait répondu qu’il pouvait le faire en un an ou un peu plus, ce à quoi Nehru lui aurait répondu : « N’en faites rien tant que je ne vous en ai pas donné l’ordre ».

 

Toujours et-il qu’une usine de traitement de plutonium fur lancée en 1958 mais elle ne sera pas opérationnelle avant 1964.

 

En 1960 le réacteur de recherche CIRUS (Canadian-Indian Reactor-United States -- Réacteur Indien-Canadien-Etats-Unis), de 40 MWt, est mis en activité en Inde. Il était appelé ainsi parce qu'il avait été acheté à Atomic Energy of Canada, Ltd (AECL) et que l'eau lourde était fournie par les Etats-Unis.

 

En 1961 les Etats-Unis comprennent que la Chine développe son programme de bombe atomique et envisagent de proposer leur aide pour développer le programme nucléaire indien afin de contre balancer le pouvoir chinois. Mais finalement ils ne feront pas cette propositon, craignant que celle-ci ne soit refusée par Nehru.

  china-india-threat.jpg

L’année 1962 va marquer un tournant dans le devenir du programme nucléaire indien.

 

C’est l’attaque chinoise de 1962 et la déroute militaire indienne qui s’en suivit qui agirent comme un catalyseur. Nehru, de notre point de vue, s’est fait beaucoup d’illusions sur ses « amis » chinois et ce dans le cadre de la politique de non-alignement qu’il avait en tête. Il prend alors conscience que la devise latine « si vis pacem para bellum » reste toujours d’actualité. Il faut donc, pour assurer la sécurité nationale, que l’Inde se dote, comme les autres nations, d’une armée crédible.

 

C’est ce qu’elle va faire et c’est là le premier renoncement aux idéaux de 1947. (Et c’était sans doute là l’objectif chinois : obliger l’Inde à consacrer une part importante de son budget à des dépenses militaires, freinant ainsi son développement. La défaite militaire la discréditant en outre auprès des nouvelles nations ou auprès des groupes combattants pour obtenir l’indépendance, et donc discréditant l’Inde au sein du tout nouveau Mouvement des Nations non alignées dont elle aurait voulu être le leader).

 

A SUIVRE

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Histoire - Communauté : Histoire
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Vendredi 8 avril 2011 5 08 /04 /Avr /2011 10:18

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Voici le cachet d'une lettre qui nous a été envoyée depuis Paris ; la lettre a été postée à Paris le 25 janvier dernier et est arrivée... aujourd'hui à Bombay !

 

Cela, hélas, se produit fréquemment ce qui nous amène parfois à avoir des problèmes avec les lettres administratives ou à nous plonger dans le plus grand embarras lorsqu'il s'agit de factures à régler comme c'était le cas pour cette lettre !

 

Il ya des jours où on devient timbrés !

 

Qu'est-ce que cela aurait été si l'expéditeur avait utilisé ces timbres ?

 

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Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Vie quotidienne - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 10:49

Il se passe quelque chose d'assez étonnant en ce moment en Inde sur le terrain de la corruption. Nous sommes peut-être en train d'assister à la naissance d'une vraie révolte populaire contre la corruption.

 

Les journaux et les TV en parlent beaucoup ces jours-ci.

 

_52006377_04fc9.jpgDepuis le 5 avril, l'activiste social Anna Hazare, 71 ans, une personnalité très respectée, a entamé le 5 avril une grève de la faim pour obliger le gouvernement à modifier le projet de loi sur l'ombudsman, une fonction à créer, qui serait le rempart, l'arme ?, contre la corruption, notamment pour entamer des poursuites contre les membres du gouvernement, du parlement et les politiciens.

 

Mais qui est Anna Hazare ?

 

Il se qualifie lui-même de fakir, c’est à dire d’un homme qui n’a ni famille, ni biens ni argent. Tout le monde, y compris ses détracteurs, reconnaissent qu’il a cette étonnante capacité de mobiliser les foules.

 

Aujourd’hui il vit seul dans un minuscule appartement de 10m2 à 110 km de Pune.

 

Anna le dit clairement : « nous avons besoin de lancer un second mouvement de libération pour en finir avec la corruption, la bureaucratie et le manque de transparence ».

 

Anna est issu d’une famille pauvre et a travaillé plusieurs années dans l’armée comme conducteur de camion ; en réalité il passera son temps à lire les livres de Gandhi et autres philosophes ou maîtres spirituels indiens. Il quitte l’armée en 1975 et s’installe dans le village de Ralegan Siddhi qui est un village envahi par la pauvreté, l’alcool et la délinquance.

 

Et là, il entreprend un incroyable travail social convaincant progressivement les villageois de cesser de boire, de travailler bénévolement pour le village. Il fait ainsi construire des canaux d’irrigation, des bassins de retenue d’eau pour améliorer la productivité agricole. Cet incroyable travail lui vaut des récompenses et distinctions des autorités indiennes et de Transparency International.

 

En ce qui concerne cette fameuse loi pour lutter contre la corruption, le gouvernement a bien proposé un projet mais dans lequel l'ombudsman serait dépourvu de pouvoirs.

 

Anna Hazare a présenté un contre-projet musclé dotant cette fonction de larges prérogatives et pouvoirs.

 

Spontanément, la décision d'entamer une grève de la faim, a BL06_04_ANNA_522024f.jpgprovoqué un fort élan de sympathie et de soutien de la part de milliers d'indiens qui n'hésitent pas à comparer Hazare à Gandhi. Les journaux indiens couvrent largement cet événement. Assurément, Anna Hazare rappelle Gandhi, le grand absent de la pensée politique indienne actuelle. Et cela inquiète toute la classe politique.

 

J'ai interrogé mes collègues pour savoir ce qu'il fallait en penser et si c'était sérieux. C'est très sérieux m'ont-ils dit et le premier ministre ne sait pas quoi faire.

 

Les responsables de plusieurs partis politiques, les premiers concernés car les premiers visés, ont tenté de désamorcer la bombe et ont voulu rencontrer Hazare. Mais sans résultat.

 

Les politiciens semblent redouter que ce mouvement se propage. On espère qu'ils ont raison ! 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Actualité et société - Communauté : Voyages
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Mercredi 6 avril 2011 3 06 /04 /Avr /2011 18:03

Nous signalons à nos lecteurs parisiens cette exposition sur Lucknow qui vient de s'ouvrir au Musée Guimet.

Du 6 avril au 11 juillet


Exposition conçue et organisée par le Los Angeles County Museum of Art (LACMA), présentée au musée des arts asiatiques Guimet.

 

L’exposition de Paris - dont le commissariat est assuré par Jacques Giès, Président du musée Guimet, et Amina Okada, conservateur en Chef au musée Guimet, en charge des arts de l’Inde - reprend l’exposition conçue par le LACMA et présentée à Los Angeles sous le titre India’s Fabled City : the Art of Courtly Lucknow

 

Première grande rétrospective internationale consacrée à la culture cosmopolite de la cour royale de Lucknow qui trouva son épanouissement aux 18ème et 19ème siècles, cette exposition sera l’occasion unique d’admirer près de 200 œuvres provenant des plus prestigieuses institutions muséales du monde entier : peintures à l’huile de tradition européenne, aquarelles et gravures, miniatures et peintures de cour indiennes, textiles et parures, objets d’art décoratif, pièces d’orfèvrerie, verrerie et bijoux, autant d’objets qui traduisent l’art raffiné et éclectique de cette cité.

 

Lucknow fut la véritable capitale culturelle de l’Inde du nord, éclipsant même Delhi un temps, du milieu du 18ème siècle jusqu’à l’établissement définitif du pouvoir britannique en 1858.
Artistes, poètes et courtisans affluèrent à Lucknow. De nombreux européens, artistes, voyageurs et représentants des pouvoirs politiques se retrouvèrent dans la cité, séduits par sa beauté et son opulence ainsi que par la réputation de générosité des nawabs , maîtres de Lucknow.

 

L’exposition met en lumière ce dynamisme des échanges avec l’Europe, la rencontre des goûts, le style de vie hybride qu’y menaient les résidents tout en replaçant ces échanges dans le cadre plus large de l’histoire coloniale du pays.

 

 

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Racines, emblèmes et portraits de l'Inde - Communauté : Les amoureux de l'Inde
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Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 00:00

Cette mission à laquelle nous avons participé était une mission officielle conduite par l’Ambassadeur de France. Nous avons donc pu rencontrer, collectivement ou individuellement la plupart des ministres du gouvernement.

 

094.JPGNous avons été frappés par plusieurs choses. Tout d’abord, au Bhoutan, tout le monde porte le costume traditionnel, le « Gho ». Il s’agit d’un vaste kimono qui tombe jusqu’aux genoux ; en dessous on porte une chemise blanche sans bouton dont les longues manches sont retournées sur les manches du Gho. Ce costume se porte aussi avec une espèce d’écharpe en bandoulière qui relève d’un code vestimentaire strict. Elle est normalement blanche pour tout le monde, mais on a droit à des franges si l’on est chef de village. Elle est bleue pour les membres du conseil royal, et orange pour les ministres. La couleur du tissu du Gho n’est pas normée mais l’éventail n’est pas large : du beige, du noir, des couleurs pastels avec des rayures, bref peu d’excentricité.

 

 Nous ne résisterons pas à la tentation d’acheter un Goh même si la photo fait penser au fameux dessin des deux Dupont(d) habillés par erreur en grecs… en Syldavie !

 

Ce qui nous a frappés également fut la marque bouddhiste des personnes. La façon de dire bonjour, de serrer les mains, est celle des moines bouddhistes ou autres. Les personnes que nous avons rencontrées furent toutes très attentionnées. Lors des réunions collectives, le spectacle d’une dizaine de hauts fonctionnaires bhoutanais, assis et écoutant religieusement les discussions, leur air pénétré, leur regard apaisé, leurs gestes contrôlés de manière naturelle, les signes et marques d’humilité, bref tout ceci faisait penser à des moines de Solesmes !

 

Les discussions que nous pu avoir avec tous ces ministres et hauts-fonctionnaires ont été étonnantes. Les responsables bhoutanais ont été pour la plupart formés aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne ; cependant ils restent discrets sur leurs études. Ce qui frappe c’est leur humilité et leur simplicité autant que la clarté de leur vision stratégique. Oui, ils sont humbles et lucides sur la petite taille de leur économie. Oui, ils sont conscients qu’il faut développer leur pays mais ils veulent absolument respecter les principes du Bonheur National Brut. Oui, ils sont ouverts aux étrangers et à l’investissement étranger mais à condition de respecter leur culture. La stratégie est toujours clairement exprimée et elle est réaliste. Ils disent les choses simplement, sans langue de bois. Difficile de cacher notre admiration…

 

Nous avons surtout rencontré des hommes ; une exception cependant, la Sous-Gouverneur de la Banque Centrale, une jeune femme (environ 35 ans) diplômée de l’Institut d’Administration Publique de Paris (l’ENA pour les étrangers), fière de nous parler de son séjour d’un an à Paris. Mais cette jeune femme connaît parfaitement les évolutions de la règlementation bancaire dans le monde…

 

Il existe quatre banques dans le pays dont une contrôlée par une banque indienne. La micro finance est peu présente mais la Banque Centrale compte la développer. Le secteur financier est de taille modeste avec une Bourse comptant une vingtaine d’entreprises cotées. Beaucoup de « grandes » entreprises sont contrôlées par l’Etat, mais il existe aussi un secteur privé. 

 avion druk air

Le patron de Druk Air, la compagnie aérienne nationale, nous expliquera de manière simple et exhaustive, la situation de l’entreprise qu’il dirige. Le Bhoutan veut développer ses capacités aéronautiques. Trois aéroports sont prévus. Druk Air dispose de deux A-319 qui ont été payés au comptant. Ils vont acheter un ATR (payé cash) mais cherchent un emprunt pour acquérir un troisième A-319. Ceci en ligne avec le développement du tourisme. Il nous explique aussi que l’actuel aéroport de Paro n’est pas idéal en raison des conditions météo ; en effet l’aéroport est dans une vallée étroite et le vent empêche parfois les avions de se poser.

 

Les pilotes sont bhoutanais et connaissent bien les difficultés d’approche sur l’aéroport ; du reste lorsque des compagnies étrangères veulent se poser sur cet aéroport, souvent, on envoie un pilote bhoutanais qui assiste, dans le cockpit, le pilote étranger. Nous constaterons effectivement qupalais.jpge l’étroitesse de la vallée réduit considérablement les possibilités de manœuvre de l’avion au décollage et à l’atterrissage… De plus, l’aéroport n’est pas équipé de système permettant un atterrissage de nuit et les vols n’ont lieu que pendant les heures de la journée.

 

La ville de Timphu fait un peu penser à une station de sport d’hiver en fin de saison. Nous sommes à 2248 m d’altitude mais la rivière Timphu prend sa source dans l’Himalaya à 7 000 m. Les constructions sont sobres, hormis les palais dont beaucoup ont été reconstruits ou restaurés. Dans les bâtiments publics que nous irons voir il n’y pas toujours d’ascenseurs ni même de chauffage… Les rues sont propres et nous ne voyons aucun mendiant. On me dit que le salaire moyen est d’environ 400 USD par mois (soit quatre à cinq fois plus que l’Inde). Prés de la moitié des habitants disposent d’un téléphone portable.

 bouthan-campagne.jpg

L’agriculture représente 45% de l’activité économique ; on voit un peu partout ces cultures en terrasses. Le reste est constitué de la vente de l’énergie électrique et des revenus du tourisme. La monnaie s’appelle le Ngultrum et cette monnaie est arrimée à la roupie indienne.

 

Le sport national est le tir à l’arc, mais le Bhoutan n’a pas encore remporté de médailles olympiques.

 

Voilà le Bhoutan, ce petit royaume qui surprendra le monde… De fait, dans le concert des nations la voix silencieuse de ce pays est étrangement mélodieuse.

Par Olivia et Geoffroy - Publié dans : Voyage Tourisme - Communauté : Vos voyages aux 4 coins du monde
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