Mardi 2 août 2011
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Hier j’ai assisté au deuxième « sommet » de Give India.
« Give India » est un groupement créé l’an dernier qui rassemble d’un coté des ONG et de l’autre des
philanthropes.
On imagine mal les efforts considérables faits en Inde, à travers les grandes entreprises et les
ONG, en faveur des plus défavorisés. Les besoins sont immenses, notamment dans le domaine éducatif. L’Inde part d’assez bas et doit gérer une population de 1.2 milliards d’habitants dont 70%
habitent les zones rurales.
Ma première réaction est réservée car beaucoup de chaises vides dans la salle ; manifestement
l'événement n'attire pas autant de monde que prévu. En revanche les interventions étaient vraiment intéressantes.
Intervention assez remarquable du Chairman de Vipro l’un des géants de l’informatique et du BPO.
Message très humble et très pragmatique. Lui et d’autres évoquent à mots à peine couverts l’incurie du gouvernement mais il faut « vive avec » et au contraire il faut s’arranger pour que les
politiques puissent tirer parti de ces actions.
Comme ailleurs, il arrive qu’un certain nombre d’ONG n’atteignent pas leurs objectifs. Un
intervenant fait remarquer que contrairement aux entreprises, ici dans le monde des ONG, on ne sait pas toujours ce qui se passe.
L’ONG Teach for India a monté un réseau incroyable fondé sur le principe suivant : on ne retient
bien que ce que l’on enseigne soi-même. Aussi des jeunes sont-ils formés pour enseigner à des moins jeunes. Et çà marche.
Le fameux Rakesh Jhunjhunwala est également présent. C’est le « Warren Buffett » indien, un des
indiens les plus riches, parti de rien, et dont la fortune provient uniquement de ses investissements boursiers ; ce n’est pas la première fois que nous le rencontrons. Il promet qu’il donnera
25% de sa fortune à des ONG.
Ce monde fourmille d’initiatives. Je suis surpris par la qualité des interventions et par cette
humilité pragmatique. Beaucoup s’interrogent sur les paramètres de mesure de l’efficacité (l’impact) de ces actions. Mais on fait aussi remarquer que les besoins sociaux (social needs) sont
complexes et ont une profondeur qui ne permet pas toujours la mesure objective.
Voilà un visage peu connu de l’Inde mais ô combien remarquable.
Par Olivia et Geoffroy
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Dimanche 31 juillet 2011
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Diner hier chez une amie indienne, avocate.
Elle habite au 6° étage d'un immeuble, pas loin de Marine Drive. Sa famille a acheté tout un étage
il y a une vingtaine d'années et l'étage a été récemment aménagé pour permettre à son frère et ses soeurs d'avoir chacun leur coin.
Elle nous raconte que lorsque ses parents ont acheté cet étage, une petite partie
de celui-ci était occupé par un monsieur qui louait ce logement et une
partie de la terrasse. La famille lui propose de l'argent pour qu'il parte ; il refuse et veut rester. Mais il ne veut pas payer non plus son loyer, pourtant modeste (400 roupies !). S'ouvre
alors une procédure en justice. Notre amie explique qu'elle s'est beaucoup investie dans ce dossier (elle est avocate) et que cela a trainé en longueur.
Vingt ans plus tard la Haute Cour de Bombay a rendu son verdict et le locataire est finalement
parti mais sans rien avoir à payer. Cela ne nous surprend pas car plusieurs personnes nous avaient dit que le délai moyen de règlement des litiges immobiliers par la Haute Cour de Bombay
était de vingt ans.
La Haute Cour compte 66 juges. Pour une ville de 20 millions d'habitants.
Par Olivia et Geoffroy
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Mercredi 13 juillet 2011
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Trois attentats simultanés à la bombe viennent de se produire ce soir à Bombay, un dans le
centre et deux dans le sud de la ville. Les première sestimations font état de 3 morts et de 100 à 200 blessés.
Au moins un des trois attentats a eu lieu avec un taxi bourré d'explosifs; les tris attentats se
sont déroulés dans des lieux très fréquentés.
Le ministère de l'intérieur a confirmé qu'il s'agissait d'attentats terroristes et certains organes
de presse font remarquer que ces attentats se produisent le jour de l'anniversaire du seul rescapé des attentats de 2008, Kasab, actuellement emprisonné et condamné à mort.
Nous n'en savons pas beaucoup plus.
Par Olivia et Geoffroy
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Vendredi 24 juin 2011
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Je rejoins Olivia qui est à Paris et nous reviendrons dans une dizaine de jours. On met donc
Indiablognote en vacances pendant ces quelques jours.
Une histoire fait actuellement le tour du
net indien ; on sait que le premier ministre Manmohan Singh n'est pas un grand bavard et la morosité ambiante, tant politique qu'économique, incite le premier ministre au silence... L'histoire
raconte donc le rendez-vous qu'a Manmohan Singh chez son dentiste. Et ce dernier lui dit au bout de quelques minutes : "Mais au moins ici, monsieur le premier ministre, vous devez ouvrir la
bouche".
Beaucoup de rumeurs sur un possible remaniement ministériel en Inde. Jusqu'à présent le gouvernement
pouvait se prévaloir du dynamisme économique, mais celui-ci s'essouffle, même si la croissance reste forte. L'inflation ne diminue pas. Mais le gouvernement a de plus en plus de mal à
imposer son dynamisme politique, le parti du Congrès ayant beaucoup perdu de son aura dans les nombreuses affaires de corruption. Les avatars de la récente turbulence autour de la fameuse Lokpal
Bill n'ont profité à personne, faisant prendre conscience à l'opinion publique que la lutte contre la corruption en restait aux belles paroles.
Et pour succéder à Manmohan Singh, on s'aperçoit qu'il y a très peu de candidats. Les deux ministres
forts du gouvernement, Pranab Mukherjee et Chidambaram, sont des candidats naturels et reconnus. Mais ce sont les seuls ministres ayant ce profil.
On avance aussi le nom de Rahul Gandhi, le fils de Sonia Gandhi. Cette hypothèse montre que nous
sommes toujours dans la lignée de la dynastie Nehru-Gandhi. Mais Rahul Gandhi n'a jamais occupé de fonctions ministérielles et il n'est que que secrétaire du Parti du Congrès. Et beaucoup disent
que son charisme ne compense pas son manque de compétences.
Quoiqu'il en soit, un remaniement ministériel ne serait pas une surprise. Le parti du Congrès ne
peut reprendre le dessus que sur le terrain politique. Et les élites étant dans d'autres secteurs que le monde politique, les options sont limitées.
Par Olivia et Geoffroy
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Lundi 20 juin 2011
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/2011 14:35
Dans notre dernier article sur le sujet de la Lokpal Bill nous disions que la lutte contre la corruption était en
panne.
Les dernières semaines ont confirmé cette analyse. Pire, il existe maintenant un consensus pour dire que des représentants de la société civile non
élus par personne ne peuvent être reconnues. En ce sens, force est de reconaître que l'irruption hautement médiatisée de Baba Ramdev dans le débat, avec de discours complètement décalés dans la
forme et dans le fond, a contribué à l'enterrement des propositions de Anna Hazare.
On peut dire que si quelqu'un comme Anna Hazare avait la possibilité réelle d'infléchir le débat il ya un mois, tout cela a été perdu.
Cependant le thème de la corruption reste présent dans les débats des élites et il est de plus en plus présent dans la bouche des élites écoomiques.
Et cela pour une raison simple, toute capitaliste : la corruption décourage les ivestissements étrangers et coûtent plusieurs points de croissance.
Cette semaine, l'éminent Narayana Murthy, fondateur et président d'Infosys (qui part en retraite) affirmait : "la corruption nuit à la réputation de
l'Inde". Il ajoutait, alors qu'il est proche du gouvernement, que le gouvernement aurait pu faire beaucoup mieux sur ce sujet.
L'Inde commence à être fatiguée de ces scandales à répétition et la coalition au pouvoir a perdu une grande partie de sa crédibilité politique sur
ce terrain.
Par Olivia et Geoffroy
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Lundi 6 juin 2011
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/2011 16:41
Samedi soir, aprés minuit, les forces de l'ordre ont envahi le stade où se trouvait Baba Ramdev et
ses miliers de fidèles; ils ont emmené de force Baba Ramdev et l'ont fait ramener à l'aube par avion privé dans son ashram, les milliers de fidèles étant dispersés, souvent à coups de
bâtons.
Voilà ce qui fait la une de tous les journaux indiens ce matin. L'Inde est surprise et surtout
choquée de cette réaction quasi militaire et les chroniqueurs rappellent qu el'on n'avait pas vu cela depuis l'état d'urgence de 1975.
Des anciens hauts fonctionnaires indiens me disaient aujourd'hui que Baba Ramdev n'était pas le bon
cheval pour la lutte contre la corruption mais que le gouvernement avait commis une erreur en réagisant de la sorte. Pour eux, Baba Ramdev rêve d'entrer en politique et utilise le levier de la
lutte anti corruption.
Mais l'un d'eux notait que l'un des ministres du gouvernement avait confirmé l'accord du
gouvernement sur une des propositions : la déclaration de l'argent sale comme bien national, ce qui permettrait, si une loi était votée, de confisquer l'argent sale y compris les avoirs non
déclarés détenus àl'étranger. Pour lui ce serait une avancée importante.
Anna Hazare a déclaré que lui-même et les autres représentants de la société civile au groupe qui
négociaien t le statut de la Lokpal Bill, boycotteraient les prochaines réunions.
La lutte contre la corruption est actuellement en panne en Inde.
Par Olivia et Geoffroy
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Samedi 4 juin 2011
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/2011 05:44
Baba Ramdev est un gourou indien, acharné partisan du yoga, qui
fait beaucoup parler de lui en ce moment car il va entamer une grève de la faim pour faire aboutir ses revendications, un mouvement qui s’inscrit dans la lutte que mène l’activiste social Anna
Hazare avec la Lokpal Bill (loi anti corruption). Deux raisons nous amènent à vous parler de ce gourou. La première est qu’il est vraiment très connu en Inde et que des millions d’indiens se
réclament de lui ; son influence est réelle. La seconde raison est que les thèmes qui sont chers à ce gourou sont parfois incompréhensibles pour nous car se nourrissant d’un nationalisme
forcené.
Le moins que l’on puisse dire est que ce personnage est complexe.
L’influence qu’il exerce révèle cependant l’Inde profonde partagée entre des sentiments nobles et les vieilles tentations archaïques du nationalisme, un nationalisme bien ancré dans
l’hindouisme.
Commençons par la vie de Baba
Ramdev.
Né en 1965, on dit qu’il a fortement été
inspiré par les portraits de Ram Prasad Bismil (nationaliste indien pendu par les britanniques en 1927) et de Chandra Bose (un autre nationaliste indien qui fit allégeance aux nazis durant le
deuxième guerre mondiale), portraits qui étaient dans sa chambre.
Baba Ramdev se lance très tôt dans l’étude du
yoga qui est aujourd’hui le centre de son action. Il fonde en 2003 le Divya Yog Mandir Trust qui fait la promotion du yoga et vend des plantes médicinales. C’est dans ce cadre qu’il anime
des émissions de télévision consacrées au yoga. Son action de « popularisation » du yoga fait dire au New York Times qu’il a bâti l’empire du yoga.
Il créée également un centre de soins
gigantesque qui offre des soins gratuits à ceux qui n’ont pas les moyens de se faire soigner ailleurs. Il publie aussi un journal en 11 langues qui a plus d’un million de lecteurs.
Baba Ramdev n’a pas d’ambitions politiques
mais il veut intervenir dans la vie publique et notamment dans la gouvernance politique ; à ce titre, il s’exprime régulièrement. Il a lancé un mouvement appelé le Bharat Swabhiman
(Swabhiman pouvant se traduire par self-respect, le nom du mouvement se traduisant par « l’Inde qui se respecte »). Ce mouvement poursuit cinq objectifs : 100% de participation
aux votes, 100% de pensées nationalistes, 100% de boycott des entreprises étrangères, 100% d’unité nationale et 100% de nation fondée sur le yoga (yoga-oriented nation).
Mais surtout, ce mouvement part en guerre
contre l’arge
nt sale et la
corruption. Dans les camps de yoga qu’il organise partout on parle aussi de nourriture. Il fait la guerre au fast-food et aux soft-drinks (dont bien sûr Coca-Cola) en disant que ces soft-drinks
ne sont bons que comme produits pour nettoyer les toilettes. Il a l’art des formules choc comme : « Ne transférons pas la santé des indiens aux compagnies multinationales ». Il se
bat aussi contre l’utilisation des engrais chimiques et défend l’idée que l’agriculture est le secteur économique le plus important.
Il se bat également pour que les cours
d’éducation sexuelle à l’école soient remplacés par des cours de yoga. Lorsque l’Inde a décriminalisé l’homosexualité en 2009, Baba Ramdev a déclaré que les homosexuels étaient des malades et
qu’il fallait les soigner ; il a ajouté : « Nous sommes des aveugles pour suivre ainsi tout ce qui vient de l’Occident ».
En ce qui concerne la lutte contre la
corruption, il faut reconnaître que Baba Ramdev est l’une des voix les plus actives. C’est à ce titre qu’il soutient Anna Hazare.
En février dernier il a fait connaître ses
propositions pour lutter contre l’argent sale (et la corruption) : retrait de la circulation des billets de Rs. 500 et Rs. 1000, signature de la convention de l’ONU contre la corruption (qui
attend la signature de l’Inde depuis 2006), instauration de la peine de mort pour les corrompus, examen des comptes bancaires des personnes qui ont des cartes de crédit de banques étrangères,
interdiction de travailler avec les paradis fiscaux.
Son objectif est de rapatrier en Inde
l’argent sale des indiens qui se trouvent dans des banques à l’étranger et de bâtir une Inde spirituelle.
D’où sa grève de la faim qui risque d’être suivie par des centaines de
disciples en Inde. Le premier ministre lui a écrit pour lui demander de renoncer à cette action, mais Baba Ramdev n’a pas cédé. Il a déclaré qu’il maintenait toutes ses revendications qui
comprennent, outre celles rappelées plus haut : instauration d’une Lokpal Bill plus sévère (peine de mort) surtout pour les fonctionnaires et les hommes politiques corrompus, remplacer le
système administratif hérité des anglais par un système indien (mais on ne sait pas très bien ce que cela veut dire), réformer le code électoral pour que le premier ministre soit élu au suffrage
universel direct, augmenter les subventions des denrées agricoles de première nécessité, abolition de la loi sur l’acquisition des terres (afin de protéger les fermiers), promouvoir l’hindi au
lieu de l’anglais.
On le voit, la lutte contre la corruption prend, avec Baba Ramdev, une tournure
beaucoup plus nationaliste. Toujours est-il que ces récents événements auront un impact considérable dans l’opinion et que ce nouveau courant d’influence, parce qu’il échappe assez largement à la
sphère des partis politiques, inspire une grande inquiétude au gouvernement et à la classe politique.
Mais que se cache-t-il derrière tout cela ?
Baba Ramdev compte environ 2 millions de disciples ce qui est peu à
l’é
chelle du pays. Sauf que ces disciples sont, pour
beaucoup d’entre eux, des membres du RSS ce mouvement qui est lié au parti politique BJB qui incarne la droite nationaliste hindoue. Et si le gouvernement a peur (sinon il n’aurait pas envoyé 4
ministres l’accueillir à l’aéroport de Delhi il y a deux jours) c’est parce qu’il sait que les disciples de Ramdev sont organisés et savent mener des actions visibles et médiatiques. Et hier
vendredi, les deux poids lourds du gouvernement, les ministres des finances et de l’intérieur, ont annulé leurs rendez-vous pour tenter une dernière médiation pendant deux heures.
Beaucoup d’indiens considèrent aussi que Baba Ramdev n’est pas forcément
quelqu’un de 100% recommandable ; des soupçons pèsent sur l’origine des sommes reçues par ses fondations.
De fait on sent bien que le monde des gourous est décidemment bien
opaque.
Quoiqu’il en soit, l’Inde est sensible à la corde qui fait vibrer ses
racines et l’action de Baba Ramdev montre que le courant nationaliste hindou rejoint la lutte contre la corruption.
Sur ce sujet de la Lokpal Bill, le paysage risque d’être fort animé pendant les
jours et semaines à venir.
Hemant Morparia nous envoie ce matin ce très bon dessin; enema en anglais veut dire lavement
(lavement d'estomac).
Par Olivia et Geoffroy
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Jeudi 2 juin 2011
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Le feuilleton de la Lokpal Bill continue mais cette
fois-ci avec un acteur supplémentaire; en effet le célèbre gourou Baba Ramdev s’est joint au mouvement et va entamer une grève de la faim.
Anna Hazare a rappelé que le gouvernement avait beaucoup déçu lors de la dernière réunion du comité
ad hoc et se trouve maintenant très appuyé par Baba Ramdev qui a demandé que l’on en termine avec l’argent sale et la corruption, et Baba Ramdev est un gourou très écouté dans le pays (nous
écrirons prochainement un article sur ce gourou qui occupe un espace particulier dans la sphère collective indienne).
Hier Baba Ramdev s’est rendu à Delhi et le gouvernement a envoyé pas moins de quatre ministres pour
l’accueillir à l’aéroport ; les ministres ont alors tenté, deux heures durant, de le dissuader d’entreprendre cette grève de la faim. La réaction du gouvernement a cependant été critiquée par
certains membres du Parti du Congrès qui ont dit ne pas avoir peur du gourou.
Les deus sages en ont assez des belles paroles et veulent des actes. La grève de la faim programmée
de Baba Ramdev provoquera certainement beaucoup de réactions dans l’opinion publique.
On le voit, dans cette grande démocratie, la voix du peuple a du mal à se faire entendre.
Le dessin ci-contre est signé Morparia. La bulle évoque la Lokpal Bill qui devient ici Lok Pall,
Pallbearers en anglais voulant dire croque-mort.
Par Olivia et Geoffroy
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Lundi 30 mai 2011
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Nous avons déjà abordé le sujet de la Lokpal Bill, cette fameuse loi
devant instituer une Commission spécialisée ayant des pouvoirs d'investigation les plus parges contre les fonctionnaires ou politiciens soupçonnés ou impliqués dans des actes de
corruption.
Il y a deux mois, un activiste social, Anna Hazare (photo), avait entamé une grève de la faim afin
d'obtenir l'engagement du gouvernement de mettre en place ce dispositif en concertation avec des représentants de la société civile. Cette grève de la faim avait eu un écho important dans le pays
obligeant le premier ministre à accéder à cette demande.
Depuis les représentants du gouvernement et ceux de la société civile se sont rencontrés à plusieurs
reprises ; mais, lors de la réunion d'aujourd'hui, ils se sont quittés en faisant le constat d'une impasse. Le gouvernement ne voudrait inclure dans le champ d'investigation de cet organisme
qu'un nombre limité de fonctionnaires et pas le premier ministre ni les parlementaires soupçonnés de corruption pendant leur mandat.
Il semble que le gouvernement fait marche arrière. C'est tout à fait regrettable. Autant nous
pouvons compendre que le prermier ministre soit exclu du champ d'investigation de cet organisme (à l'instar de ce qui existe en France pour le président, car ici le premier ministre est
comparable à notre président en termes de pouvoirs), mais il est inconcevable de ne pas inclure tous les fonctionnaires et les députés. une majorité d'entre eux, en Inde, étant
corrompus.
Dans l'immédiat les parties doivent se revoir les 6 et 10 juin.
Si nous suivons cette affaire avec beaucoup d'intérêt c'est tout simplement parce que l'on assiste à
la naissance d'un véritable mouvement anti-corruption (ce qui est nouveau) et que cette Lokpal Bill est une occasion inespérée d'ériger un contre-pouvoir anti-corruption dans un pays qui en a
grandement besoin.
Cela risque cependant de se transformer en occasion manquée.
Par Olivia et Geoffroy
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Dimanche 29 mai 2011
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/2011 10:28
Big B, c'est Amithab Bachchan la star indienne la plus célèbre ! Comédien et acteur, il est l'indien
le plus connu du show-business.
Mais en Inde, les stars s'affichent partout et notamment dans la pub ! Il n'y a pas
d'équivalent en France mais c'est comme si on voyait, au cours du même mois, Gérard Depardieu faire de la pub pour la Vache qui rit, le dernier produit financier de la Poste, le dernier
yaourt Danone, la laque pour homme de chez l'Oréal, les ciments Lafarge et les pneus Michelin !
Finalement, le non mélange des genres a du bon !
Mais plus sérieusement si Monsieur Big B faisait des pubs pour diminuer le nombre d'avortement
d'embryons filles, pour responsabiliser les conducteurs indiens ou pour dénoncer la corruption, cela serait plus utile à la collectivité !
On vous laisse regarder ce quel'on voit tous les jours, avec le fameux big B...
Par Olivia et Geoffroy
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